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 ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}
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Sujet: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Mer 10 Aoû 2016 - 12:25





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Le camping, c'était pas trop mon truc. J'avais une peau qui donnait envie aux moustiques, une phobie certaine pour tout un tas de types d'animaux sauvages, et le simple bruit d'une branche qui craquait la nuit me donnait des sueurs froides. Il paraissait donc complètement insensé de partir de chez moi, un sac de camping trois fois plus gros et plus lourd que moi, une tente à l'intérieur et tout un tas d'artefacts pour combattre activement tout insecte qui s'approcherait de moi d'un centimètre de trop. Concrètement, je refaisais plus un mauvais remake de "Ghostbusters" si tant et que mon expédition ferait de moi une "Insectbuster" ou peu importe.
Mais, au delà de mes réticences à ne faire qu'un avec une grosse partie de la nature qui me donnait des frissons de terreur, j'avais accepté de partir en camping pour une raison. J'avais envie de passer du temps avec ma cousine. Et si ça n'avait pas été Keo qui m'avait proposé, jamais je n'aurais accepté de mettre les pieds dans un camping tant que je n'avais pas un bungalow fermé à tous les dangers d'une forêt. Je l'avais laissée choisir le type d'endroit où nous allions et j'avais tenu à arrêter mon choix sur l'endroit qui me semblerait le plus approprié à mes caprices. Elle avait accepté, ce qui m'avait complètement ravie. Pour le coup, sa patience avait été considérable, et je lui en étais d'autant plus reconnaissante.
Nous nous étions alors retrouvées pour aller jusqu'au camping que nous avions choisi, près du bassin d'Atchafalaya, qui était surplombé d'une immense forêt. C'était la première fois que j'allais là bas. A vrai dire, pour le peu que j'y avais vécu, je connaissais toutefois bien mieux la Californie que la Louisiane. Doux paradoxe. Il suffisait de voir la taille de mon sac pour comprendre que tout ce que je saisissais sur la Louisiane, c'était qu'il y avait plus de crocodiles que de dauphins aux alentours. Nous arrivions plus rapidement à destination que je l'imaginais et soudain, le sourire que j'avais eu à l'idée d'être arrivée s'éclipsa. « On... On est arrivées? » demandai-je en regardant ce qui nous entourait, me demandant alors si mes choix avaient bien été ceux que j'imaginais. Je me tournais vers ma cousine, perdue. Finalement, peut-être que j'étais encore plus citadine que ce que je voulais bien l'admettre.

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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Mar 16 Aoû 2016 - 21:49

Ah, le camping ! Etant une jeune fille de la campagne, on pourrait effectivement croire que Keo en avait l’habitude. Mais c’était faux. De la campagne, okay, mais il ne fallait pas oublier, d’abord et avant tout qu’elle était surtout une insulaire et que font les insulaires quand vient l’été ? Eh bien ils restent sur leur île. Aussi étrange que ça puisse paraître, la rouquine et ses parents n’étaient jamais partis en vacances et son père avait toujours une excellente raison pour ça : il devait travailler. Un pêcheur, s’il est doué, peut travailler presque toute l’année. Quant à sa mère, elle ne cessait de lui répéter que ce serait bien stupide de vouloir allait se terrer dans les bois ou encore à côté d’un lac alors qu’ils avaient la chance d’être sur une île et que des centaines d’estivants les enviaient pour ça. Ce n’était pas Keo n’était pas d’accord, mais elle les voyait plus envier les insulaires des Bahamas ou d’une île au beau milieu des Caraïbes plutôt qu’une île paumée de la Nouvelle-Angleterre où il fait beau deux mois sur l’année… Enfin bref, puisque leur fille y tenait tant, les James lui avaient commandé une tente igloo, une fois et elle avait eu le droit de la monter dans leur jardin et d’inviter une de ses copines à venir y passer un week-end. Toute son expérience du camping se résumait à ça.

Partant de là, on pourrait se demander pourquoi avoir proposé à sa cousine d’aller camper pour leur première vraie sortie ensemble. Mais justement parce que Keo en avait toujours eu envie et qu’elle était à un moment de sa vie où elle faisait tout ce dont elle avait toujours rêvé tant que ça restait dans ses moyens. Autant dire pas grand-chose en fin de compte mais elle pouvait toujours se permettre de faire du camping. D’après ce qu’elle avait cru comprendre, Alize aussi était une vierge du camping, ça risquait donc d’être totalement fun. En parlant d’Alize, sa cousine avait tenu à choisir l’endroit où elles allaient s’installer et étant donné qu’elle connaissait probablement bien mieux la région qu’elle, fraîchement débarquée quatre mois plus tôt seulement, la rouquine n’avait émis aucune protestation. Leur destination n’était autre que le bassin d’Atchafalaya, une espèce de grande étendue d’eau. Marécageuse, forcément, puisqu’on parlait de la Louisiane. Ça voulait probablement dire pleine de crocodiles, et d’autres bestioles pas très mignonnes, sûrement.

Pour tout dire, Keo avait longuement pesé le pour et le contre de faire du camping sauvage, mais premièrement, elle avait trop souvent regardé la maison de cire pour ne pas avoir la trouille et secondement : crocodiles plus le reste de la faune peuplant les bayous. Sans compter qu’elle pourrait éventuellement faire ça une fois leur première fois passées et qu’on pourrait les qualifier de campeuses aguerries, mais pour la première fois, mieux valait se contenter d’un camping. Le leur portait le doux nom de Frenchman’s Wilderness Campground et ça évoquait plein de belles images à la plus jeune. Frenchman, on devait y parler français, du coup, non ? De là où elle venait c’était bien plus rares mais lui était arrivé de tomber sur des gens causant français et ça lui avait bien plu. Puis si Alize avait choisi cet endroit précisément, c’est qu’elles n’allaient probablement pas arriver au cœur d’un campement de rednecks crasseux en train de siffler des bières en plein cagnard – ah, cliché, quand tu nous tiens ! -, non, la clientèle serait certainement plus huppée que ça !

Toujours est-il qu’elles étaient arrivées. C’est en tout cas ce qu’en déduisit Keo lorsque sa cousine lui posa la question – alors que bon, c’est rarement bon signe quand la question est posée de cette façon. La rouquine, assise sur le siège passager et servant de co-pilote avec un plan déplié sur les genoux releva les yeux pour observer le paysage – des arbres ! Des arbres partout ! Ça la changeait drôlement ! – avant de les reposer une fois de plus sur la carte.

    « Hum oui, on dirait bien. Je crois juste que t’as loupé la sortie qui mène au camping alors on va devoir un peu rebrousser chemin et prendre à droite à l’intersection. »


Cette nouvelle aurait dû provoquer un soupir de soulagement chez sa cousine mais elle avait l’air quelque peu sceptique. Elle suivit néanmoins ses indications et elles finirent par tomber sur un large panneau annonçant le nom de leur camping. Maintenant elles étaient arrivées. Tandis qu’Alize s’engageait dans l’allée menant à leur destination finale, cette fois, Keo repliait le plan avant de se tourner vers la fenêtre. Point de bungalow luxueux en vue, par contre, de l’aluminium en veux-tu en voilà, de quoi vous aveugler pendant au moins dix minutes à cause du temps resplendissant. Et puis des gens assis devant, l’un d’eux leva la main à leur passage en leur adressant un sourire dépourvu de la moindre dent. La rouquine se tourna vers la blondinette avant de se mettre à pouffer de rire. Bon, ben il devait bien y avoir un redneck ou deux un peu partout, ça ne voulait pas dire qu’ils étaient tous comme ça. Et puis si c’était le cas, au moins ils étaient accueillants !
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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Dim 28 Aoû 2016 - 20:21





• like flowers made of iron •



J'étais une fille de la ville. J'aimais la ville, je respirai la ville et je vivais pour la ville. Bon, j'exagérais peut être un peu en disant cela de cette façon, mais c'était vrai, je ne me voyais pas faite pour autre chose que la ville. Déjà que la Nouvelle Orléans, ça n'était pas les grandes villes Californiennes, j'avais réellement fait un gros gros effort pour partir en vacances avec ma cousine. Grosse erreur me diriez vous ! Mais je ne voyais pas suffisamment Keo dans mon quotidien pour lui refuser de partir en vacances avec elle et de profiter d'elle un maximum avant le retour au travail.
J'avais beau habiter à deux pas du Bayou, c'était de l'océan que je rêvais, et me savoir partir dans un endroit où les seules vagues que je verrai seraient celles des poissons, me désespérait d'ores et déjà. En fait, j'avais peut-être accepté avec beaucoup de rapidité de partir en vacances, je n'en restais pas moins réticente comme jamais. Je savais que les goûts de Keo étaient différents des miens, comme tout un chacun, d'ailleurs, mais j'avais espéré ne pas me retrouver en pleine cambrousse à faire une partie de catch avec un crocodile.

En soi, le camping ne me dérangeait pas forcément. À condition seulement qu'il soit dans une ville ensoleillée, pleine de sable, avec un centre ville vivant à proximité. Cette dernière partie n'était pas vraiment la plus nécessaire, puisqu'elle n'était que façade. Depuis ma longue période d'anorexique - les médecins n'avaient de cesse d'insister : je n'étais peut être plus une anorexique active, mais toute ma vie, j'en resterai une. Très joyeux - les centres commerciaux étaient devenus une vraie distraction. Je pouvais penser à autre chose et, il m'arrivait, quelques fois, d'entrer dans une boulangerie pour goûter aux pâtisseries similaires à celles que je faisais au travail. Bien sûr, par principe, je ne mangeais jamais ce que je faisais, de peur de regretter, mais je savais que beaucoup de clients redemandaient de mes petites "oeuvres d'art", comme ils les appelaient. Je me contentais souvent de leur sourire poliment et de les remercier du compliment, me gardant bien de leur expliquer que jamais je ne saurais si ce qu'il mangeait de mes pâtisseries étaient vraiment bonnes. Mais, la simple garantie d'un job par ma patronne me contentait. Elle était satisfaite de mon travail, et ça me suffisait comme louanges. Seulement, si elle avait su que je consommais quelques pâtisseries, de temps en temps, d'autres enseignes que la sienne, peut-être aurait-elle fait plusieurs crises de nerfs. Ca n'aurait d'ailleurs pas été la seule. Il suffisait de voir comme Bianca me regardait avec véhémence et crainte à la fois, chaque fois que j'avalais quelques calories de trop. Les médecins pouvaient bien en dire ce qu'ils voulaient, j'étais capable de manger sans me faire vomir. Et j'étais prête à le prouver.

C'était aussi un peu une sorte de défi pour moi, ce camping. À vrai dire, ça l'était presque autant que de ne montrer aucune faiblesse face à des inconnus et d'être, par exemple, capable d'avaler un repas complet sans calculer. Seulement, la deuxième option me semblait moins difficile que la première. Il me suffisait simplement de voir l'endroit où nous avions atterri. Je me blâmais déjà. Camper, ça semblait nul, mais dans un endroit comme ça, une dimension flippante venait de s'ajouter aux points négatifs de la chose.

C'était Keo qui jouait la copilote, pendant que je conduisais. Je me contentais simplement d'écouter ses indications. Je n'avais retenu que le mot Atchafalaya, qui m'avait clairement valu des répétitions inutiles jusqu'à ce que les syllabes entrent dans l'ordre dans ma tête, et jusqu'à ce que je sois capable des les prononcer dans l'ordre, surtout. Alors, nous pensant arrivées, je m'arrêtais au coin de la route. Déjà, mauvais signe: aucun camping à l'horizon. Ensuite, je voyais des arbres. Trop d'arbres. Je me sentais comme dans un vieux film tout pourri, un peu dans le genre des mauvais films de vampires qui passaient à la télé de temps en temps, et je me sentais, alors en plein air, étrangement claustrophobe, comme étouffée par tant de verdure. Non, décidément, je préférais le bleu du ciel et de l'océan, rien à rajouter.

Les paroles de Keo me donnèrent, sans me soulager pour autant, une once d'espoir que je perdais quasi instantanément. "Un peu rebrousser chemin", seulement? Bon, bah c'en était fini de moi et de mes rêves d'océan. J'allais devoir me faire une raison pour arriver à profiter au mieux de nos premières vacances à toutes les deux. D'autant qu'elle n'était qu'une cousine "récente", puisque, tout en nous connaissant plus ou moins depuis longtemps, nous nous étions rencontrées pour la première fois que peu de temps avant cela, à notre plus grand damne, à Bianca et moi. Alors, tout en suivant les indications de ma cousine, je rebroussais chemin pour prendre la bonne direction.
Nous arrivions en aussi peu de temps qu'il n'aurait fallu à le dire. J'étais heureuse de nous savoir arrivées et en même temps de plus en plus altérée par ce que je voyais. Donc la tente, n'était pas un mythe. Moi qui pensais que Keo avait voulu me faire une blague en me la faisant prendre. Eh bien, tant pis. Tant pis... j'inspirai profondément avant de voir, en même temps que ma cousine, quelqu'un nous saluer et nous sourire. Le geste était réellement sympathique. Aussi, sans le coup de la surprise, lui aurai-je sans doute répondu. Mais, c'est en croisant le regard de la rousse qui se mit à pouffer de rire, que je l'imitais. Quelle scène étrange. Je me garais et nous nous extrayions de la voiture.
« Bienvenue au Frenchman’s Wilderness Campground! » m'exclamai-je avec une volonté d'humour. Et, tandis que nous sortions nos affaires du coffre, je me mis à penser, l'esprit ailleurs, que ces vacances ne seraient pas si terribles que ça, marécages ou non.

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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Jeu 1 Sep 2016 - 0:56

A en juger par la tête que faisait sa cousine en sortant de voiture, ce n’était toujours pas l’endroit dont elle rêvait mais elle donnait l’impression de faire de son mieux pour que l’on pense le contraire. Et rien que ça, c’était trop cool. Soit, Keo sortit de la voiture et alla donner un coup de main à Alize pour décharger le coffre. Le plus dur était de s’installer, probablement. Oui parce que bon, elle n’avait monté une tente qu’une seule fois et avec l’aide de son père qui, bien que peu coutumier du camping aussi, avait tout de même réussi à faire en sorte qu’elle tienne debout. C’était déjà pas si mal. Allait-elle pouvoir réitérer cet exploit ? Pas sûre, mais au pire, la jeune fille se disait qu’il se trouverait bien une âme charitable dans ce camping pour leur venir en aide. Ne serait-ce que le monsieur édenté mais néanmoins sympathique qui les avait saluées à leur arrivée. Elle se trouvait donc dans un état d’esprit super optimiste lorsqu’elle chargea son sac à dos sur son épaule pour aller jusqu’à la réception histoire de voir s’ils avaient un emplacement pour deux demoiselles en quête d’aventure. Et en espérant aussi que celui-ci ne se trouve pas à l’autre bout du camping, parce qu’il était extrêmement lourd, ce foutu sac.

La première chose qu’elle remarqua en entrant était que dans les bâtiments communs, il y avait la climatisation et ça aussi, c’était une super nouvelle étant donné qu’à l’extérieur, il faisait étouffant. Comme toujours, en fait, ce n’était pas des conneries quand on disait que le climat de la Louisiane était chaud et humide. Cela dit, loin d’elle l’idée de s’en plaindre, elle qui avait voulu quitter la Nouvelle Angleterre à tout prix en partie à cause du temps exécrable qu’il y faisait en permanence. Bref, derrière le comptoir de la réception se trouvait une dame d’un certain âge et rousse, elle aussi. Keo décida d’y voir un signe encourageant et s’avança droit sur elle, un grand sourire aux lèvres.

    « Salut, salut ! Dites voir, il vous reste un emplacement de libre pour ma cousine et moi, par hasard ? »


La réceptionniste lui lança un coup d’œil par-dessus ses lunettes en demi-lune. Et ça alors, c’était un bon signe ou un mauvais signe ? La rouquine ne savait plus trop, elle était quelque peu confuse mais elle se ressaisit bien vite en la voyant tourner les pages d’un très volumineux registre pour un camping… Puisque la dame ne parlait toujours pas, Keo se sentit quelque peu obligée de s’excuser d’arriver à l’improviste, comme ça.

    « Je sais qu’on s’y prend un peu tard, mais on est un peu parties sur un coup de tête, si l’on peut dire. »


Mensonge mais qui irait le lui dire, de toute façon ? De l’autre côté du comptoir, la dame arqua un sourcil parfaitement dessiné tout en continuant de feuilleter son registre, s’humectant le doigt à chaque page. Ça ressemblait un peu à un appel au silence, en fait, ses anciens profs utilisaient exactement la même technique autrefois. La jeune fille se tut, donc, vieux réflexe de Pavlov et attendit sagement d’avoir une réponse.

    « Vous avez de la chance, il ne nous en reste qu’un seul, vingt dollars la nuit. »


N’ayant aucune expérience en la matière, Keo n’aurait su dire si c’était cher ou non pour un terrain nu mais toujours est-il qu’elle était prête à mettre ce prix. Parce que sinon, ça signifiait faire demi-tour et pour aller où, de toute façon ? Elle sortit donc son portefeuille de la poche arrière de son short en jean et régla la première nuit, puis elle avisa un distributeur de soda et décida qu’elles auraient bien besoin d’une boisson fraîche avec cette chaleur si elles voulaient monter une tente correctement. Après quoi elle put ressortir et informa Alize :

    « On a droit au dernier emplacement libre. La dame de l’accueil dit qu’il se trouve pas loin à pied et qu’on peut laisser la voiture là. Pour les toilettes et les douches, je crois que c’est juste derrière et ce soir, y a un feu de camp. »


Après c’était débrouillez-vous toutes seules pour trouver le chemin, elle n’avait que le numéro de la parcelle qui était le quarante-sept. Enfin bref, c’était parti.
Effectivement, en évoluant dans le camping, elles purent remarquer que celui-ci était quasi complet. Ben alors, toute la région s’était-elle donné rendez-vous à cet endroit précis pour les vacances ou bien ? Certains de leurs voisins campeurs étaient aimables comme le type sans dents de tout à l’heure et les saluaient sur leur passage, quant aux autres - surtout ceux qui avaient toutes leurs dents, en fait -, ils l’étaient beaucoup moins mais était-ce si surprenant que ça ? Et puis elles arrivèrent au quarante-sept. C’était loin de la réception tout comme ça ne l’était pas. C’est-à-dire que ça aurait pu être bien pire, mais d’un autre côté, il ne fallait pas avoir une urgence au beau milieu de la nuit parce que ce n’était pas non plus tout à côté. Pas mécontente d’être arrivée, Keo laissa tomber son sac à terre et donna son soda à sa cousine.

    « Bon alors, je me doute un peu de la réponse, mais t’as déjà monté une tente, toi ? Ne serait-ce que pour t’exercer ? »


Bravo Keo, quelle personne censée s’amuserait à monter et démonter une tente, comme ça, pour le fun, comme s'il s'agissait d'un sport olympique ? Mais il fallait bien qu’elle sache si la blondinette pouvait lui être d’une quelconque aide avant de commencer.
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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Mar 6 Sep 2016 - 21:21





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Une fois nos affaires en main, sorties par nos soins puisque personne ne s'était donné la peine de venir nous aider à décharger, il ne nous restait plus qu'à trouver un endroit où se caler. Faites qu'on ait un bungalow, faites qu'on ait un bungalow ! Je croisais sincèrement les doigts, ne me leurrant pourtant pas non plus : avec la chaleur qu'il faisait, nul doute que les gens s'étaient rués sur tous les campings alentours. J'étais presque prête à espérer devoir faire demi tour, mais j'avais besoin de vacances, et Keo et moi avions tout prévu pour un peu rattraper le temps perdu.

Ce fut Keo qui décida d'aller se renseigner à l'accueil. De mon côté, je restais gardienne de nos valises. Si je me retrouvais avec une ne moins, je n'étais pas prête de la retrouver, j'étais donc sur mes gardes, à l'affût de la moindre personne qui s'approcherait d'un peu trop prêt.
De loin, j'observais ma cousine, qui semblait subitement mieux respirer une fois à l'intérieur, ce que m'avait confirmé le léger courant d'air frais à l'ouverture de la porte de l'accueil, tandis que, de mon côté, je me contentais de suer sous la chaleur écrasante. Le manque d'air marin me donnait l'impression de ressentir la chaleur avec beaucoup plus de difficulté que n'importe où, même si, dans le fond, j'aimais la Nouvelle-Orléans et la vie que j'y avais.

La femme du guichet, aussi rousse que ma cousine, ne semblait vraiment pas commode. Face à elle, je n'aurais gardé aucune contenance et aurais probablement déjà fait demi tour. Point que Keo n'avait pas atteint. La situation me sembla extrêmement longue. Que pouvait bien lui raconter Keo, puisque la femme ne parlait pas, les yeux baissés sur quelque chose que je ne pouvais pas vraiment voir, voyant juste des feuilles défiler. Le manège dura un temps qui me semblait être interminable, avant que Keo ne finisse par sortir, expliquant la situation, que j'écoutais avec beaucoup d'attention. « Très bien, c'est toujours ça ! Chouette un feu de camp. Comme dans les films pour ados. » Oui, c'était la seule référence que j'avais réussi à sortir. Je regardais trop de films pour adolescents de toute façon.

Il nous fallut beaucoup marcher, de mon point de vue, pour arriver à l'emplacement qu'on nous avait attribué, bien que par défaut, si j'avais bien compris. Je m'étais mise à penser, pendant toute la durée du chemin, qu'on n'allait pas vraiment passer inaperçus puisque nous avions rencontrés quelques regards accueillants, accompagnés de sourire, et d'autres, beaucoup moins chaleureux. Tout comme Keo, une fois arrivée, j'avais laissé tombé mon sac, m'en débarrassant aussi sec que s'il était plein de fourmi, et me laissais, par la suite, tomber dessus. Nous étions arrivées. Une bonne chose de faite.

Si j'avais déjà monté une tente? Bien sûr, oui! « Une fois. C'était une tente Quechua, tu sais, celles que tu lances et qui sont déjà toutes montées, comme par magie. » Je devais avoir l'air sacrément quiche, mais au moins, j'avais essayé. Toutefois, sur le coup, j'étais tellement fière de moi que je ne percevais même pas le côté absurde de ma réponse, alors autant dire que celui de la situation m'échappait bien plus encore.

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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Sam 10 Sep 2016 - 17:39

Ça serait mentir de dire que Keo n’était pas elle aussi toute excitée à l’idée de ce feu de camp. Et pourtant, de son côté, ça lui rappelait plus les livres prétendument d’horreur où des colons se rassemblaient en général devant un feu de camp avant de se faire gober par un monstre, poursuivre par des fantômes ou encore détruire par des aliens – rayez les mentions inutiles – qu’elle lisait étant enfant. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’il y aurait des marshmallows à faire griller mais c’était évident qu’il y en aurait, qui disait feu de camp disait également marshmallows, l’un ne va pas sans l’autre. Mais soit, il n’y aurait de feu de camp qu’une fois qu’elles auraient monté la tente. Et en parlant de ça, il s’avéra qu’Alize en avait déjà monté une, une fois. Sauf qu’il s’agissait en réalité d’une de ces fameuses tentes que l’en lance en l’air et qui retombent pas seulement déployées mais bien montées, c’était magique. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la rouquine aurait bien voulu en avoir une comme ça, elle aussi, mais malheureusement, ce n’était pas le cas. Non, elle, elle avait une de ces tentes antiques un brin trouée et que l’on a rafistolé avec du scotch et qu’il fallait monter de A à Z et fixer au sol à l’aide de sardines, ainsi de suite.

    « Oui je vois, ça va pas nous être d’une grande utilité, du coup. Mais c’est dommage que je n’en ai pas une comme ça. »


Plus elle le disait et moins elle avait le courage de se mettre au montage de cette satanée tente. Tout à coup, l’idée de faire du camping ne lui semblait plus si bonne que ça. Mais c’était la sienne, et donc, elle devait assumer, ce qu’elle fit et farfouillant dans son sac à dos pour en sortir la toile qu’elle entreprit de déplier, les bidules qu’il ne fallait surtout pas perdre, sous peine de se retrouver avec une tente incomplète, dans un petit sachet en plastique et même une même notice d’explication. Autrement dit, ça ressemblait étrangement au fait de monter un meuble ikéa. Et la jeune fille croisait les doigts pour qu’il ne manque pas la vis A47, celle qui faisait que tout le reste tenait en place comme c’était souvent le cas lorsque vous montiez l’un de ces meubles en kit.

    « Tu nous mets un peu de musique ? »


Pour se donner du courage, quoi. Et puis aussi pour couvrir le bruit de gamins qui couraient et hurlant dans tout le camping et qui venaient de passer pour la troisième fois au moins devant leur emplacement. Non, ce n’était pas que Keo n’aimait pas les enfants, c’est juste qu’elle trouvait que ceux de maintenant étaient drôlement mal élevés. Certes, elle n’avait pas toujours été un ange elle non plus, mais il n’empêche qu’elle avait été bien éduquée et que ses parents ne l’auraient jamais laissée faire la moitié de ce que les gosses d’aujourd’hui faisaient. Enfin bref, après quoi elle commença à suivre les indications. Au départ, tout allait bien, c’est toujours comme ça que ça se passe, non ? La rouquine était même plutôt contente de l’aspect que sa tente avait, c’est-à-dire qu’elle commençait à ressembler à une vraie tente et pas seulement un tas de baguettes recouvertes de toile. Et puis boum, les indications n’eurent plus ni queue ni tête et Keo se demanda où est-ce qu’elle avait bien pu merder tout en sachant très bien qu’elle n’y était pour rien, qu’il s’agissait des indications qui n’étaient plus claires après un certain point. Elle se tourna alors vers sa cousine, les bras ballants.

    « Dis Alize, y a eu un truc qui cloche. Tu veux pas venir voir si tu vois ce que c’est, s’il te plaît ? »


Ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle se rendit compte qu’elle avait un public. En effet, les gens s’étaient massés devant leur parcelle et bougeaient la tête au rythme de la musique comme s’ils étaient à un concert hippie. Très bizarre… Keo ne savait pas trop si elle trouvait ça extrêmement gênant – ben oui, c’était un peu comme si chacun de ces gens attendaient qu’elle se plante pour pouvoir se moquer faute de trouver quelque chose d’intéressant à la télé pendant les vacances – ou bien si c’était pratique, en fait, on ne sait jamais, que l’une de ces personnes sache comment leur venir en aide.
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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Jeu 15 Sep 2016 - 22:10





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Le feu de camp, ça paraissait être une idée assez intéressante, même si j'espérais personnellement que ça ressemble à ceux que l'on voyait dans les films. Sinon, je n'avais aucune raison de me réjouir d'être ici, sinon d'être avec Keo, et je n'avais aucune envie que cette expérience de camping ne se résume à un souvenir plein de ''je veux pas''. Alors je mettais du mien et, en voyant Keo enthousiaste, m'efforçais de l'être au possible. C'est ainsi que, pour monter la tente, je parlais avec espoir de celle que j'avais une fois montée. Je secouais la tête, après m'être rendue compte que l'expérience de pseudo camping que j'avais eu jusque là n'allait pas vraiment nous aider. « Non, pas vraiment... je suis désolée Keo... » Je me sentais subitement grandement ridicule et dieu que je n'aimais pas ça. J'avais envie d'être capable de monter une foutue tente et de prouver à ma cousine que je m'investissais, mais rien n'y faisait. Je souris toutefois « oui, c'est dommage. Ça aurait pu nous être vachement utile, en vrai. »

Je regardais Keo s'attarder sur la notice, déplier, regarder, tourner, chercher quoi. Et je perdais espoir. Les gens autour de nous ne se sentaient pas de venir nous aider, un peu ? « allez, si tu veux ! » je regardais mon portable et me connectais à la première application de musique que je trouvais. De quoi bien bousiller mon crédit internet, mais tant pis, pour ce mois-ci, je pouvais bien gérer un hors forfait, j'avais assez bien su faire et gérer des économies pour être bien pour les six prochains mois. Je pouvais même, si l'envie me prenait subitement, prendre un appartement, c'était pour dire ! Je choisis la première playlist qu'on me proposait « Pendant le ménage ». Ca devait être motivant, ça, au moins, non ? Alors, pour que ça serve à quelque chose, bien sûr, je montais le son au maximum.

Puis, je m'efforçais d'aider au mieux ma cousine, suivant aussi bien que possible les instructions sur la notice. C'était du vrai charabia, mais je suivais au moins un peu, histoire de ne pas bouger pour rien. Je me stoppais cependant très vite quand je vis Keo arrêter tout mouvement. Je n'avais aucune idée de ce qu'il se passait dans sa tête, de la raison pour laquelle elle s'était arrêtée, mais j'espérais que ce n'était pas grave du genre ''il manque une baguette quelque part, on va devoir dormir dans une tente ouverte toutes les nuits''.

Je me déplaçais vers elle d'un pas léger et silencieux. « Oui, quoi ? » J'étais tellement nulle en camping que, pour moi, tout était normal. Il n'y avait rien qui manquait, la tente avait un aspect quasiment parfait. Splendide ! On allait pouvoir s'installer rapidement et se taper un petit somme avant d'aller griller des guimauves !

En entendant du bruit autour de nous, je tournais la tête. Keo avait fait de même, quelques instants auparavant et, certainement qu'elle voyait comme moi. C'était un peu comme ces chiens, sur les banquettes arrière, qui avaient un corps complètement immobile et dont la tête balançait à chaque ralentisseur, à chaque virage et à chaque coup de frein. C'était à la fois effrayant, pathétique et risible. De quoi se perdre et ne pas savoir comment réagir, ça oui ! Et bien sûr, y en aurait pas un pour venir nous aider, non ! Par contre, la musique, ça n'avait pas l'air de plus les déranger. Enervée, je m'efforçais de respirer calmement afin de ne pas aller leur arracher la tête ou jeter mon téléphone par terre et l'écrabouiller pour que la musique ne s'arrête.

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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Ven 23 Sep 2016 - 17:44

Quand on dit que tout passe mieux en musique, c’est tellement vrai. Travailler ou faire le ménage en silence ? Déprimant ! Ça donne même l’envie de tout laisser tomber pour aller faire un truc bien plus fun, alors qu’au rythme de la musique, ça passe tellement plus vite. Tout ça pour dire que Keo était totalement motivée et investie dans le montage de la tente. Et ça semblait également le cas d’Alize, ce qui faisait plaisir à voir puisque la blondinette ne se trouvait pas du tout dans son milieu naturel. Et puis patatras ! Enfin, c’était un peu exagéré étant donné que la tente ne s’était pas effondrée et que c’était bien là le principal, mais n’empêche que la jeune fille était persuadée d’avoir manqué une étape et elle était aussi sûre que c’était une étape importante, voire cruciale même si ça ne se voyait pas au premier regard. Mais de toute évidence, même avec la meilleure volonté du monde, sa cousine ne voyait pas non plus ce qui clochait. Et mince, elles auraient peut-être dû s’exercer avant de partir, sans avoir la menace de devoir passer la nuit à la belle étoile pesant au-dessus de leur tête. Parce que bon, en termes de température, ce n’était pas plus dérangeant que ça de dormir dehors en Louisiane, mais pour ce qui est des moustiques, en revanche…

Bref, c’est à ce moment-là qu’elles s’aperçurent qu’elles avaient un public. Et pas des moindres, on aurait que l’entièreté du camping s’était réuni devant leur parcelle pour assister au spectacle. Ça les faisait donc tellement marrer de voir deux jeunes demoiselles se débattre avec une tente récalcitrante ? Ou bien alors c’était interdit d’écouter de la musique ici ? Et du coup, ils avaient été tous attirés tel le papillon vers la flamme. Néanmoins, cette perspective avait quelque chose d’effrayant un peu car ça voudrait dire que la direction n’allait pas tarder à débarquer pour leur faire cesser toute activité un peu trop fun. Bien sûr que ce genre de comportement tapait légèrement sur le système de la rouquine mais il était hors de question qu’elle leur explose à la face. Pourquoi ? Me demanderez-vous. Eh bien tout simplement parce qu’elle sentait bien qu’Alize était sur le point de le faire à sa place. Et donc, inutile d’en rajouter une couche.
Keo posa alors la main sur l’épaule de sa cousine en un geste qui se voulait apaisant et trouva le moyen de rebondir sur cette bande de voyeurs.

    « Et si j’allais demander de l’aide ? »


S’ils ne voulaient pas venir à elle, alors elle viendrait à eux. Et puis la jeune fille avait l’habitude d’avoir un auditoire, en tant que musicienne, pas vrai ? Bon d’accord, elle détestait tellement ça que ça se terminait souvent par elle faisait un malaise vagal en sortant de scène, mais là, les circonstances étaient différentes, tout de même. Elle pouvait le faire. Si, si. Cette tentative de se redonner un peu de courage s’avéra payante, bizarrement et Keo se redressa avant de s’avancer en direction que ce qui était à présent une foule.

    « Euh… salut ! Vous voyez bien qu’on galère un peu, non ? Alors est-ce que quelqu’un parmi vous serait un pro du montage de tente, par hasard ? »


Il est vrai qu’elles avaient principalement croisé des caravanes sur le chemin, mais elles avaient aussi vu une ou deux tentes – et elles avaient l’air en parfait état de fonctionnement -, donc le pourcentage de chance de trouver la personne qu’elles cherchaient était bas mais pas inexistant, il fallait garder espoir ! Mouais, enfin c’était difficile quand elle voyait que tous ces gens la regardaient comme si elle venait de débarquer de Mars et qu’elle leur avait demandé comment réparer son vaisseau spatial tout en continuant de remuer la tête au rythme de la musique, tout de même. Puis, un type ayant l’air assez jeune – pas plus vieux qu’elle, en tout cas -, se fraya un chemin jusqu’au premier rang.

    « Moi et mes copains on peut y jeter un œil, si vous voulez… »


« Mes copains et moi », abruti… mais Keo n’allait tout de même pas s’en faire un ennemi parce qu’il ne savait pas parler correctement, non ! Donc elle ne dit rien et se contenta d’acquiescer d’un mouvement de tête, leur autorisant ainsi à franchir la barrière imaginaire délimitant l’emplacement de leur terrain. C’est ainsi que trois de ses amis les rejoignirent pour leur donner un coup de main. Et c’était une aubaine quand on y pense, puisqu’elles avaient un peu tout fait de travers et qu’il leur fallut tout désassembler avant. Il faudrait qu'elles pensent à les remercier.
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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Lun 26 Sep 2016 - 17:51





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Pour le coup, je remerciai la bonne idée de Keo. La musique nous faisait avancer tellement plus vite, que c'en était fabuleux. Nous allions bientôt pouvoir poser nos affaires, nos fesses et nous reposer quelques minutes avant de nous réunir entre campeurs. De quoi penser à un bon moment, même si on n'aime pas le camping et que des vacances sous les tropiques semblaient plus de mises pour vous, si si. Sauf que Keo nous avait plus ou moins coupées dans notre élan. Moi, je ne voyais absolument rien de bizarre, mais ma cousine, elle, ne pensait absolument pas comme moi. Et mince ! Si elle ne savait pas ce qui clochait, moi qui ne voyait pas qu'il y avait un problème, comment allai-je pouvoir le lui dire ? Je voyais mes espoirs de repos et de tranquillité sous un toit improvisé et en tissus ( ce qui correspondait à la précarité complète pour moi, même si je n'étais pas non plus du genre à faire des chichis pour rien ) s'envoler en fumée. Je soupirai. Au point où nous semblions en être, j'étais prête à aller chercher du bois pour monter des semblant de murs, quitte à dormir à même le sol, sans rien pour nous protéger.

La petite assemblée autour de nous, c'était assez particulier. J'avais envie de rire et de leur exploser la tête à tout un chacun. Pourquoi ils nous regardaient comme ça, les abrutis ? J'avais l'impression d'être une bête de foire et je haïssais ça. Je me retenais d'aller leur sauter à la gorge comme une furie en les secouant comme une malade pour savoir pourquoi personne ne se levait pour nous aider. Au lieu de quoi, je trifouillais mes ongles en m'efforçant de me concentrer sur la tente et ce qui n'allait pas avec elle, même si je ne voyais toujours rien.
Ce fut toutefois la main de Keo sur mon épaule qui me fit respirer profondément. Oui, c'est ça Alize, calme toi un peu, non ? « Oh, tu veux bien ? » Bien sûr qu'elle voulait bien, mais au moins, j'étais sur de garder mon calme si ce n'était pas moi qui me contentai de leur demander.

Je manquais d'exploser de rire vu la façon dont Keo s'était adressée à eux. Décidément, nous n'étions vraiment pas cousines pour rien. Car malgré son calme, derrière ses paroles, on sentait bien qu'elle était assez énervée. Je me retournais pour, derrière l'épaule de ma cousine, les regarder de toute ma hauteur, même si je n'en restais pas plus grande pour autant, les jugeant du regard, à la fois comme pour les dissuader de se lever que de rester assis. Je croisais le regard de bon nombre de grands gaillards, qui se contentait de baisser les yeux. Génial. C'étaient donc tous des mauviettes par ici ? Mais qu'est-ce qu'on avait bien fait pour atterrir face à de tels énergumènes ?

Plus l'un d'entre eux se leva. Halleluiah ! Il était temps, dites donc ! Il s'avança vers Keo et lui annonça qu'avec ses copains ils pouvaient faire quelque chose. Négligemment, je secouai la tête devant sa phrase. Je n'avais pas fait de grandes études, ni rien, mais combien de fois avais-je entendu mes professeurs reprendre des élèves, parmi lesquels je figurais, sur l'ordre d'annonce. Soi en dernier, toujours, c'était ce qu'on me répétait toujours. Il arrivait même que j'entende des clients faire la remarque à leurs gosses. Cependant, je me tus, ce n'était pas à moi qu'il s'était adressé. Alors, je me contentais de hocher la tête et de lui adresser un demi sourire. Bon, bah finalement, peut être que notre soirée n'était pas complètement perdue. Je me sentais un peu soulagée.

Ils furent quatre à se déplacer vers la tente et, je m'approchais alors de ma cousine, doucement, avant de lui dire à mi-voix. « Très impressionnant, d'avoir réussi à faire bouger des gros bras... » je lui adressai un petit sourire. Alors que je ne me sentais pas du tout légitime de ressentir ce sentiment en cet instant, j'étais très fière de ma cousine. Je les regardais avec un petit air peu convaincu en les voyant tout défaire. C'était si mal fait que ça ?

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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Lun 10 Oct 2016 - 2:01

Comme quoi des fois, il suffit de demander pour obtenir ce que l’on désire. En y mettant les formes évidemment parce que Keo était à peu près certaine que si elle avait dit un truc du genre « et maintenant, vous voulez pas vous bouger les fesses pour nous aider, bande de connards ?? » ça ne serait pas passé aussi bien. Mais fort heureusement, la jeune fille avait été tout à fait capable de se maîtriser et une bande de jeunes était actuellement en train d’envahir leur belle pelouse toute verte pour leur filer un coup de main. Et donc, elles avaient tout fait de travers puisqu’ils recommencèrent tout depuis le début. Mince, elle qui croyait que ce n’était quand même pas si mal que ça, qu’il faudrait seulement reprendre une ou deux étapes. Bon ben tant pis, ce n’était pas non plus la fin du monde, ça voulait juste dire que ni Alize ni elle n’étaient prêtes à tourner un épisode de Man VS Wilde, voilà tout. Ce qu’elles savaient déjà, soit dit en passant. Au départ, elle voulut leur donner un coup de main mais elle se rendit rapidement compte qu’elle représentait plus une gêne qu’autre chose, en fin de compte, et se poussa sur le côté, s’asseyant sur son sac de couchage pour boire son soda en compagnie de sa cousine.

Oui bon, ça faisait un peu flemmard, c’est sûr, mais c’était toujours mieux que de traîner dans leurs pattes, non ? Et puis la rouquine adressa un grand sourire à Alize quand celle-ci la complimenta sur sa façon de régler la situation. Il est vrai qu’elle pouvait être fière d’elle car c’était extrêmement rare qu’elle fasse preuve d’autant de tact envers d’autres personnes. Qu’elle ne connaissait pas et qu’elle avait déjà rangé dans la case « demeurés », même. Sans doute qu’elle rosit même un peu avant de faire un geste de la main signifiant que c’était trois fois rien puis elle reporta son regard sur la bande de jeunes en train de s’affairer à monter leur tente. Si ça se trouve, ils étaient tellement pros en la matière que même un ouragan ne parviendrait pas à souffler leur abri. Et ça ne serait pas plus mal, tout compte, on ne savait jamais ce qui pouvait arriver. Et puis tant qu’ils étaient toujours là pour démonter quand elles repartiraient si c’était vraiment trop dur pour elles, alors Keo n’en demandait pas plus.

La tente fut donc montée assez vite – bien plus vite que si elles avaient continué à se voiler la face en prétendant pouvoir monter une tente, en tout cas – et, bien que l’un de ces types leur demanda si, par hasard, elles n’auraient pas une bière à lui offrir, ils ne leur demandèrent rien en échange et les saluèrent en leur lançant des « à ce soir, au feu de camp ! » en partant. Eh bien, ça devait vouloir dire que les jeunes d’aujourd’hui n’étaient pas tous égoïstes et qu’il y avait encore capables d’aider son prochain, juste dans le but de faire une bonne action. Et bien sûr, en songeant à cela, Keo ne s’incluait pas un seul instant dans ces « jeunes » bien qu’elle ait sensiblement le même âge, elle s’était toujours sentie en quelque sorte plus adulte que la majorité des gens de son âge, c’était comme ça.

    « On fait le tour du propriétaire pour voir s’ils ont bien fait ça ? » proposa-t-elle en terminant sa canette.


Et puis il fallait de toute manière qu’elles s’installent correctement. Bien que l’idée soit tentante de laisser leur sac de couchage sur l’herbe et se prélasser parce que c’était éreintant de regarder les autres travailler mais dans ce cas, ça ne servait à rien d’avoir fait monter la tente. La rouquine ramassa donc ses affaires et se plia en quatre pour entrer dans ladite tente. C’est qu’elle était grande, contrairement à sa cousine, et que ça posait des tas de minuscules mais ô combien ennuyantes complications. Comme de devoir se plier autant pour mieux passer par une ouverture basse. Enfin soit, elle était jeune, elle n’allait tout de même pas commencer à se plaindre comme une vieille. La jeune fille s’étala plus sur son sac de couchage qu’elle ne le positionna mais ça ferait l’affaire tant qu’Alize avait de la place de son côté aussi, ce qui semblait être le cas.

    « Eh ben, ils ont bien bossé, dis donc. Dommage qu’on les ait pas tout le temps sous la main, ils nous seraient bien utile, j’suis sûre. »


Enfin, façon de parler puisque Keo avait déjà un copain capable de faire des tas de trucs très utiles et qu’elle ne l’échangerait pour rien au monde, bien entendu.
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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Lun 31 Oct 2016 - 20:29





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L'initiative de Keo avait finalement réussi à nous ramener des gens qui, eux, savaient comment monter une tente. Bien nous en garde, nous allions pouvoir dormir dans un semblant de confort qui me rassurait déjà plus que la simple idée de dormir aux côtés des bébêtes qui me donnaient la chair de poule rien qu'à les nommer. Puis d'ailleurs, heureusement que Keo avait pris les devants. J'avais gardé de mon passé cette incertitude de moi-même qui m'empêchait parfois d'aller vers les autres, surtout quand j'en avais besoin. Et puis, quoi qu'il en soit, je pouvais toujours compter sur Keo -maintenant que je la connaissais à ce point et que nous passions du temps ensemble- et sur Bianca pour tout ce qui était de ce genre. Au moins, on n'attendait pas vraiment que je me lance pendant cent sept ans, et tant mieux.

Keo était venue s'asseoir à mes côtés. Sodas en main, nous regardions les hommes faire. Très stéréotypé comme image, mais même un gosse qui savait monté la tente aurait fait l'affaire, pour le coup, et accessoirement une image moins stéréotypée. Mon compliment avait fait son petit effet. Mais il fallait être fou pour nier que j'admirais ce geste. Et aussi incertaine étais-je, quand j'avais un compliment à faire à quelqu'un que je connaissais et, en l'occurrence, que j'aimais, je ne me faisais pas vraiment prier.
Je jetais un regard à la tente en voyant Keo en faire de même. Une chose me réconfortais: douée comme j'étais, il me serait bien plus facile de défaire cette tente, quitte à m'exciter sur elle à coups de pieds, que de la monter. On aurait presque cru voir s'affairer des bricoleurs voire des travailleurs dans le bâtiment tellement ça semblait compliqué à monter. Et après, on s'étonnait que je n'aimais pas le camping. Pff...

Toutefois, en un rien de temps, ce fut fini. Je me voyais déjà vivre dans cette petite cabane, cuisiner, dormir, m'amuser comme une petite folle, faire le ménage et... Non, en fait, vraiment pas, ça ne me servirait qu'à dormir et à me changer à l'abri des regards de tous ces pervers qui s'amusait à dandiner leur tête sur la musique de mon téléphone, les yeux rivés sur nos vaines tentatives de montage.
Tandis qu'elles saluaient et remerciaient ceux qu'elles s'étaient évertuées à pousser à les aider, le terrain autour d'elle se vida. Eh bien, non, il n'y avait plus rien à voir, sauf deux jolies filles. Rien de bien intéressant pour des campeurs aguerris. « C'est bien, au moins, après la galère, on a un semi chez nous où ranger nos affaires » affirmai-je en regardant avec beaucoup de désespoir les sacs sur lesquels nous étions assises.

J'acquiesçai à la proposition de ma cousine. Au moins, ça serait toujours ça à voir. « Mieux vaut, on ne sait jamais que tout nous tombe sur la gueule en pleine nuit. » L'image était à la fois hilarante et révoltante.
Keo était plus grande que moi et, en craignant de devoir moi-même me baisser, je la voyais se plier en deux pour entrer dans la tente. Dommage, ce n'était pas non plus les tentes façon Harry Potter, dans lesquels on trouvait de quoi vivre et manger sans avoir à se baisser. Je soupirai, désespérée. Mais à quoi est-ce que je pensais? Je suivais Keo, sans un mot, baissant à peine la tête pour ne pas me prendre le zip dans les cheveux.
Etendant nos sacs de couchages, nous ne tardions pas, respectivement, à nous étendre avec. De mon côté, c'était en le déroulant que je me déroulais et m'affalais dessus. J'étais fatiguée du voyage, et encore plus par l'angoisse que j'avais eu à l'idée de ne pas avoir de tente, et par nos tentatives désastreuses, quelques longues minutes auparavant, sinon des heures. Je laissais échapper un petit rire sarcastique. « Encore faudrait-il qu'ils nous obéissent. » Après tout, il avait bien fallu jouer les faux gros bras pour les dégoter.

Pardon pour ce retard monstrueux

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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Jeu 3 Nov 2016 - 14:14

La tente avait été bien montée et Keo se rendait à présent compte que c’était si elles avaient persisté à vouloir la monter elles-mêmes qu’elle leur serait retombée sur la tronche en pleine nuit. En supposant qu’elle soit restée dressée suffisamment longtemps pour ça, bien évidemment. Enfin, l’important était qu’elles aient un toit au-dessus de la tête pour cette nuit. Enfin un toit, plutôt un simple abri fait de toile mais c’était toujours mieux que rien s’il venait à pleuvoir. Car c’était surtout ça qui inquiétait la rouquine, pour tout dire. Ca et les moustiques ; de la taille de votre poing et qui s’en donneraient à cœur joie s’ils voyaient deux jolies demoiselles passer la nuit à la belle étoile, à n’en pas douter. Enfin bref, maintenant qu’elles se trouvaient à l’intérieur, allongées sur leur sac de couchage, l’envie de faire un somme ne les menaçait même pas, elle était bien présente. Il faut dire que la simple idée de passer la nuit dehors leur avait fichu un petit coup de stress, quand même et que maintenant que la pression était retombée, la fatigue se faisait ressentir. Tout ça pour dire qu’il allait falloir se remuer un peu. La réponse d’Alize concernant les gars qui les avaient aidées la fit sourire et elle répondit avec un haussement d’épaules :

    « On est des femmes, ça doit pas être bien compliqué de les manipuler pour leur faire faire exactement ce qu’on veut. »


Si c’était si simple, ça se saurait et autant dire qu’elle n’appliquait pas trop cette théorie avec son copain. Enfin, parfois quand même parce que les hommes sont faibles tandis que les femmes tâchent de garder la tête sur les épaules presque en tout circonstance. Enfin bref, puisqu’il fallait qu’elles se secouent, la jeune fille se motiva sérieusement pour déballer tout ce qui se trouvait dans son sac, en se disant que plus vite ce serait fait et plus vite elle serait tranquille. Et déballer n’était jamais la pire des choses à faire étant donné que ça prenait moins de temps que l’emballage ainsi que le remballage. D’ailleurs, il fallut moins de temps pour le faire que pour le dire et en deux temps, trois mouvements, c’était fini. Keo consulta alors sa montre et se rendit compte que le temps d’arriver et de s’installer, ça leur avait tout de même pris la journée. Il ne fallait pas demander ce que ça aurait donné si elles n’avaient pas eu l’aide de ces jeunes gens. Enfin soit, elle préférait ne même pas y songer. Puis elle allait proposer à sa cousine de passer la tête hors de leur tente fraîchement montée pour voir si les autres campeurs se rendaient déjà d’un seul et même pas au feu de camp lorsqu’on l’on frappa à leur porte. « Frapper » était un bien grand mot, disons plutôt que l’on se manifesta en grattant légèrement sur leur toile de tente et c’est Keo qui alla répondre.

    « Dépêchez-vous les filles, vous allez être en retard ! » s’exclama le garçon qui s’était proposé de leur venir en aide un peu plus tôt avant de s’élancer lui-même vers ledit feu de camp.


Ce qui laissa la rouquine quelque peu perplexe, il fallait bien l’admettre. En retard pour quoi, exactement ? Elles ne pouvaient pas débarquer quand ça leur chantait ? Alors c’était quoi ce feu de camp ? Du genre colonie de vacances où chacun se présente à tour de rôle avant de se mettre à chanter Kumbaya ? Non parce que si c’était ça, Keo préférait faire la morte. Prendre la parole devant tout le monde pour réclamer de l’aide était une chose, mais faire les présentations en était une autre. D’autant que ça n’avait jamais trop été son fort à l’école, elle restait toujours un moment à ouvrir et fermer la bouche comme un poisson hors de l’eau. Non pas par timidité mais surtout parce qu’elle ne savait que dire à son sujet. Oh ça, aucun doute qu’elle trouverait des intéressés si elle se mettait à parler vaudou ou magie Yombé, mais ça serait plutôt pour se foutre de sa tête. Et ça, elle avait déjà donné.
Après quoi elle se tourna vers Alize et lui annonça, avec moins d’entrain que le jeune homme de tout à l’heure parce qu’il ne fallait pas pousser non plus :

    « On va être en retard pour le feu, il faut qu’on se dépêche, à ce qu’il paraît. Prête à affronter une horde de campeurs ? »


Elle aurait pu rajouter « légèrement péquenauds sur les bords » parce que c’était le cas pour certains, notamment ceux qui ne leur avait été d’aucune utilité jusque-là mais ce n’était clairement pas la peine d’en rajouter une couche, sinon, elles finiraient par faire l’impasse sur cette soirée et ça serait dommage puisque ça serait l’occasion de rencontrer des gens sympas, éventuellement.

Pas de souci !
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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Lun 5 Déc 2016 - 14:50





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J'étais plutôt rassurée, désormais que je savais que nous n'allions pas dormir aux côtés des fourmis et ciblée par tous les moustiques qui n'auraient pas trouvé chair fraîche à dévorer car abritée, sinon la nôtre. Je n'étais pas vraiment une citadine mais j'étais loin d'être une fille de la campagne. Je n'étais pas capricieuse à chaque fois que je voyais une mouche à faire la peureuse, mais si je pouvais éviter d'être de la chair à canon à ses bestioles, ça m'arrangeait plutôt bien. Alors, j'étais très reconnaissante envers ceux qui avaient finalement bougé leurs fesses pour nous aider, même s'il avait fallu beaucoup insister. « Je n'ai jamais rien réussi à obtenir des hommes que j'ai côtoyé. Sauf une fois, un bleu. » Ce qui m'avait menée à rompre avec celui qui était désormais l'ex que je ne souhaitais pas revoir sous peine de lui arracher ses bijoux familiaux avec beaucoup de rage. J'avais assez vécu de choses difficiles jusque là, des douleurs que je m'étais moi-même infligée pour ne pas qu'un abruti vienne m'en coller davantage.

Le temps passa vite, le temps de déballer nos affaires. J'étais bien contente d'installer mon "lit" de fortune puisqu'il s'agissait un sac de couchage. Au moins, j'étais sûre que de toutes les nuits que nous passerions là, nous serions bien au chaud, même si les journées étaient suffisamment chauffées par le soleil du midi, mais je redoutais la fraîcheur des nuits avec encore plus d'appréhension que les moustiques. Je ne fis presque pas attention à l'heure, jusqu'à ce que je remarque Keo en train de regarder sa montre. Etions nous en retard à ce point là. Un sourcil levé j'attendis qu'elle se tourne vers moi pour me donner l'heure ou me dire quelque chose sur l'avancée de la journée, mais elle ne le fit pas. En fait, ce fut le bruit de quelqu'un qui grattait leur toile de tente qui la tira de sa montre et qui me fit comprendre que ce serait bientôt l'heure. Enfin, je le croyais.

En entendant la voix du garçon qui était venu et qui se trouvait être celui qui nous avait aidées, je levai les yeux au ciel. Déjà? Pas possible. Et puis, quel était le but de devoir se presser à tout prix pour un feu de camp si on ne pouvait pas prendre le temps? Après tout, nous étions en vacances, autant en profiter, non?

Face à Keo, je levais d'autant plus les yeux. « J'ai entendu... Sérieusement? Je croyais que le but c'était d'arriver quand on était prêt, pas de devoir être prêt à tout prix pour y aller à un moment précis... » Il fallait l'avouer, j'étais un peu déçue, moi qui m'attendais à prendre mon temps. De rage, je ramassais tous mes cheveux en une queue de cheval haute. La flemme de me préparer davantage et d'en faire plus. Limite, j'étais prête à me changer pour arriver en pyjama pour montrer mon désaccord avec le simple fait d'être pressée comme un citron.
Je soupirai, à la fois prise par l'agacement et par le laisser faire. « Pas le choix! Et toi, prête? » Je m'efforçais quand même de voir le côté positif des choses, après tout, c'était pour cette raison que nous étions-là, non?

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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Lun 26 Déc 2016 - 22:33

Dire qu’elle ne fut pas stupéfaite d’apprendre qu’un pauvre type avait osé lever la main sur sa cousine serait mentir. En fait, ce qui était surprenant, c’est qu’à l’heure actuelle, il se trouvait encore des gars pour se croire revenus à l’âge des cavernes, quand les hommes traînaient leur femme par les cheveux pour les faire rentrer chez eux. Sauf que bon, l’évolution était passée par-là depuis le temps et il fallait désormais prendre ça en compte. Oh, c’est sûr que Keo ne se faisait pas d’illusions quant à l’égalité des sexes ; elle n’était pas bête au point de croire qu’ils y arriveraient un jour et voyait bien – et c’était bien dommage – qu’au lieu de ça, ils régressaient un peu plus à mesure que le temps passait mais bon, ils avaient quand même encore de la marge. Enfin bref, Alize avait eu la réaction qu’il fallait : plaquer ce connard. Que ça arrive une fois pouvait passer mais jamais une deuxième, c’était ce que la rouquine s’était toujours répété au cas où ça lui arriverait un jour. Cela dit, elle était bien tombée avec Devin ; il se pliait en quatre pour lui faire plaisir, alors il ne lèverait jamais la main sur elle, elle en était sûre.

Cela étant dit, elle ne savait pas quoi dire à ce sujet, donc elle se contenta d’acquiescer d’un mouvement de tête. De toute façon, ce fut à ce moment-là, précisément, que l’on vint les interrompre en grattant à leur toile de tente. Une chance qu’il fasse encore clair et que la silhouette au dehors ne laissait pas de place au doute, sinon elles auraient totalement pu croire qu’il s’agissait d’une bête sauvage et prendre peur. Voire même se montrer un brin hostile envers l’incruste. Mais heureusement pour lui, ce ne fut pas le cas et bien qu’elle ne commenta pas, Keo l’écouta jusqu’au bout tandis que, tout sourire, il leur annonçait qu’elles allaient être en retard si elles ne se dépêchaient pas de se rendre au feu de camp. La jeune fille comprenait bien qu’Alize ait plutôt envie de se la couler douce, d’ailleurs, si on lui avait posé la question, elle aurait sûrement aussi répondit qu’elle avait envie de se les faire à la cool, ces vacances, sans avoir à se presser pour quoi que ce soit. Mais bon, si c’était la tradition, elles ne pouvaient pas faire attendre tout le monde sous prétexte qu’elles bossaient déjà dur toute l’année. Et puis ça ne serait probablement pas comme ça tous les soirs, encore heureux.

Bref, Keo se contenta d’hausser les épaules et s’empara d’une lingette histoire de se rafraîchir un minimum avant d’elle aussi se relever les cheveux en un chignon au sommet de sa tête, et voilà, elle était prête.

    « Aussi prête que possible, dirons-nous ! Allez, on va sûrement bien s’amuser ! »


Parce qu’il fallait de temps en temps avoir la positive attitude dans la vie. Quoi qu’il en soit, avant de partir, la rouquine prit le temps de noter dans son esprit le numéro de leur parcelle parce que ça serait vraiment le comble qu’elles se trompent et qu’elles entrent par inadvertance dans la tente d’un parfait inconnu, n’est-ce pas ? Keo le croyait, en tout cas. Puis elles firent donc le chemin qu’elles avaient fait il n’y avait pas si longtemps de ça en sens inverse pour retourner à l’accueil et trouver l’entièreté du camping rassemblé autour d’un feu de camp pas encore allumé, étant donné qu’il ne faisait pas encore nuit et qu’on ne pouvait pas vraiment dire non plus qu’il faisait froid. Enfin bref, autant dire que ça en faisait du monde et qu’ils avaient déjà squatté tous les rondins de bois sans plus laisser aucune place assise aux retardataires. Mince alors… bon ben elles s’assiéraient donc par terre, tu parles comme c’était confortable… Quand soudain :

    « Les filles, les filles ! Venez, on vous a gardé des places ! »


Oh, les p’tits jeunes de tout à l’heure ! Keo avait beau les trouver un peu collants sur les bords, pour le coup elle trouvait que les rejoindre n’était pas une si mauvaise idée que ça et c’est donc toute guillerette qu’elle se dirigea vers eux. La soirée promettait d’être bruyante avec cette bande mais qui sait, elles allaient peut-être s’amuser aussi !
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Sujet: Re: ATCHAFALAYA // Over the rainbow {ft. KEO}    - Mer 28 Déc 2016 - 17:40





• like flowers made of iron •


Je n'avais jamais eu le courage de dire à voix haute que j'avais récolté un bleu de mon ex. Après tout, j'avais assez honte de tout ça, honte de ne pas avoir su l'empêcher, même pour un petit bleu. Ce qui m'avait réconforté c'est que je n'avais pas laissé la situation s'enliser et les choses s'étaient très vite arrêtées. Autant ne pas ressentir la vergogne m'envahir jusqu'à la fin de ma vie. J'osai espérer que Keo ne soulève pas, même pour elle-même mes paroles, mais son silence était équivoque. Elle était la première à qui je me confiais honnêtement sur le sujet, bien que Bianca ait souvent eu des doutes sur la réalité. Je n'avais jamais osé confronter ma soeur sur mes mensonges. Non pas pour couvrir un homme que j'eus aimé, mais pour garder saine et sauve le peu de dignité qu'il me restait à cet instant de ma vie. Puis, l'eau avait finalement fini par couler sous les ponts.

Le hochement de tête de Keo me laissa un tantinet perplexe. Je connaissais son point de vue assez féministe, si l'on pouvait se permettre de la définir ainsi, et j'avais un peu peur que ma révélation lui ait fait changer sa façon de me voir, ce que je n'espérais pas, puisque j'étais toujours la même fille, cette pauvre fille qui se porte souvent en victime et qui a tout fait pour l'être au moins une fois dans ma vie. Mais j'avais décidé de changer et je n'étais pas vraiment le genre de femme à se laisser abattre, bien loin de là. Généralement, c'était à ma façon que les choses avançaient, pas à celle des autres. Bianca pouvait en témoigner si besoin. Je l'avais trop agacée dans mes jeunes années, en refusant toute l'aide et le soutien qu'une grande soeur pouvait apporter à sa cadette. Et puis, j'étais une tête de mule doublée d'une tête brûlée, comment pourrait-elle en témoigner autrement?

Le temps qu'on vienne nous prévenir qu'il fallait se presser, je soupirai. Vive les vacances, si on devait les passer l'huile sur le feu. Mais bon, tant pis, je pouvais aussi faire fit de mes états d'âme et avancer vers le regroupement, ce n'était pas vraiment de ça dont j'irai me plaindre, de toute façon. J'étais juste une râleuse, et comme toute bonne râleuse, il me fallait me plaindre. Mais tant pis, au moins, nous avions une chance d'arriver à l'heure.

Keo se relevait les cheveux elle aussi, et je souriais. Au moins, elle était plus optimiste que moi, c'était déjà ça. Mais j'étais déjà partie du mauvais pied avec l'entièreté du campement et de son principe, même si je me forçais à être le plus positive possible. Ce qui me menait à être agacée par des petites choses insignifiantes, mais tant pis, au moins, Keo ne garderait pas un mauvais souvenir de ce moment avec moi, moment que je lui aurai sans doute fait vivre avec difficulté. Je m'efforçais de sourire à ma cousine. S'il y avait bien quelque chose que j'adorais chez elle c'était son positivisme. Moi qui n'étais pas vraiment la reine de la pensée positive, mon moral était toujours meilleurs quand elle était aux alentours.


« Tu as raison! Et je vais arrêter de râler aussi, promis ! »


C'était tout ce que je pouvais faire comme promesse, mais en soi, c'était déjà ça, au moins, nous allions penser à autre chose qu'à ma mauvaise foi et ma mauvaise humeur, et c'était pile ce qu'il nous fallait. Nous nous hâtions de retourner à proximité de l'accueil, la réception, ou je ne savais trop quoi, où tout le monde était déjà attroupé autour d'un feu de camp. J'espérai vraiment que les nuits étaient froides, parce que je ne voyais pas l'utilité d'avoir un aussi grand feu, brûlant autant de bois, si le temps ne se rafraîchissait pas aussitôt. Toutefois, c'était encore ma mauvaise foi qui discutait, puisque j'avais tout de même pris un gilet à chacune de nous au cas où. Ne savait-on jamais après tout!

Après avoir pensé que nous n'avions pas de place où nous asseoir, nous fûmes interpellées par les jeunes qui nous avaient aidées plus tôt dans la journée. Ils nous avaient gardé une place. Super! Bon, à choisir, j'aurais préféré passer ma soirée dans mon coin avec ma cousine, mais il fallait bien se sociabiliser à un moment ou un autre, de toute façon. Alors nous nous avançâmes vers eux. Je n'étais pas si mécontente d'aller vers eux, preuve en était de mon léger sourire. Je suivis Keo sans un mot, le sourire toutefois toujours présent.


« C'est gentil d'avoir pensé à nous! »



Après tout, autant être sympa, non? Mieux valait leur rendre la monnaie de leur pièce plutôt que tirer la gueule toute la soirée de toute façon.


« C'est normal, entre jeunes, faut bien s'entraider, non? »


Je regardais celui qui avait parlé -pas un de ceux qui nous avait aidé plus tôt ce jour-là mais un de ceux qui s'était contenté de regardé- et je ne sus trop que faire. De détresse, je lui souris. C'était une façon de voir les choses, mais je n'étais pas vraiment certaine que ni lui ni moi ne connaissions vraiment la signification d'entraide quand c'était notre tour d'agir.

_________________________

Say something I giving up on you
Every time I close my eyes I can touch the colors around me Suddenly I realize everything I thought was impossible is here And my heart sings in a world so incredible And everything burns much brighter ♠ BLUEBERRY
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