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 Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen
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Métier : Etudiant joaillier, ainsi que bénévole dans la soupe populaire ouverte par mon père, et je suis aussi tuteur scolaire, en primaire ou en collège, ça dépend d'où on a besoin de moi.

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Sujet: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mar 16 Jan - 22:29
Eileen & Amon
Admirant ses longs cils, il se fit la réflexion qu'il ne passerait alors jamais assez de temps à la regarder. Il l'avait dans la peau. Comme un tatouage. C'était irrémédiable. Définitif. Rien ne pourrait l'effacer. Elle était ancrée en lui pour toujours, et cela ne dépendait ni de lui, ni d'elle. (Alfreda Enwy)


Le jour J est arrivé : aujourd’hui, c’est la pendaison de crémaillère. La 1ère que j’organise pour moi, même si elle n’est pas que pour moi, mais concerne également Lexie. Au cours des derniers jours, nous avons été de corvée de carton. Il y a quelques semaines de cela, certains de nos amis sont venus nous filer un coup de main, pour tout déménager, et ramener les cartons dans ce nouvel appartement. Certains sont revenus, dernièrement, pour nous aider à tout installer. Et bien entendu, parmi ces personnes venues nous filer un coup de main, se trouvait Eileen. Ce qui n’a pas forcément plu à Lexie, qui a toujours ressenti une vive jalousie à l’encontre de la blondinette. J’ai beau lui dire tout ce que je veux, ça ne change rien… A la longue, j’ai lâché l’affaire, lui faisant juste comprendre qu’elle avait intérêt à éviter de se montrer injustement froide envers l’Irlandaise, qui ne voit en moi qu’un très bon pote. Ca ne règle pas forcément les choses, mais dès qu’il est question de la mère célibataire, Lexie perd étrangement toute raison.

La fête a commencé depuis quelques heures, nos convives étant arrivés au compte-goutte. Bien entendu, Eileen est venue en compagnie de son fils, et bien entendu, ça a ravivé un agacement en Lexie. Elle est agacée de savoir que je ne veux pas d’enfants pour l’instant, alors que j’agis presque comme un père à l’encontre de Néo. La rousse m’a bien fait savoir – et comprendre – qu’elle songeait à avoir un enfant. A quelques années de ses 30 ans, elle veut avancer dans la vie : elle me l’a assez répété. Tout comme je lui ai assez répété qu’elle venait à peine de fêter ses 27 ans, et qu’elle avait encore le temps. Cependant, je vois bien la façon avec laquelle elle regarde la 2nde chambre que nous avons, dans notre nouveau et récent chez-nous. Mais je lui ai dis qu’un enfant ne figurait pas dans mes projets, pour l’instant. De fait, me voir aussi présent pour le marmot de la blondinette, et pour celle-ci, déplaît à Lexie. Ce soir, par contre, elle a fait un effort, lançant un léger sourire à Eileen, et offrant un petit cadeau à Néo, en compensation des heures que sa mère a pu passer à nous aider, au lieu de s’occuper seulement de lui. Par chance, elle apprécie le môme, à défaut d’apprécier sa mère…

Le buffet froid que l’on sert a été préparé par Ounas, mon père. Il sait que je n’apprécie pas de rester derrière les fourneaux, et que je suis loin d’avoir son talent pour la cuisine, tandis que Lexie a de grosses journées, même si elle aime cuisiner. Cependant, ça faisait plaisir à mon père de cuisiner. Je crois qu’il tente, de son mieux, de rattraper le temps perdu. Ca me fait sourire, de le voir déambuler parmi les invités, qui sont composés, pour la plupart, d’amis à Lexie. Je ne me voile pas la face : je suis moins sociable qu’elle, même si je m’entends aisément avec son entourage, ayant toujours eu plus de facilité à me faire apprécier des personnes plus âgées que moi.

Attrapant une coupelle, je la remplis de salade de fruits – fraîche, bien entendu – avant d’apercevoir Néo, qui semble s’ennuyer, tout seul. Je prends une petite cuillère, et file le rejoindre. Occupé à dessiner, il m’accorde un intérêt limité, alors que je ne peux m’empêcher de lui faire savoir que la fleur qu’il dessine est bien trop grosse et grande, par rapport à la maison à côté de laquelle il l’a dessiné. Cela peut vous paraître mesquin, comme remarque, pour un gosse de son âge, mais j’ai toujours détester que l’on me parle comme à un mioche, quand j’avais son âge. Et même par la suite. Aussi aies-je pris la décision de ne jamais traiter un enfant comme un môme, mais à leur parler comme je parlerais à n’importe qui. Et une telle remarque, dans le fond, vise surtout à l’aider à s’améliorer en dessin. Nous échangeons quelques paroles, avant que je ne vois que sa mère est en pleine conversation avec Jacob. Aussi étonnant que ça puisse paraître, celui-ci est en effet venu prêter un coup de main, lors de l’emménagement. A ce titre, il a été invité à la soirée, même si je ne l’apprécie pas le moins du monde. Je me doute cependant fortement qu’il est venu, en ces diverses circonstances, pour garder un œil sur Eileen. Il ne faut pas être aveugle pour voir qu’il aimerait être plus qu’un ami, pour elle, plus que le meilleur ami de son 1er amour. Mais je suis aveugle, car je ne remarque pas réellement qu’il agit ainsi car il est jaloux de moi. Pour moi, il fait juste cela pour marquer des points auprès de l’Irlandaise, et non pour éviter que je ne la lui vole. Mais que pourrais-je voler ? Eileen, comme je l’ai déjà dit, ne voit en moi qu’un bon pote. Et rien d’autre. Je m’y suis fait, avec le temps. C’est loin d’être agréable, mais c’est ainsi…

Je retourne à ma conversation avec Néo, celui-ci m’interrogeant sur la dernière histoire que je lui ai narré. Encore une légende, vous vous en doutez. Et c’est en pleine conversation, que finit par débarquer Eileen. Suivit par Jacob, tel un toutou. « Tu sais, si tu veux rentrer, tu peux. Te force pas à rester. », fis-je avoir à l’intention de Jacob, qui venait quand même de déclarer à la blonde qu’il s’ennuyait ferme, à cette soirée, et qu’il commençait à être fatigué. Qu’il parte, ça sera bien mieux pour tout le monde. Et surtout pour moi : je n’aurais pas à supporter sa présence, et encore moins à devoir supporter de le voir ainsi coller la blonde. Je n'ajoute rien d'autre à son encontre, me concentrant sur Eileen, que je remercie - une fois encore - pour son aide apportée, avant de terminer ma délicieuse salade de fruits.

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Amon
L’amour non partagé est la malédiction infinie d’un cœur solitaire.
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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mer 24 Jan - 0:27
Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi,
je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra.
“You meet thousands of people who don't connect with you. And then you meet that one special person and your life is changed. Forever. You'll know he's someone special, when no matter what kind of mood you are in, he can always manage to make you smile.”

S'il y a bien une chose que je ne pouvais pas louper ces derniers temps, c'était bien l'emménagement d'Amon dans son propre appartement. Déjà parce qu'il m'a lui même aidé à m'installer lorsque Néo et moi sommes partis de chez son père et lui, mais surtout parce que c'était, juste.. Impensable. Il n'y a même pas à débattre sur les raisons qui m'ont poussé à lui filer un coup de main, en fait. Des moments à déconner, d'autres un peu plus sportifs.. Tout s'est superbement bien passé mine de rien, et même si c'est toujours très éprouvant, je me doute que ma petite pointe de fatigue n'est rien comparée à celle que peut se prendre Amon en pleine face. Après tout, il avait encore un bon nombre de cartons à déballer et à ranger. Certes, il n'était pas seul contrairement à moi.. Mais, quand même. Puis bon, cet emménagement semble bien plaire à Néo aussi, puisqu'il aura sa petite chambre rien qu'à lui lorsqu'il devra dormir chez son parrain. A croire qu'une chambre à retourner avec ses jouets ne lui suffit pas, j'en plains Amon d'avance. Cela me plaît, vraiment, de voir qu'ils s'entendent aussi bien. Et ça me rassure, aussi, dans un sens. Et oui, je sais très bien que l'absence d'un père dans la vie d'un jeune garçon n'est pas toujours évidente à gérer et à comprendre. Je l'ai bien vu avec Amon. Mais, plus le temps passe et moins j'ai le courage de révéler l'existence de Néo à Archie. Pourtant, j'ai bien conscience qu'on risque de le croiser au détour d'une rue, un beau jour. Mais, je n'y arrive pas. Après tout, pour lui, les choses sont claires comme il me l'a fait comprendre dans son dernier mail, il y a déjà des années de ça. C'est très certainement égoïste de ma part, je le reconnais. Mais.. Pas tout de suite. Je sais qu'arrivera un jour où il me posera un tas de questions au sujet de son père. Ce sera déjà assez compliqué à ce moment-là. Inutile de griller l'insouciance de ses plus jeunes années..

Comme à chaque fois qu'on s'apprête à voir Amon, Néo est limite survolté. Et c'est d'autant plus vrai avec cette petite ambiance presque festive qui se tient dans le nouvel appartement du grand brun. C'est assez difficile pour moi d'aller vers les gens, depuis que je reste quasiment tout le temps chez moi pour m'occuper de Néo, de mes boules de poils et pour mon boulot. Disons que ça marque une bonne différence avec qui j'étais avant. Sans doute est-ce simplement le poids de responsabilités qui me sont tombées dessus, certainement un peu plus tôt que prévues ? Je n'en sais trop rien. Puis, bon. A tout cela s'ajoute aussi certains regards que peuvent me lancer quelques amies de Lexie et contre lesquels j'ai juste envie de creuser un trou pour m'y planquer. Je ne sais pas ce que je leur ai fait, sérieusement. Mais, ça se sent qu'elles ne semblent pas me porter dans leurs cœurs pour un fait que j'ignore totalement et qui me dépasse. Toujours est-il que je laisse Néo gambader dans l'appartement à sa guise, après lui avoir enlevé sa petite veste, que je n'ai pas tardé à laisser avec la mienne sur le dossier d'une chaise. Bien entendu, ça me fait sourire de voir le père d'Amon être présent pour ce petit moment de détente d'après déménagement. Et tout se passe finalement plutôt bien.

Après un bon moment, Jacob, lui aussi de la partie, ne tarde pas à venir vers moi. Bon, certes, il n'a jamais été bien loin. Mais, sans doute est-ce juste parce que je suis juste celle qu'il connaît le plus ? Mauvais argument, je le reconnais. Jacob n'est pas comme moi. Lui, il est tellement plus extraverti. A mes yeux, c'est assez déroutant.. « Je vous ramène ? » qu'il me demande, alors que mon verre est presque vide et après m'avoir expliqué, pendant un petit moment mine de rien, qu'il tourne en rond à ne pas savoir quoi faire et qu'il a juste envie d'aller dormir. Lançant un regard autour de moi, juste pour voir où est Néo et comment il se porte, je finis par le voir en grande discussion avec Amon, visiblement. Ce qui m'arrache un léger sourire et qui rend un Jacob un poil nerveux, l'obligeant à se décaler un peu pour attirer mon regard, l'air de rien. « Néo ne va clairement pas vouloir partir, alors qu'il semble être en grande discussion. » Une réponse lancée avec une voix à peine amusée, et qui n'attend qu'une confirmation du principal intéressé. Voilà pourquoi je m'avance vers Amon et Néo, laissant s'échapper un nouveau sourire du coin des lèvres aux deux bavards. Tout en remettant une mèche de cheveux un peu rebelle délicatement en place chez Néo, Jacob en remet une couche en se répétant. Sans doute celle de trop, ou celle qui n'a pas franchement plu à Amon.. « Tu sais, si tu veux rentrer, tu peux. Te force pas à rester. » Des mots lancés qui semblent clouer Jacob sur place. Je ne vois pourtant pas sa tête, restant face à Néo qui m'offre un petit câlin comme il en a le secret, me tournant légèrement vers Amon et plus encore vers Jacob. « Il n'y a pas que moi de crevé, autant que j'en profite pour ramener Eileen et Néo. » Levant les yeux au ciel, j'en viens à me demander si j'ai oublié de demander la permission de minuit ou si je risque de voir ma tenue se transformer en sac à patates d'ici peu. « J'suis pas fatigué ! » que ne tarde même pas à râler mon p'tit gars, qui fronce des sourcils, de peur d'être arraché à son histoire façon Amon. Il est assez .. expressif. Sans doute sent-il aussi que Jacob tente de prendre un peu d'ascendant sur nous deux, depuis un moment en fait et qui m'échappe quand même un peu, puisque je me contente de me dire qu'il n'agit que comme l'ancien meilleur ami d'Archie.. « T'en fais pas pour nous, on trouvera bien quelqu'un pour nous ramener, si t'es vraiment crevé. » que je lui indique, passant l'une de mes mains dans les cheveux de Néo, qui semble se dérider un peu en comprenant qu'on n'allait pas encore rentrer. Tournant mon attention vers Amon, qui m'avait remercié entre temps, j'hausse doucement les épaules. « Ne me remercie pas, c'est normal. » Et c'est plus que sincèrement que je lui réponds ces quelques mots. Après tout, il a déjà tellement fait pour moi, que je n'ai même pas l'impression de lui rendre tout ce qu'il peut me donner. Et je suis loin du compte..

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Ven 9 Fév - 1:29
Eileen & Amon
Admirant ses longs cils, il se fit la réflexion qu'il ne passerait alors jamais assez de temps à la regarder. Il l'avait dans la peau. Comme un tatouage. C'était irrémédiable. Définitif. Rien ne pourrait l'effacer. Elle était ancrée en lui pour toujours, et cela ne dépendait ni de lui, ni d'elle. (Alfreda Enwy)


Bien évidemment, Jacob tente de faire entendre raison à Eileen, ou plutôt, sa raison, en arguant qu’il est fatigué, et que la blonde doit l’être également, comme son fils. Ce raisonnement, tiré par les cheveux, ne reposant sur rien de solide, me voit juste lever les yeux au ciel. Avec peine, je retiens une réplique visant à souligner à quel point ses propos ne tiennent pas debout, mais je n’ai pas de temps à perdre, avec lui, que ce soit ce soir, ou en général ! « T'en fais pas pour nous, on trouvera bien quelqu'un pour nous ramener, si t'es vraiment crevé. », rétorque finalement la blonde, à l’intention de Jacob. Celui-ci ne parait pas des plus enchanté de cette nouvelle. Croisant les bras, un brin boudeur, il semble bien décidé à attendre que la mère célibataire change d’avis. Je préfère encore une fois ne rien dire, concentré sur la dégustation de ma salade de fruits. On m’a dit à maintes reprises que parfois, il fallait que je tente de filtrer mes pensées, pour ne pas les oraliser, alors, je tente d’appliquer ce conseil, bien que je n’en voie guère l’intérêt. Mais on m’a assez dit comme ça que ma franchise est parfois un peu trop… franche…  « Ne me remercie pas, c'est normal. », me dit Eileen, quelques secondes plus tard. Ca me fait esquisser un léger sourire, accentuer par l’agacement qui parait ressortir des moindres porcs de la peau de Jacob. Celui-ci n’a jamais compris pourquoi Eileen restait amie avec moi, vu notre écart d’âge. Je le sens parfaitement, il ne s’est jamais privé pour m’en parle. Etonnamment, il n’en a jamais fait la moindre allusion face à la blonde. Il est aussi courageux qu’Archie, on dirait bien. Mais ça n’est pas mes affaires. Et je ne vais certainement pas en parler de moi-même à la blonde. Je suis bien assez grand pour m’occuper de telle chose tout seul, même si, dans le fond, je ne m’y prends sûrement pas de la meilleure façon qui soit. Surtout pas avec des types comme Jacob, qui ont vite tendance à vouloir rouler des mécaniques, pour montrer leur supériorité sur l’autre. Il n’a jamais tenté de se battre avec moi, mais il a souvent œuvré pour m’impressionner, me faire comprendre que je n’étais qu’un gringalet, qu’un gosse, face à lui, et même face à son pote Archie, avant que celui-ci ne prenne la route. « Tout le monde n’aurait pas accepté de venir filer un coup de main pour une mission aussi peu agréable qu’un emménagement ! ». Ca, on a pu le remarquer, avec Lexie. Rare ont été les personnes à répondre présentes quand on a sollicité leur aide. Plus rare encore ont été ceux qui se sont présentés tout seul, avant même qu’on ne cherche de la main d’œuvre. Et Eileen fait partie de la 2nde catégorie de personne, venant d’elle-même, faisant savoir qu’elle était là, si besoin. « Certains ont plus rechignés que d’autres ! », ajouté-je, avec un petit sourire et un clin d’œil, à l’intention de Néo, faisant allusion à Jacob, qui ne s’est pas privé pour râler à tout va, alors même qu’il est venu sans que Lexie ou moi-même n’ayons demandé son aide. Et avec Néo, ça nous avait bien amusé, de l’entendre se plaindre, alors que le gamin s’amusait comme un fou, notamment pour déballer les cartons qu’on lui laissait le droit de déballer. Ca lui plaisait, visiblement, de pouvoir s’essayer à la décoration de mon nouvel appart’.

Me levant pour aller ramener ma coupelle désormais vide de sa salade de fruits, j’ajoute : « Et si besoin, mon père peut les ramener, quand il partira aussi. Ou je peux aussi m’en charger sans souci. Sans oublier qu’il y a une autre chambre dispo, alors crois-moi, Jacob : si tu veux rentrer, tu peux, rien ne te retiens ici ! ». Certains ne se seraient pas privé de bien le regarder dans les yeux, en lui disant cela. Comme pour bien lui faire comprendre ce qu’ils venaient de dire. Mais ça n’est pas mon cas. Déjà, parce que ça ne me ressemble pas. Et aussi parce que j’ai clairement mieux à faire que lui indiquer de la sorte qu’il peut partir sans prétexter avoir à atteindre la mère célibataire et son fils. Au lieu de ça, je me dirige vers la table, à quelques pas de là, pour y déposer ma coupelle. Ce faisant, je croise mon père, à qui j’adresse un sourire : « Tu t’es encore surpassé, ce soir ! ». J’apprécie vraiment la cuisine de mon père. Et ça n’est en rien uniquement lié au fait qu’il soit mon père, bien au contraire. Je suis assez franc pour dire à mon entourage quand je n’aime pas ce qu’ils font. Il se trouve juste que je suis toujours très étonné de voir que le talent de mon père n’est pas reconnu à son juste titre.

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mar 27 Fév - 12:00




Eileen, Amon, Qeb


Il avait retrouvé son espoir et son avenir lorsqu’il avait retrouvé sa descendance. Ils en avaient vécu des choses tous deux. Et pourtant, il allait bientôt se retrouver de nouveau seul. Une vie entière ne suffirait sûrement pas à conforter l’égyptien à l’idée qu’il avait récupérer son fils. Pourtant, il était là aujourd’hui, présent pour voir sa progéniture s’envoler doucement vers sa nouvelle vie. Il n’avait pas pu être présent dans le passé. Il s’était juré d’être présent dans l’avenir.

Avec ses presque deux mètres de haut, le cuisinier regardait son fils avec la même tendresse qui caractérisait ce géant. Son regard déviait vers celle qu’il considérait sûrement comme sa fille, sans que son regard tendre ne disparaisse. Il avait ouvert sa porte et son cœur à Eileen et son petit bout. Il n’avait pas fait ça seulement pour son fils, mais pour lui-même aussi. Qeb les regardait ainsi, à tour de rôle. Bien que son appartement serait vide sans Amon, il était heureux de partager ce moment avec eux. Un léger sourire en coin se glissa sur son visage alors qu’il baissait la tête vers ce qu’il préparait. Être grand-père à quarante ans ne l’enchanter guère. Cependant, si son fils réussissait enfin à faire comprendre à la blonde ses réels sentiments, s’occuper de Néo comme le ferait un grand-père ne serait sûrement pas désagréable. Mais pour ça, il devait laisser Amon se débrouiller seul.

L’égyptien regardait du coin de l’œil le combat de coq qui se passait dans le salon. Amon se débrouillait très bien pour se défendre. Et puis, soyons franc, c’était quelque peu cocasse à regarder et écouter. Cependant, Qeb restait prêt à intervenir si cela venait à un peu trop s’envenimer.
Le père de famille continuait de s’apprêter dans la cuisine, rangeant les ustensiles qu’il avait offert au jeune couple. Il sortit tout de même la tête de l’entrebâillement de la porte de la cuisine lorsqu’il entendit qu’on le mêlait à la conversation. Ses longs cheveux pendants, il hocha tout de même la tête en entendant son fils. Il soupira très légèrement avant de se diriger vers la table pour récupérer les coupelles vides. Lorsqu’il croisa Amon, il accepta son compliment avec joie, lui offrant un sourire empli de dents blanches. « Si tu essayais, tu saurais faire encore mieux que moi niveau cuisine. » Sans être de la fausse modestie, Qeb était sincère. Il aimait la cuisine autant que la musique. Il sait simplement que faire quelque chose que l’on apprécie rend les choses plus simples. L’homme exotique se tourna cependant vers Eileen et Néo ainsi que vers le jeune homme qu’il ne connaissait pas vraiment. « Je ne compte pas dormir chez mon fils. Si tu es fatigué mais que Néo et Eileen veulent rester encore un peu, je les ramènerai avec plaisir. » L’égyptien fit un petit clin d’œil complice au petit garçon qui lui souriait. « Bon ! Il n’y a plus grand-chose à faire je crois, mis à part mettre en place toute la déco. Je pense que c’est le bon moment pour passer à table ? » Comme à son habitude, Qeb avait cuisiné pour tout un régiment. « Quelqu’un vient me donner un coup de main en cuisine ? » Il n’appuya pas vraiment ses dires pour inciter quelqu’un en particulier. Que ce soit Eileen ou son fils, il aurait de quoi discuter avec les deux. Il ne voulait pas interférer entre eux, mais au final, il fallait bien donner un coup de fouet à cette histoire s’il voulait voir son fils pleinement heureux un jour.


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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Lun 12 Mar - 11:26
Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi,
je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra.
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Avec Jacob dans les parages, il serait assez facile de penser que tout risque de partir dans n'importe quel sens. Même si je sais très bien qu'il n'est pas un ami très proche d'Amon, je ne saisis pourtant pas les subtilités de leur joute inconsciente. Disons que tout me paraîtrait assez fou. Je ne pourrai décemment pas envisager la moindre histoire avec Jacob, vu son statut d'ancien meilleur ami d'Archie, tout comme cela me paraît tellement improbable qu'Amon puisse s'intéresser à moi plus qu'en tant que simple amie. Surtout qu'il est casé. Donc, ouais. Cela risque d'être synonyme de grands changements lorsque toute notre situation pourra enfin évoluer, comme elle aurait du le faire il y a des années de ça. Lorsque j'étais encore chez nous, dans ce pays si éloigné qui est celui de nos racines. En tout cas, ce ne va pas être Néo qui s'en plaindra, de loin pas. Il aurait enfin une figure paternelle près de lui, ainsi qu'un grand-père gâteaux d'une rare gentillesse. Mais, on n'y est pas encore. Là, ce n'est pas notre emménagement qu'on fête après tout. Et le regard que me lance sa nana ne peut que confirmer un tel sentiment. « Tout le monde n’aurait pas accepté de venir filer un coup de main pour une mission aussi peu agréable qu’un emménagement ! » Haussant doucement les épaules, mon regard dérive inconsciemment vers Jacob qui peste en silence face à cette remarque. Pour moi, c'était juste normal de venir aider Amon, vu tout ce qu'il a pu faire pour moi avec son père. Cela n'aurait tout simplement pas été correct de ma part de lui tourner le dos ou de prétexter n'importe quelle raison décalée pour ne pas aider. Même si je n'ai ni la carrure ni la force d'un déménageur de l'extrême ! « Certains ont plus rechignés que d’autres ! » Un ajout qui fait pouffer de rire Néo, m'obligeant à lever les yeux au ciel. Jacob, lui, n'a pas réellement apprécié le sous-entendu, même s'il fait genre de n'avoir rien entendu. « Moi, je t'ai aidé ! » que le petit répond avec enthousiasme, même s'il n'était là que pour les derniers moments surtout, lorsque les cartons se faisaient plus légers. Les voir plaisanter de la sorte, ça me plait assez d'ailleurs, vu le sourire perçant mes lèvres. « Sans ton aide, mon p'tit chat, on y serait encore ! » Petite remarque, amusée mais surtout attendrie que je lance à ma petite tête brûlée, tout en passant une main dans ses cheveux. Et non, je ne lorgne pas vers Amon. Non. Un Amon qui se lève, d'ailleurs. « Et si besoin, mon père peut les ramener, quand il partira aussi. Ou je peux aussi m’en charger sans souci. Sans oublier qu’il y a une autre chambre dispo, alors crois-moi, Jacob : si tu veux rentrer, tu peux, rien ne te retiens ici ! » C'est fou, mais le visage de Jacob semble se décomposer à mesure que le maître des lieux énonce les recours de secours possible. Mais ça, je n'y fais pas attention pas plus qu'à ce qu'il peut répondre, les dents serrées, à Amon lorsqu'il passe non loin de lui, ressemblant à une acceptation qui lui coûte assez. Mon regard se dirige vers Qeb non loin de là, même si mon attention se recentre vite sur Néo alors qu'Amon échange avec son père. « M'man ! Y'a du chocolat ? » Une question qui m'amuse, alors que je repasse à nouveau une main dans ses cheveux, histoire de les remettre un peu en forme. « Je ne sais pas. Tu devrais demander à Qeb. » Le petit a le regard qui s'illumine, forcément, se doutant tellement que Qeb ne pouvait pas oublier son goût prononcé pour toute gourmandise chocolatée. « Je ne compte pas dormir chez mon fils. Si tu es fatigué mais que Néo et Eileen veulent rester encore un peu, je les ramènerai avec plaisir. » qu'il dit alors. Il n'en faut pas plus pour que Néo sautille presque sur place, évitant de justesse mes pauvres petits pieds. « D'accord.. » que le grand marmonne dans sa barbe. Jacob se résigne face à ce duo père/fils qui ne lui laisse pas réellement le choix de s'exiler un peu plus loin, juste histoire de. Je ne peux pas m'empêcher de laisser un regard filer vers Amon, comme si je me sentais coupable de l'attitude de ce Jacob impatient. Ou plutôt frustré. « Bon ! Il n’y a plus grand-chose à faire je crois, mis à part mettre en place toute la déco. Je pense que c’est le bon moment pour passer à table ? » Forcément, Néo ne rate pas l'occasion pour s'écrier d'un petit : « On mange du chocolat ? » à peine impatient de tomber nez à nez avec cette douceur sucrée. Son enthousiasme m'oblige à secouer la tête de gauche à droite, même s'il m'amuse plus qu'autre chose. « Quelqu’un vient me donner un coup de main en cuisine ? » Je finis alors par lâcher Néo, lâchant un petit « J'arrive ! » à l'attention du père d'Amon. Mais, avant de le rejoindre vers les cuisines, je m'approche de son fils, allant jusqu'à poser une main sur son bras. Geste pourtant presque fraternellement platonique -quoique..-, mais qui me vaut de me faire littéralement tuer du regard par une certaine personne. « Reste par ici, je vais aider ton père. » que je lui dis avec un léger sourire. Et avant même que je ne me décide à rejoindre Qeb, voilà que la rousse débarque pile à côté d'Amon voulant lui parler, visiblement, me forçant même presque à détourner inconsciemment le regard. Moi, je me contente, du coup, de rejoindre la cuisine. C'est fou de me dire que je suis aussi aveugle que ça pour ne rien voir, alors que d'autres le sentent pourtant. « Besoin d'un coup de main ? » Petite question dont je connais, bien entendu, la réponse. Mais qui est une façon comme une autre de faire comprendre au père que je suis là pour l'aider. Pendant ce temps, Néo, en profite pour rejoindre Amon, tirant sur sa manche pour attirer doucement son attention. Avec sa tête de petit tout triste, il ne tarde même pas à lui faire savoir une petite chose. « Amon ! Je meurs de soif.. Tu peux me donner à boire ? Steuplait ? » Allez savoir s'il ne veut juste pas détourner l'attention du maître des lieux de sa propre nana en agissant de la sorte. Peut-être que lui aussi, il voit des choses de son regard d'enfant qui m'échappent pour le moment.

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mar 20 Mar - 1:22
Eileen & Amon
Admirant ses longs cils, il se fit la réflexion qu'il ne passerait alors jamais assez de temps à la regarder. Il l'avait dans la peau. Comme un tatouage. C'était irrémédiable. Définitif. Rien ne pourrait l'effacer. Elle était ancrée en lui pour toujours, et cela ne dépendait ni de lui, ni d'elle. (Alfreda Enwy)


Remettre Jacob en place, ça fait du bien, mine de rien. Certains feraient pire que moi, pour bien montrer que l’autre ne l’impressionne pas. Mais ça n’est pas dans mon caractère, alors je reste assez soft. « Moi, je t'ai aidé ! », s’interpose le petit Néo, me faisant esquisser un sourire à son attention. Au moins, lui, il a moins, il n’a pas fait son chieur, durant le déménagement, même si j’ai conscience que c’est loin d’être un truc passionnant, ça, du moins, pour la plupart des gens. Disons que ça me permet d’organiser les choses : le rangement, l’ordre, j’aime ça ! « Sans ton aide, mon p'tit chat, on y serait encore !», glisse Eileen à l’intention de son fils, peu de temps avant que je ne me lève, et ne finisse par ajouter un mot en direction de Jacob, évoquant la possibilité que mon père ramène la mère et son fils à l’issue de la soirée. Et comme pour bien entériner son envie de rester, Néo interroge sa mère : « M'man ! Y'a du chocolat ? ». De vous à moi, je n’ai jamais compris la passion des gamins pour toutes les substances sucrées de ce genre. D’aussi loin que remontent mes souvenirs, ça ne m’a jamais attiré. J’ai toujours préféré les trucs naturels, comme les fruits, ou, à la rigueur, de rares confiseries « naturelles ». Bouffer des trucs chimiques, ça n’a jamais été dans mes goûts ! Et ça a contribué à me mettre plus encore à l’écart des marmots de mon âge ! « Je ne sais pas. Tu devrais demander à Qeb. », lui répond sa mère.

Je n’accorde pas vraiment d’attention à tout ce qui se trame, préférant me focaliser sur mon père. J’ai toujours un peu de mal à réaliser qu’il est bien en face de moi, même si j’ai vécu quelques années avec lui. Disons qu’avoir été séparé de lui durant toute mon enfance et une partie de mon adolescence, ça laisse des séquelles. De plus, il n’est pas rare que je m’étonne du peu de ressemblances qui existent entre nous. Pas de doute, pourtant, c’est bien mon père, mais la génétique donne parfois des résultats pour le moins surprenant. Autant vous dire que lorsque j’ai fais la rencontre des proches de mon père, beaucoup ont eu du mal à se faire à l’idée que je n’étais pas qu’un imposteur, qui pouvait en vouloir après son argent ou autre connerie ! « Je ne compte pas dormir chez mon fils. Si tu es fatigué mais que Néo et Eileen veulent rester encore un peu, je les ramènerai avec plaisir. ». Un infime sourire point sur mes lèvres, plus par satisfaction de voir que mon père est toujours prêt à rendre service à Eileen et à son gosse, que par plaisir de voir qu’il a contribué à moucher Jacob ! « Bon ! Il n’y a plus grand-chose à faire je crois, mis à part mettre en place toute la déco. Je pense que c’est le bon moment pour passer à table ? ». Approuvant les dires de mon père, j’hoche positivement la tête, tandis que Néo ne se prive pas pour savoir si : « On mange du chocolat ? ». Ce qui est plus que probable, Qeb sachant à quel point le marmot adore le chocolat, il serait bien capable d’avoir fait un dessert à cette saveur, pour lui faire plaisir. « Quelqu’un vient me donner un coup de main en cuisine ? », lance alors mon père à la cantonade. Et avant même que j’ai le temps de lui proposer mon aide, voilà qu’une certaine blonde me coupe l’herbe sous le pied (j’aime les expressions de ce genre !), en faisant savoir : « J'arrive ! », non sans faire un petit arrêt vers moi, pour me dire : « Reste par ici, je vais aider ton père. ». On pourrait croire que je suis troublé de sentir son geste à mon encontre. Je l’aurai été, à une époque. Depuis, j’ai appris à me faire une raison, et comprendre qu’elle ne me verrait jamais autrement que comme un très bon ami, au mieux, un frère de cœur. Pourtant observateur, je ne remarque pas réellement que le visage de Lexie parait comme se décomposer. Au point de finir par se piquer à mes côtés. « Mes parents se garent : ils arrivent. », me souffle-t-elle, tandis qu’Eileen s’éclipse vers mon père, pour l’aider en cuisine. « Amon ! Je meurs de soif.. Tu peux me donner à boire ? Steuplait ? » J’adresse un signe de tête positif à l’attention de l’enfant, avant de me tourner vers la rousse : « Je te laisse les accueillir alors. » Je ne rajoute rien, estimant qu’il est aisé de comprendre la répartition des tâches que je propose : elle qui s’occupe de ses parents, moi qui m’occupe de mon filleul.

Ne me souciant désormais plus de Lexie, je ne prends pas conscience de son manque d’engouement face à ma suggestion. Résignée, elle se tourne vers la porte d’entrée, prête à ouvrir la porte du bâtiment à ses parents, lorsqu’ils sonneront depuis le palier de celui-ci. De mon côté, je me dirige donc vers la cuisine, Néo derrière moi, afin de pouvoir lui donner de quoi se désaltérer. J’attrape un verre (ils sont rangés bien trop haut pour qu’il y accède seul), non sans avoir proposé au gosse de : « Ouvre le frigo, et sort ce que tu veux ! », lui laissant ainsi le choix de la boisson. « Amon, tu peux venir, s’te plaît ? », m’interpelle Lexie, alors que Néo a enfin sorti ce qu’il voulait boire, et que j’ai déposé son verre sur la table. « J’arrive ! », m’écrié-je, en direction de Lexie, pour finalement me retourner vers Néo et le missionner de : « Tu peux surveiller ces deux-là pour moi ? Ils agissent parfois comme de vrais gosses, ensemble ! », en lui désignant mon père et sa mère, avec un léger sourire en coin. Il faut admettre que parfois, laisser Qeb et Eileen « seuls » donnent lieu à des scènes relativement mythiques, tant ils s’entendent bien. Evidemment, je ne m’en plains pas ! Et c’est donc sur ces paroles que je quitte la pièce, pour aller vers la rousse, qui m’a appelé jusqu’à elle afin que j’accueille les derniers arrivants : mes beaux-parents. Et je discute donc avec eux, le temps que tout soit entièrement prêt.

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Amon
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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Ven 13 Avr - 21:41
Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi,
je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra.
“You meet thousands of people who don't connect with you. And then you meet that one special person and your life is changed. Forever. You'll know he's someone special, when no matter what kind of mood you are in, he can always manage to make you smile.”

Même si je ne remarque pas certaines évidences, il est pourtant clair que Jacob semble assez.. Bizarre quand Amon n'est pas bien loin. Ce n'est tout de même pas pour cela que j'arrive à mettre le doigt sur la véritable raison de cette sorte de conflit silencieux entre les deux, enfin surtout du côté de Jacob, pour être précise. Ce n'est pas parce que lui, il a perdu son meilleur ami qui s'est volatilisé dans la nature, que moi, je dois arrêter de passer autant de temps avec Amon, non ? Oui, à mes yeux, c'est ça le problème entre eux. Et je ne cherche même pas plus loin. Juste parce que je n'imagine pas que ce petit garçon, qui me mettait des mots dans mon casier lorsque je n'étais encore qu'une gamine, chez nous, dans notre pays natal et bien... il n'est pas loin. J'ai, pourtant, gardé le moindre de ces mots. Ils sont chez moi, dans mon appartement. Même lorsqu'Archie était encore dans ma vie, ils étaient là. Cachés, certes. Mais là. Je ne pouvais pas me résoudre à m'en séparer, tant ils ont marqué cette énigme de mon enfance. Il m'est déjà arrivé d'ouvrir l'énorme boîte qui les retient, juste pour les relire. Parce que même si c'était dit avec des mots d'enfants, c'était adorable. Et que même si je ne sais pas qui est derrière tout ça, aujourd'hui encore, il tenait à moi. Lorsque je me sens dépassée par tout ce qu'il m'arrive, je me demande ce qui aurait pu se passer si je n'étais pas partie.. Si j'avais fini par savoir. Ou s'il était resté silencieux à jamais. Et j'y pense, étrangement, alors que mon regard se pose brièvement sur Amon, avant que Jacob ne fasse des siennes. Comme d'habitude. C'est d'ailleurs Qeb qui finit par intervenir. A mesure qu'il parle, Néo ne cesse de comprendre que c'est vraiment bon : on ne va pas partir si tôt ! Comme pour confirmer ça, je ne tarde pas à emboîter le pas du père d'Amon en direction de la cuisine, non sans un petit arrêt vers ce dernier. Juste pour qu'on ne soit pas à quinze à préparer le repas !

Une fois non loin de Qeb, je m'amuse à me hisser sur la pointe des pieds tout en humant l'odeur qui se dégage des divers plats. Forcément, ça sent super bon. Comme au restaurant. Comme à chaque fois que je partage un repas avec ce chef que je n'arriverai jamais à égaler de ma vie au niveau culinaire ! « Hum ! Ça sent tellement bon.. » que je lâche, tout en me glissant non loin du maître des fourneaux en attendant ses directives. Cela aide assez de bosser avec lui. Je ne tarde vraiment pas à comprendre ce qu'il me veut, même si ma place n'avait que très rarement été en cuisine, tant je suis une catastrophe gustative.. « Tiens, Eileen .. Tu sais que ta mère est venue manger au resto, hier ? » Sa question me fait froncer les sourcils, alors que j'arrête de remuer le plat face à moi, avant de soupirer doucement. « Pas du tout.. » Réponse bien franche, alors que mon regard est attiré par une mini-silhouette qui semble filer vers le frigo. « Doucement avec le coca, chaton.. » que je lui dis en passant, roulant des yeux avant d'adresser un rapide coup d’œil à Amon, en le voyant filer vers ce dernier avec son Grââl, tout en gloussant tant il est amusé de sa soirée. Histoire de m'accorder un peu de répit face à Qeb ? Possible. Mais, surtout parce que s'il abuse d'une telle boisson, le soir, il est juste … increvable, et c'est vraiment pas la meilleure chose quand il est pourtant l'heure de prendre la direction des doux rêves.. « Tu peux surveiller ces deux-là pour moi ? Ils agissent parfois comme de vrais gosses, ensemble ! » Voilà ce qu'Amon finit par dire à son filleul, perché sur un tabouret de la cuisine, son verre de coca devant lui. « Tu vas punir maman si elle est pas sage ? » que dit Néo, en appuyant sa tête sur l'une de ses mains, affalé sur la table. Pour ma part, je n'ai pas entendu cet échange entre Amon et mon fils, tant je suis troublée par ce que Qeb vient de me dire. « C'est dommage. Tu vas avoir besoin de moi, au resto, ce jour-là, hein ? Pas vrai ? » Une question qui n'en ai pas vraiment une. Et oui, je n'ai vraiment aucune envie d'aller à un dîner chez ma mère, en compagnie de sa sœur et toute sa petite famille, que je n'ai pas vu depuis une éternité. Et avec ma chère cousine. Une vraie morue si vous voulez mon avis, mais qui n'a rien trouvé de mieux à faire que de demander à ma mère de m'inviter. Comment dire que je suis joie ? Elle est tellement du genre à juger et à se comparer, surtout à moi en fait. Et même si je ne regrette pas l'arrivée de Néo dans ma vie, il est clair qu'elle, j'en mets ma main à couper, poursuit des études difficiles couronnées de succès tout en ayant un fiancé avec un compte en banque à 10 chiffres. Comme s'il n'y avait que l'argent dans la vie.. Aux yeux de ma chère cousine et de sa famille, contrairement à nous : et bien si. J'entends déjà ses remarques débiles, en mode « Tu n'as pas réussi à garder le père de ton fils ? » ou encore « Dis donc, t'es tombée enceinte très jeune sans être mariée, tu pensais t'accrocher à la fortune du père en lui imposant un gamin ? » Sans oublier le « Oh, je vois. Tu as donc arrêté tes études ? » Bref. Je n'ai pas envie. Et rien que la perspective de cette soirée me rend un peu grognon alors que j'apporte le premier plat. « Vas manger, Néo.. Je te ramène ton verre. » que je dis en repassant à côté de mon fils pour prendre un nouveau plat, qui va être en complément de ce petit buffet froid. Bien entendu, je sais que Qeb voudrait me voir me rapprocher à nouveau de ma mère et de ma famille, mais.. c'est bien trop compliqué, encore, pour le moment. Et avec la cousine en plus, ça ne présage pas grand chose de fameux. Une fois que tout est enfin sortie de cuisine, je me rapproche de Néo en lui donnant son verre encore bien rempli, avant de lui servir ce qu'il va préférer des plats préparer par Qeb. Et alors que j'ai fini de m'occuper de mon fils, j'ai le malheur de faire un petit pas en arrière et de bousculer, vraiment très légèrement Lexie. Fait, bien évidemment, pas réellement bien pris par la rousse qui semble ne plus se concentrer sur ses parents pour le moment. Et ce, même si je ne tarde vraiment pas à m'excuser d'un petit « Désolée.. » alors qu'elle râle un peu, pour la forme. Elle, par contre, contrairement à ma cousine qui nourrit une rivalité datant de toujours, ne semble pas me tenir dans sa plus grande estime, mais alors en quel honneur.. Allez savoir.

©️ Mister Hyde

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mar 29 Mai - 18:24
Eileen & Amon
Admirant ses longs cils, il se fit la réflexion qu'il ne passerait alors jamais assez de temps à la regarder. Il l'avait dans la peau. Comme un tatouage. C'était irrémédiable. Définitif. Rien ne pourrait l'effacer. Elle était ancrée en lui pour toujours, et cela ne dépendait ni de lui, ni d'elle. (Alfreda Enwy)


HJ :
 

Si j’accordais un peu plus d’importance à Jacob, sans doute aurais-je remarqué qu’il me foudroyait du regard, alors que Néo me sollicitait, pour avoir à boire. Mais je ne me soucie pas de ce sombre crétin : je ne l’ai jamais fait, pourquoi changerais-je sur ce point-là, aujourd’hui ? Nous n’avons rien en commun, et ça a toujours été ainsi. Cela m’étonne toujours de voir qu’Eileen s’entend aussi bien avec lui, je ne vois guère ce qu’ils peuvent avoir en commun pour expliquer cela. Toutefois, je ne m’attarde jamais sur le sujet, n’en voyant pas l’intérêt. Les relations humaines restent un mystère des plus complets pour moi ! Les interactions entre les gens m’ont toujours paru incongrues. Notamment parce que les êtres humains ont la fâcheuse tendance à user et abuser de sarcasmes ou d’ironies, pour éviter de dévoiler le fond de leurs pensées ! A l’instar de nombreux autres « zèbres », j’ai – la fâcheuse (à en croire les autres !) - tendance - à tout prendre au pied de la lettre. Cela complique ma compréhension des autres, la plupart du temps, et ça m’a joué de multiples tours, quand j’étais plus jeune. Je ne vous apprends rien : si l’Homme est méchant, les enfants le sont plus encore ! Et quand vous ne comprenez pas tous leurs « codes », vous êtes rapidement la proie de leurs railleries. Des imbéciles à la Jacob et Archie, j’en ai connu plus que je ne l’aurai souhaité ! Du genre à tout avoir dans les muscles, au détriment du cerveau, et ainsi donc, à s’amuser à s’en prendre à ceux qui, selon eux, étaient « faibles ». Ces railleries ont eu l’avantage de me « forcer » à apprendre à un peu mieux comprendre les subtilités du langage (même si je ne les valide toujours pas : ne serait-ce pas plus aisé pour les gens de dire véritablement ce qu’ils pensent, plutôt que de dissimuler le fond de leurs pensées sous des mots parfois rempli de fiel ?). Et pourtant, encore à l’heure actuelle, j’ai des difficultés à réellement comprendre mes semblables. A tel point que je ne suis pas véritablement en mesure de comprendre les raisons de la rancœur de Jacob à mon encontre. Il est de notoriété publique que la mère célibataire ne voit en moi rien qu’un très bon ami, alors je ne vais pas la « voler » à Archie, si c’est ça qui l’effraie tant que ça ! Si je dois être totalement honnête, il me faut admettre que j’ai toujours du mal à comprendre comment l’amitié entre Eileen et moi est possible, tant je suis loin d’être dans les « normes ». Imaginer que ça puisse devenir plus qu’une simple amitié me parait au moins autant improbable que de découvrir que mes anciens camarades/bourreaux ont un QI à peine plus élevé que celui d’une huître… N’allez pas croire que je méprise la blonde, en disant qu’il est impossible qu’il y ait plus que de l’amitié entre nous  : je suis juste réaliste, ayant fini par comprendre que ma surdouance me met en marge des autres, et me rend parfois un peu compliqué à comprendre. Cela me stupéfait toujours que l’on puisse – à l’instar de Lexie – vouloir de moi. Non pas que personnellement, je me trouve aussi peu « banal » que cela. La normalité est relative, et à mes yeux, ce sont plutôt les autres, les non-Hauts Potentiels, qui sont étranges. Enfin bref, tout cela pour dire que si j’accordais au moins autant d’attention à Jacob qu’il ne m’en accorde, son regard assassin ne m’aurait pas échappé. Il ne doit sans doute pas apprécier de me voir m’entendre aussi bien que cela avec Néo, et cela, depuis toujours, là où pour lui, ça n’est pas si aisé que ça. Disons que contrairement à Jacob, j’ai un avantage précieux : connaître Néo depuis sa naissance, sans oublier le fait d’être son parrain. Cela étant dit, tout ça, ce sont des trucs que je ne vois pas forcément, dont je n’ai pas franchement conscience, alors… Pour le coup, le jeune Néo est bien plus observateur que moi. Que Jacob également. Ou qu’Eileen aussi.

« Tu vas punir maman si elle est pas sage ? », me demande d’ailleurs l’enfant, au sujet de sa mère, après que je lui ai demandé de surveiller la blonde et mon père. Fronçant les sourcils, je me contente de lui faire savoir que : « Ca ne serait pas utile, elle est trop vieille pour ça ! », d’un air très terre-à-terre. Oui, tout à fait, je sors ça, là où la plupart des individus auraient opté pour une réplique au double-sens douteux, même pour sortir à un mioche. Non, moi, je suis majoritairement 1er degré, il faut le garder en tête. De fait : réprimander un adulte comme on le fait avec un enfant, je sais au moins que ça n’est guère utile. Je n’ai cependant pas le temps de m’attarder plus que cela, Lexie m’a sollicité dans la salle : ses parents sont arrivés. C’est toujours déroutant pour moi de leur faire face. Je ne sais pas si c’est la notion de beaux-parents, ou si c’est juste eux, qui me « perturbe » autant. Très franchement, je ne saurais pas réellement dire ce qui fait que c’est aussi étrange que ça. Le fait que je n’aurais jamais songé un jour à être en couple, parce que je n’avais même jamais cherché cela ? (Ou du moins, que je n’avais pas imaginé – dans mes rêves les plus fous, je veux dire ! - que ça se puisse se faire avec une autre qu’Eileen ?) Ou ça tient plutôt du fait que je ne sais comment me comporter avec les gens en général, et avec eux en particulier ? A moins que ça ne soit parce qu’ils paraissent ne pas apprécier l’écart d’âge existant entre moi et leur fille ? Je penche pour un mélange de tout ça, et d’autres choses aussi, sur lesquelles je n’ai pas encore réussit à mettre le doigt dessus. Ca n’est pas essentiel de creuser plus le sujet, alors je ne perds pas mon temps avec ça. Je me contente de faire bonne figure, dès que je dois les voir. De ne pas trop merder, car j’ai comme l’impression que ça ne passe pas du tout, avec le père de Lexie. J’ai surpris une conversation, un jour, entre lui et sa femme, au cours de laquelle il évoquait ses doutes sur Lexie et moi, à cause de mon âge et de ma « particularité ». Son épouse, au contraire, est plutôt emballée par le couple que sa fille et moi formons. C’est elle qui a su convaincre son époux de ne pas trop s’opposer à Lexie, quand elle lui a parlé de notre envie de vivre ensemble. La conversation, ce soir, c’est d’ailleurs surtout elle qui la mène : elle est réellement bavarde. Mais ça ne me dérange pas, au moins n’aies-je pas trop à parler, il me faut me contenter de quelques hochements de tête, de temps à autre, ou de vagues onomatopées, lancés occasionnellement. Et c’est dans un tel cadre que survient « l’accident » : une blonde qui bouscule une rousse, après, s’être occupé du plus jeune des convives présents ce soir. Un geste involontaire, qui vaut à Eileen un regard assassin de la part de Lexie. Pour le coup, c’est la mère de la rousse qui met un terme à ce duel de regard, en déclarant à quel point le repas préparé par mon père parait des plus appétissant. Entendant cela, Lexie se ressaisit, et « invite » tout le monde à s’installer. Non sans placer les personnes, en réalité : Lexie aime à avoir un certain contrôle sur ce qui se passe autour d’elle. Et, si je parvenais à vraiment ouvrir les yeux, sans doute verrais-je que cela est d’autant plus vrai, dès lors qu’il est question de ma plus vieille amie. Ca n’est pas sans raison que Lexie fait savoir à Eileen qu’elle mangera entre son fils et Jacob. Je « domine » la tablée, me retrouvant ainsi entre Jacob (la bonne blague !) et Lexie. Mon père est en face de moi, et les parents de Lexie sont entre Ounas et la rousse. Tout le monde s’installe petit à petit, échangeant quelques banalités. Et alors que je me sers en salade, la mère de Lexie ne trouve rien de mieux à sortir à voix haute un magnifique : « Alors, la prochaine fois qu’on se retrouve tous attablé ici, c’est pour une annonce comme… un mariage ou un bébé ? ». Ce qui manque de faire s’étouffer mon père, et fait furieusement rougir Lexie. « Maman… On n’en est pas encore à là ! », fait rapidement remarquer Lexie, tandis que je me contente de rester silencieux. « On en est même loin… », que j’ajoute à sa suite, « C’est pas dans nos projets, pour l’instant ! » Là, j’espère que ça a le mérite d’être clair. Même si ça ne va pas forcément plaire à Lexie, que j’en parle de la sorte, face à tout le monde. Mais elle sait ce que j’en pense, que notre emménagement est déjà une grande étape pour moi. Après, je parviens à comprendre qu’elle, à son âge, a des souhaits d’avenir qui diffèrent des miens. J’ai à peine plus de 20 ans, après tout, alors j’ai encore le temps avant d’envisager de telles choses, tout de même !

Le repas se poursuit, dans une ambiance un peu… Etrange, devrais-je dire. Il faut dire que certains ne se sont pas gênés pour donner leur avis sur ce qui vient de se dire (à l’instar de Jacob, qui n’a pas résisté à l’envie de dire qu’après une relation aussi longue que celle de Lexie et moi, l’étape qui suit un appart’ à deux, c’est ce qui a été évoqué par la mère de Lexie. Croyez-moi, je ne me suis pas gêné pour lui demander de quoi il se mêlait, lui rappelant que son avis n’avait pas été demandé. Déjà, il n’a qu’à se trouver une nana, comme je l’ai fait remarquer. « Oh mais j’attends de trouver la bonne ! », m’avait-il même rétorqué. J’ai préféré couper court à cette conversation, qui devenait du grand n’importe quoi !) Je disparais un petit moment dans la cuisine, afin d’aller chercher la bouteille de vin pour ceux qui en veulent. Néo m’accompagne, désireux de se rendre utile. Et c’est ainsi que je finis par voir Eileen rentrer à son tour dans la cuisine, très certainement pour amener un truc qui manque sur la table. Et ça tombe bien, je peux en profiter pour lui poser une question que je songeais à lui posais, mais j’attendais le moment propice pour : « Ca va ? T’as l’air.. Je sais pas : bizarre ? ». Sachant qu’elle ne m’aurait pas répondu avec sincérité face à tous, je préférais donc avoir moins de monde autour de nous. Et oui, je la connais, la blonde, assez bien pour avoir remarqué qu’elle semblait plutôt songeuse, depuis quelques minutes. « Y’a un truc qui va pas ? » J’ai une théorie : ça ne passe pas, avec les parents de Lexie. Ils ont parlé de pas mal de choses à table, et on m’a déjà dit qu’ils pouvaient être assez particuliers, dans leur façon d’être et d’agir. Alors il est possible qu’Eileen partage cet opinion. Quoi qu’il en soit : un truc tracasse la blonde, et je n’aime pas trop ça, la voir si « mal ».


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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Ven 22 Juin - 22:02
Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi,
je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra.
“You meet thousands of people who don't connect with you. And then you meet that one special person and your life is changed. Forever. You'll know he's someone special, when no matter what kind of mood you are in, he can always manage to make you smile.”

Normalement, il ne devrait s'agir que d'un repas partagé pour fêter cet emménagement d'Amon et sa nana dans leur nouvel appartement. Rien de plus. Mais, il est clair que certains mots ou même certains regards peuvent donner l'impression qu'un tout autre jeu se déroule. Une partie à laquelle je prends part sans même le savoir. Une double partie, d'ailleurs, dont deux joueurs sur les trois sont en communs. Amon et moi, bien entendu. Avec Jacob dans l'une et Lexie dans l'autre. D'ailleurs, avec cette dernière, les choses sont bien plus fourbes et discrètes. Alors, évidemment, je n'ai aucune idée de ce qui la pousse à vouloir m'éloigner d'Amon comme elle veut pourtant bien le faire. Comment est-ce que je pourrai seulement imaginer qu'elle vise pourtant juste ? Que si je prenais le temps de creuser tout ça, j'y verrai que mon cher grand ami tient à moi plus que pour une simple amitié ? Et surtout, comment est-ce que je pourrai me dire que cette personne, dans notre école, qui me laissait très régulièrement des messages dans mon casier... c'était lui ? Pire encore, que si je n'avais pas eu à déménager suite à la mutation de mon père, il se serait lancé et m'aurait tout avoué de ce qu'il peut ressentir pour moi ? Si je pouvais le savoir, il est clair que je pourrai presque regretter qu'une telle réalité alternative ne soit pourtant pas la vraie. Peut-être que ma vie aurait été plus simple avec lui qu'elle ne l'a été, avec ma relation avec Archie et ce vers quoi elle m'a mené .. La seule chose que j'aurai pu regretter, ça aurait été l'absence de Néo dans ma vie. C'est vrai que c'est au moment où j'ai su que j'étais enceinte que tout est parti dans tous les sens. Entre ma mère, qui m'a forcé à prendre mes responsabilités si je le gardais, mon arrêt des études pour devoir me trouver un boulot ainsi qu'un appartement. J'ai été obligée de grandir. Dans ma tête et dans ma façon de voir la vie. M'adapter à ma nouvelle situation de mère célibataire. Pourtant, Amon était toujours là, peu importe les choix que j'ai pu faire. Cela fait un moment que j'aurai déjà du ouvrir les yeux, sauf que rien n'est jamais facile. Et surtout, que rien ne vient jamais sans raison. J'en ai l'intime conviction. C'est d'ailleurs parce que j'ai confiance en mon cher ami qu'il est le parrain de Néo. Un rôle qui lui va à la perfection. J'aime tellement les voir ensemble. Comme en cette soirée. Néo adore Amon, et je sais que l'inverse vaut aussi. Malheureusement pour Jacob, qui tente de marquer des points auprès du p'tit blond, il ne semble pas avoir la même côte qu'Amon. Et, clairement, mon fils n'a jamais changé d'idée. Cela a toujours été Amon en premier, et les autres après. Peut-être que c'est de ma faute, s'il le considère comme étant le plus proche d'un père. Peut-être que j'aurai du en parler plus tôt à Archie. Parce que je sais très bien que si Néo le rencontre un jour, cela restera quand même Amon et les autres. Alors, oui. Ça me convient parfaitement que les deux s'entendent si bien. Disons que ça me rassure aussi et ne me rajoute pas plus de pression sur les épaules pour partir à la recherche d'un père pour Néo. Après tout, avec le départ d'Archie, je me méfie des hommes. Je sais très bien à quel point ils sont capables de briser un cœur. Et là, si Néo veut bien accorder un peu de place à un autre homme qu'Amon, je sais qu'il risquerait aussi d'avoir son p'tit cœur brisé. Ce que je ne veux pas.

Toujours est-il que je souris, doucement, en voyant Néo avec Amon dans cette cuisine, alors que j'aide à préparer le repas. Encore une fois, ils traînent ensemble, ce qui ne doit pas être au goût de Jacob tant il essaie de se faire passer pour le gars super cool aux yeux du p'tit blond. Bon, je n'ai pas conscience d'à quel point c'est le cas, mais comme je sais qu'il a déjà tenté sa chance avec moi, se prenant des non à chaque fois.. J'ai bien peur qu'il tente de changer de stratégie en se mettant mon fils dans la poche. Puis, comme dit, avec ce qu'Ounas vient tout juste de me lâcher, disons que je n'ai pas vraiment la tête à plaisanter. Un repas. Avec ma tante et ma cousine, entre autre. Ce n'est même pas envisageable. Ils font partie de ces personnes que j'ai rayé de ma vie et qui ne me manquent absolument pas. J'en ai marre qu'on me compare, juste pour me rabaisser et surélever les autres. J'en ai marre, aussi, d'être jugée sans arrêt. Donc, non, clairement, je n'ai pas envie de les voir. Bien entendu, je ne peux pas m'empêcher de bien le faire comprendre à Ounas, en lui disant que je préfère largement l'aider, à son restaurant, que de devoir les supporter. La perspective de ce repas m'a foutu un petit coup, mine de rien. Et j'ai du mal à mettre cette nouvelle de côté pour ne plus y penser de la soirée. Une fois que Néo est sur sa chaise, avec son verre d'eau sous la main, il y a ce fameux épisode du « je fonce dans Lexie », sans même le vouloir ni faire exprès. Sans savoir si je peux dire heureusement ou pas, vu la situation, c'est la mère de la rousse qui change de sujet certainement tout juste à temps. La voyant se rapprocher de la table, je ne peux pas m'empêcher de lever les yeux au ciel en la voyant attribuer les places. Forcément, je me retrouve entre Jacob et Néo. A croire que plus elle m'éloigne d'Amon et mieux elle se porte. Je m'occupe de resservir un peu ma p'tite tête blonde lorsque la mère de Lexie balance sa fameuse bombe. « Alors, la prochaine fois qu’on se retrouve tous attablé ici, c’est pour une annonce comme… un mariage ou un bébé ? » Ounas reste bien discret dans son p'tit étouffement, Néo se redresse d'un coup en regardant Amon, et moi.. Et bien, je repose le plat à sa place, me prenant d'admiration pour mon assiette. Même si je ne suis pas encore consciente de ce qui peut vraiment y avoir entre Amon et moi, j'avoue que cette intervention me trouble. Je sais très bien qu'Amon doit faire sa propre vie, qu'il fera un super papa sans aucun doute, mais une part de moi n'arrive pas à imaginer tout ça. Un peu comme si de tels événements allaient petit à petit me séparer de lui. Je sais très bien que Lexie en rêve, mais .. J'ai du mal, oui. Du coup, je préfère rester silencieuse et m'occuper de mon assiette, comme si de rien était. Et surtout sans regarder Amon. « Maman… On n’en est pas encore à là ! » C'est bizarre. Elle a changé de refrain, elle qui veut être mère ? Arquant un sourcil, je finis par relever la tête de mon assiette, posant mon regard sur Lexie, puis sur Amon, lorsqu'il ajoute « On en est même loin… » Néo attire mon attention, en posant sa petite main sur mon bras, pour que je lui serve à boire, ce que je ne tarde pas à faire. Tout est bon à faire, tant que mon attention est détournée de cette conversation. « C’est pas dans nos projets, pour l’instant ! » Pour l'instant, hum. Néo me sourit en me remerciant à voix basse, ce qui lui vaut un petit baiser sur le haut de sa tête. Je n'ai pas besoin de regarder de l'autre côté pour sentir le regard de Jacob sur moi. Ça sent le voyage vers la cuisine, sous peu !

Le sujet s'étend un peu trop, pour moi. J'ai juste l'impression de ne pas être à ma place, avec cette envie de fuir la table à la moindre occasion. Enfin, je ne sais pas ce qui m'énerve le plus. Le souvenir de ce repas à venir avec ma tante et ma cousine, ou la mère bien trop bavarde de Lexie ? Peut-être aussi le sujet de conversation du moment ? Avec cette réponse de Jacob qui me glace presque sur place, lorsqu'il dit « Oh mais j’attends de trouver la bonne ! » en réponse à Amon. Et sérieux, le poids de son regard sur moi, quand il parlait de trouver la bonne m'exaspère. Est-ce qu'il va finir par se rentrer dans la tête que lui et moi, c'est juste … Pas possible ? Je ne m'imagine pas une seule seconde vivre avec le meilleur ami de mon ex. Juste.. Non ! Il est gentil, serviable et tout, mais .. Non. D'un petit regard, je remercie silencieusement Amon pour partir sur un autre sujet, avant de se lever pour filer dans la cuisine, suivi de près par.. Néo. Silencieusement, je termine mon assiette, même si je n'ai bizarrement plus faim. Hors de question de laisser cette bonne nourriture faite par Ounas ! Il a pris le dernier morceau de pain, justement. L'occasion parfaite pour me laisser filer en cuisine, histoire de souffler un peu. A-t-il fait exprès de m'inciter à rejoindre Amon dans la cuisine ? Aucune idée. Toujours est-il que je quitte la table, avec un petit sourire, à peine pincé, pour chercher du pain. Je pose le petit panier sur la table, me contentant de prendre un nouveau pain pour en faire quelques tranches. « Ca va ? T’as l’air.. Je sais pas : bizarre ? » qu'il me dit, du coup. Arrêtant mon mouvement en pleine tranche, je relève mon regard vers mon ami, haussant doucement les épaules. Et voilà que Néo se décide à courir pour rejoindre la table, visiblement bien amusé par je-ne-sais-quoi. Inutile de mentir à Amon. Il me connaît trop bien depuis le temps. « Y’a un truc qui va pas ? » Je soupire doucement, non pas contre Amon, qui est fidèle à lui-même, à vouloir se rendre utile. Chose qui m'arrache un petit sourire, d'ailleurs, lorsque je me décide à croiser son regard. Quoi lui répondre ? Que j'ai peur qu'il s'éloigne de moi, lorsque sa vie prendra un nouveau tournant ? Que ça me fait .. bizarre de l'entendre parler -même si lointainement- de mariage et de gamin ? (Comment ça, c'est de la jalousie non assumée ?) Non, bien entendu. S'il est heureux, je ne peux que l'être pour lui. C'est bien tout ce qu'il mérite, de toute façon. Je finis alors par finir de couper cette tranche de main, avant de poser le couteau sur la table, puis de me tourner pour m'appuyer contre. « C'est juste un peu de fatigue, t'inquiète.. » que je me risque à lancer, sans réelle conviction. Mais, vu son regard, ça ne semble pas vraiment marcher. Prévisible. Baissant la tête, je finis par soupirer alors que mon sourire m'abandonne cruellement. « D'accord, me regarde pas comme ça... Y'a un peu de vrai dans cette excuse de la fatigue, hein ! » Des mots que j'ajoute sans trop réfléchir avec une pointe d'humour maladroit, juste parce que je ne sais pas comment lui dire toutes ces choses qui me tracassent. D'ailleurs, je ne lui dirai pas tout. Clairement. Je n'ai pas envie de casser les délires de mariages et gamins de Lexie et sa mère. Puis, de toute façon, j'ai rien à dire sur ça. Du coup, il ne me reste qu'une chose pas super cool à lui dire. « Je viens d'apprendre, par ton père, que je vais revoir ma super cousine pour un repas avec sa mère. » Je n'aurai pas pu exagérer ce super plus que je ne l'ai fait. Là, on peut clairement entendre à quel point je l'adore. Puis, pas besoin de lui donner de prénom. Après tout, il la connaît très bien aussi. « C'est toujours une vraie cata quand elle est là.. » Et encore, une simple cata, c'est sous-estimé le pouvoir que ma chère cousine et sa mère ont sur moi. Il est clair qu'à chaque fois qu'on doit se voir, elles arrivent à me faire douter de moi. Et comme toujours, c'est Amon qui me ramasse à la p'tite cuillère. Après tout, quand l'une réussi ses brillantes études, est fiancée à un fils de banquier et tous ces détails du genre, l'autre a du stopper ses études, est tombée enceinte sans le vouloir et a du grandir d'un coup pour rentrer dans la vraie vie. Je suis censée faire le poids comment, moi, face à mad'moiselle la Parfaite ? Comme j'ai hâte d'y être ..

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Lun 9 Juil - 18:29
Eileen & Amon
Admirant ses longs cils, il se fit la réflexion qu'il ne passerait alors jamais assez de temps à la regarder. Il l'avait dans la peau. Comme un tatouage. C'était irrémédiable. Définitif. Rien ne pourrait l'effacer. Elle était ancrée en lui pour toujours, et cela ne dépendait ni de lui, ni d'elle. (Alfreda Enwy)


La main de Lexie cherche à se tendre vers moi, après que sa mère ait mis sur le tapis le combo « mariage + bébé ». La rousse ne sait que trop bien que je suis loin d’en être à là, et que ce sujet a donc tendance à m’énerver plus qu’autre chose. De plus, le mariage, je ne m’en suis jamais caché : ça n’a jamais été un truc qui m’a attiré, ni quelque chose en lequel j’ai la moindre foi. Si autrefois, on pouvait croire que l’Amour pouvait durer toute une vie, désormais, ça n’est plus le cas. Pas sans la crainte de la religion, qui a fait tenir tant de couples, autrefois. Et puis, quel intérêt de se jurer de s’aimer à vie, devant témoins et un Dieu quelconque ? Est-ce que les sentiment peuvent-ils réellement être considérés comme moins forts, uniquement parce qu’on ne passe pas par la case « cliché » du mariage ? De l’avis de Lexie : oui. Autant dire que ça amène de multiples tensions entre nous, dès que plane l’ombre de ce sujet. C’est bien pour cela qu’elle a réagit de la sorte, auprès de sa mère, alors qu’elle ne se prive jamais pour dire à quiconque, qu’elle rêve de faire un grand mariage, et de fonder une famille. A son encontre, je secoue négativement la tête, histoire qu’elle prenne bien conscience que ce sujet continue à m’énerver. Et que plus on m’en parlera (elle ou son entourage), et plus ça me fera reculer. On vient à peine de s’installer ensemble, après tout, autant ne pas sauter les étapes, non ? Et le Jacob, qui en rajoute une couche, ne se privant pas pour se montrer des plus possessifs à l’encontre de la blonde. Je suis certes un génie, certes en marge des gens, mais sa réplique, je l’ai parfaitement saisie. Il faut dire qu’il a la discrétion d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, à regarder Eileen de la sorte ! Très franchement, je me demande encore comment fait la blonde pour ne pas prendre conscience que le meilleur pote de son si merveilleux et parfait ex, n’attend qu’une chose : qu’elle tombe sous son charme, à son tour. Il y a vraiment des gens sans gêne, à baver sur la précédente conquête de leur plus proche pote. Et après, on ose dire que les gens avec un aussi haut QI que moi sont totalement en marge de la société. Si admettre que, pour rien au monde, je ne toucherais à une ex, ni à une nana qui plaît, à un de mes plus proches potes : j’avoue, je suis différent des autres !

Ayant besoin de prendre un peu l’air de cette tablée, je prends la 1ère excuse pour les délaisser quelques minutes. Sans surprise, je vois le petit Néo me suivre. Il m’a toujours apprécié, ce môme, même si je n’ai jamais réellement compris pourquoi, je ne m’en suis jamais plains pour autant. Le marmot ne tarde pas à partir, après que sa mère soit arrivée. Les enfants, ils ne cessent de changer d’avis, sans réelles explications. Encore une fois : je ne vais pas m’en plaindre. Ca sera sans doute plus facile pour la blonde, de me dire ce qui la tracasse, si son fils n’est pas là, que s’il reste vers nous. Mon attention reste focalisé sur la Barclay, que j’ai interrompue alors qu’elle s’apprêtait à couper du pain. « C'est juste un peu de fatigue, t'inquiète.. », tente-t-elle de me faire croire. J’ai beau être habitué à prendre les répliques des gens au 1er degré, mais là, pour le coup, faut pas non plus pousser. Je lui lance un regard qui lui fait franchement comprendre que pour l’oscar de la meilleure actrice, elle a encore beaucoup de boulots à faire ! Sourcils froncés, je lui indique sans équivoque qu’elle ferait mieux de parler plus sincèrement, que s’essayer à me rouler dans la farine. A-t-elle oublié que je la connais depuis toujours, ou presque ? Donc, que croire qu’elle puisse me mentir, sans que je ne le sente, relève de l’impossible ? « D'accord, me regarde pas comme ça... Y'a un peu de vrai dans cette excuse de la fatigue, hein ! » Voilà qui est déjà mieux. Pour la peine, mes sourcils ne froncent plus, tandis que je m’adosse contre le plan de travail, sur lequel j’ai déposé un assortiment la bouteille de vin que mon père m’avait fait mettre de côté, en me disant ce qu’il ferait à manger. C’est lui qui s’y connaît, pour ça, moi, je ne fais que suivre ses directives, car l’art de mélanger agréablement les repas avec le vin, ça reste un mystère pour moi. Oh, bien sûr, je connais ce qu’on dit sur le sujet, dans les faits, je m’y connais grandement, du coup. Il se trouve juste que ça ne m’intéresse guère. L’alcool et moi, on n’a jamais été très amis, vous savez ! De fait, mes connaissances sont plus théoriques que pratiques. « Je viens d'apprendre, par ton père, que je vais revoir ma super cousine pour un repas avec sa mère. », m’explique enfin la blonde. Là, je comprends mieux pourquoi elle semblait aussi tourmentée, depuis quelques minutes. « Oh la merde ! », finis par m’échapper, sans même que je n’en prenne réellement conscience. Je n’ai pas vraiment de filtre, une telle chose se produit donc souvent. Et suivant les gens qui sont autour de moi, la réaction varie. La franchise n’est vraisemblablement pas toujours très bien perçue ! « C'est toujours une vraie cata quand elle est là.. » Je ne peux qu’hocher la tête, de haut en bas, car elle a bien résumé la situation. Pour l’avoir déjà vu, à quelques reprises, bien trop pour ma santé mentale, je sais quelle plaie s’avère être la cousine en question. Elle est typiquement le genre de nana que je ne peux pas supporter, tant elle mise tout sur le superficiel, plutôt que sur ce qui compte ! « Et je suppose que t’es vraiment obligé d’y aller ? ». La question mérite d’être posée. Il faut dire que, personnellement, les obligations familiales, je ne connais pas. On me forçait, à l’époque, à m’y plier, mais maintenant, c’est mort. C’est mort depuis que j’ai appris qu’on m’a caché l’existence de mon père, toutes ces années. « Tu ne leur dois plus rien, tu sais…. ». Un truc que je n’ai cessé de lui répéter, à la blonde. Les siens n’ont plus rien à attendre d’elle, ils en ont perdu le droit, avec leurs réactions à sa grossesse. Pour être tout à fait honnête, je ne comprends même pas pourquoi elle s’oblige à les voir encore, de temps à autre. Cela tient sans doute du fait que, pour moi, la famille n’a jamais eu une immense valeur, qu’elle m’a plutôt déçue, en réalité. « C’est quand ? », que je demande, en attrapant la bouteille de vin, que j’ai ouverte, un peu plus tôt, pour la laisser se faire, et être prête à temps. Si pour le vin, on sait précisément quand il est conseillé de l’ouvrir pour mieux le déguster lors du repas, pour se préparer à un repas de famille qui promet d’être tendu, il n’y a pas de règles. Si l’ambiance est sérieuse ici, de l’autre côté, vers la table, ça parait plutôt détendu, on entend quelques rires. L’assemblée parait s’amuser des pitreries du petit Néo, encouragé par mon père. Ounas est littéralement passionné par ce môme, vantant tout ce qu’il peut dire et faire. On dirait qu’il l’a pris sous son aile, d’autant plus fortement, qu’Eileen est venue s’installer chez nous, quand elle était enceinte, et que le petit a vécu ses 1ères années là-bas.

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mar 24 Juil - 23:18
Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi,
je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra.
“You meet thousands of people who don't connect with you. And then you meet that one special person and your life is changed. Forever. You'll know he's someone special, when no matter what kind of mood you are in, he can always manage to make you smile.”

Étrangement, je ne sais pas vraiment ce qu'il se passe en cette soirée. Ou pourquoi j'ai cette impression étrange de ne pas être à ma place, et pourtant : c'est bien le cas. Ça l'est d'autant plus depuis ma petite conversation avec Ounas, dans la cuisine, au sujet de ce repas avec ma mère, ma tante et ma cousine, entre autre. Car, je sais très bien qu'elles ne seront pas seules. Après tout, quand un repas est prévu avec Eileen et Néo, c'est un peu comme si je me transformais en bête de foire et qu'on lorgnent le moindre de mes faits et gestes, qu'on analyse toutes mes paroles pour tout déformer. Me faire dire et entreprendre des choses si loin de la réalité. C'est certainement assez cruel à dire, mais je pense vraiment que beaucoup de personnes, dans ma famille, n'attendent que le jour où je vais lamentablement me ramasser. Juste pour pouvoir cracher leur venin, à dire que j'ai pris le mauvais chemin et que cela n'était qu'une question de temps avant que je n'en prenne conscience. Combien s'étaient évertués à me dire, clairement, qu'il fallait que je laisse Néo à l'adoption pour pouvoir continuer mes études ? Ce n'était même pas envisageable, pour moi, de l'abandonner à sa naissance et de poursuivre ma vie comme si de rien était. Alors, oui : tout aurait été plus simple. Peut-être que je vivrai encore chez mes parents en continuant mes années d'études. Peut-être que j'aurai pu me rapprocher de mon objectif professionnel. Sans nul doute, j'aurai eu plus de temps pour moi, pour sortir avec des amis comme toutes autres personnes de mon âge. Entre cinéma, bar et shopping plutôt que de passer mes journées entre biberons et couches. Sans nul doute aussi, mes cernes seraient bien moins visibles ou alors, elles ne seraient que l'illustration d'une nuit festive et non pas celle passée à réconforter Néo qui s'est réveillé en sursaut suite à un mauvais rêve. Ma vie aurait été clairement différentes, si j'avais accepté de me séparer de mon fils à peine son premier cri poussé. Mais, ce n'était même pas une possibilité. Jamais je l'aurai abandonné. Aucune journée n'est de tout repos, quand on est une mère célibataire comme moi, surtout aussi jeune. Sauf que grâce à mon fils, j'ai pu grandir dans ma tête. J'ai du prendre mes responsabilités et mon courage à deux mains pour contourner tous ces obstacles devant nous. N'en déplaisent à ceux qui n'ont pas cru en moi : j'ai réussi jusqu'à présent. Néo est un petit garçon plus qu'adorable, qui sait me faire sourire même lorsque je suis pourtant à deux doigts de m'effondrer. Et ça, personne ne peut le comprendre. Personne ne devrait se permettre de me -nous- juger. Le seul qui pourra, un jour, me juger, c'est Néo. Parce que je sais que j'ai fait pas mal d'erreurs avec lui aussi, la plus grande étant de le garder éloigné de son père ainsi que de sa famille. Il m'arrive d'y penser. Et je ne sais toujours pas comment je pourrai lui répondre pour espérer éviter qu'il ne me tourne le dos. Archie est certes parti sans prévenir, me lâchant sans ménagement lorsque j'avais besoin de lui. Apprendre ma grossesse, avec un beau déni de plusieurs mois faisant ainsi s'envoler l'idée d'avorter -que je n'ai pas eu, de toute façon, contrairement à certains membres de ma famille qui regrettaient ce délai dépassé-, n'a pas facilité les choses. Il m'avait blessé comme personne ne m'avait encore jamais blessé. Ne pas reprendre contact avec lui n'était qu'une des rares façons que j'avais de me préserver un minimum. Je sais très bien que si je lui avais annoncé cette nouvelle, il serait très certainement revenu. Il l'aurait assumé, je le sais. Mais, je voulais juste que s'il en était à revenir dans ma vie, un beau jour, c'était avant tout pour moi et non pas par obligation. Il aurait voulu donner cette illusion de petite et jeune famille aimante, mais cela n'aurait juste pas pu tenir. J'ai très rapidement compris qu'il n'allait plus jamais revenir dans ma vie. Qu'il en était parti, pour de bon. Alors, pourquoi est-ce que je l'aurai enchaîné à moi ? A nous ?

Faire ce petit saut par la cuisine arrive plutôt bien, d'ailleurs. Parce que là, le sujet de conversation de ces dernières minutes n'est clairement pas à mon goût. Allez savoir pourquoi.. Néo file, du coup, me laissant seule avec Amon. Et là, je sais que je ne vais pas y échapper. Je le connais, mon p'tit Amon. Et ça ne loupe pas. J'essaie de le feinter en prétextant une simple fatigue. Du moins, juste au début, alors même que je sais que si ça peut fonctionner avec d'autres : c'est mort face à lui. Lui aussi, il me connaît. Plus que bien, d'ailleurs. C'est d'ailleurs pour ça, pour notre facilité à nous comprendre que j'ai du mal à me faire à l'idée que sa vie risque de prendre des chemins de grands et qui risquent de nous éloigner, un peu. Il est si important pour moi. Ce n'est pas exagéré si je dis que mon petit monde tourne autour de Néo et de lui. Amon a toujours été là pour moi. Toujours. « Oh la merde ! » Ma tête se baisse légèrement. Il a bien résumé la situation en tout cas ! J'en soupire, tout en restant à « ma » place. « Et je suppose que t’es vraiment obligé d’y aller ? » Est-ce que c'est une obligation ? Pas vraiment. Mais, je sais que si je n'y vais pas, le risque que ça me retombe dessus d'une façon ou d'une autre est plus que réel. Je lui réponds d'un simple hochement d'épaules. Je n'ai nullement envie d'y aller. Pourtant.. « Tu ne leur dois plus rien, tu sais…. » qu'il ne tarde pas à ajouter dans la foulée. Je ne sais même pas quoi lui répondre de toute façon, du moins en ce qui concerne une prétendue obligation d'y aller. Par contre, pour le dernier point qu'il a soulevé, un sourire un peu triste ou peut-être résigné se loge sur mes lèvres. Il m'a déjà dit ces mots plusieurs fois. Et il a bien raison. Ils ont décidé de me laisser me démerder toute seule, je n'ai donc aucun compte à leur rendre ! Et pourtant, une petite partie en moi se borne à vouloir tenter d'arrondir un peu ces angles beaucoup trop droits, trop pointus entre ma famille et moi. On en revient donc à ma crainte de devoir m'éloigner d'Amon lorsqu'il avancera dans sa vie. Son père et lui, mis à part Néo bien entendu, sont un peu comme cette famille qu'il me manque. Et je sais que si je perds Amon, je perdrai un des piliers les plus solides autour de moi. Mon regard se baisse à nouveau, se posant brièvement sur ce couteau à pain. Mais, il s'en détourne très vite avec Amon près de moi.. « C’est quand ? » Revenant un peu à moi, je redresse la tête pour croiser le regard de mon meilleur ami. « Fin du mois.. » que je lui réponds, simplement. Cela me laisse encore un peu de temps pour réfléchir à tout ça et tenter de voir s'il y a toujours un pour de « pour » dans la balance, ou si cette fois, mon choix concernant cette invitation sera tout autre. Après, je me dis que ce n'est pas tous les jours non plus. Mais, est-ce que je me sens assez forte, intérieurement, pour les affronter ? Cela risque d'être beaucoup plus difficile ce coup-ci. « T'as raison, je ne leur dois rien. Mais.. » Et voilà, j'en suis à tirer sur mes manches.. « .. j'ai juste l'impression de tout faire mal avec Néo. » Un aveu qu'Amon connaît déjà. C'est pour lui que je suis capable de faire de tels efforts. Pour ne pas le couper de cette partie de sa famille. Puis, je ne peux pas m'empêcher de comparer la situation de mon fils avec la sienne au sujet de leurs pères, même si plusieurs points sont bien différents dans leurs deux histoires. J'ai peur que Néo finisse par me tourner le dos lui aussi, contestant les choix que j'ai pu faire. Baissant à nouveau la tête, un peu plus qu'avant d'ailleurs, j'ajoute à voix basse. « Dis, Amon.. » Sujet un poil plus sérieux en approche ! Je m'en racle un peu la gorge, avant de repousser un peu la corbeille à pain. « .. Si jamais il m'arrive quelque chose, je ne veux pas que Néo aille vivre chez eux, ni qu'Archie le récupère. » Pourquoi j'en suis à penser des choses aussi noires d'un coup ? Aucune idée, mais j'ai juste besoin de le lui dire, là, maintenant. « Il t'aime beaucoup.. » Et moi aussi, plus que je ne le pense ? « S'il va pouvoir vivre avec Lexie et toi, ce serait la meilleure chose. » Oui, je sais : j'ai cassé l'ambiance d'un coup. Mais, il fallait que ça soit demandé. Après tout, on ne sait jamais ce qu'il peut se passer demain. Peut-être aussi est-ce le fait d'avoir entendu parler d'enfants, à table, qui m'a fait réfléchir à ce qui pouvait arriver à Néo s'il m'arrivait quelque chose ? Même si ma mère va vouloir le garder, je n'ai pas envie qu'il fasse sa vie avec elle vu notre passif. Pas plus que je ne souhaite qu'il parte avec son père. Non, la seule solution à mes yeux, c'est qu'il grandisse avec Amon. Il l'adore et le connaît depuis toujours après tout. Qui mieux que lui pourrait faire sourire Néo ?


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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Dim 12 Aoû - 23:45
Eileen & Amon
Admirant ses longs cils, il se fit la réflexion qu'il ne passerait alors jamais assez de temps à la regarder. Il l'avait dans la peau. Comme un tatouage. C'était irrémédiable. Définitif. Rien ne pourrait l'effacer. Elle était ancrée en lui pour toujours, et cela ne dépendait ni de lui, ni d'elle. (Alfreda Enwy)


Je pousse un soupir, en voyant la blonde hausser les épaules, en guise de réponse à mon interrogation sur son obligation à se rendre à ce repas de famille. Se forcer à faire un truc qui ne nous plaît pas, c’est bien une notion que je n’ai jamais réussis à comprendre. Surtout pas quand c’est pour retrouver des gens qui ont été aussi détestables à notre encontre, que les proches d’Eileen ont pu l’être avec elle. Etant donné que je suis relativement franc, il m’est compliqué de faire semblant, face à des individus que je n’apprécie pas. Et ça, la famille d’Eileen en a fait les frais, après s’être montré détestable envers elle. Je suis loin d’être une teigne insolente, mais les sourires hypocrites et les phrases de faux-culs, ça n’est clairement pas ma spécialité, ni même quelque chose à me demander de réaliser ! Ma curiosité se manifeste, une fois de plus, afin de savoir quand aura lieu ce repas. Et c’est à mon tour de soupirer, quand elle m’annonce qu’il a été fixé pour la fin du mois. Eileen n’a pas besoin de prétendre qu’elle va réfléchir pour y aller ou non, je la connais si bien que je sais qu’elle s’y rendra. Une partie d’elle espère encore que ça s’arrangera, entre elle et sa famille. A mes yeux, ça reste un doux rêve, qui ne verra jamais le jour. Ils ne lui ont fait que trop de mal, à la naissance de Néo, et même durant sa grossesse, tout simplement. Ils ne cessent de la juger. Quand on aime quelqu’un, on ne doit pas juger cette personne, je trouve. Lui apporter d’éventuels conseils, lui dire qu’à nos yeux, elle fait n’importe quoi : oui. Mais la juger, en permanence, et ne faire que la rabaisser ou la critiquer : non. Je suis très certainement vieux jeu, ou bien en marge avec notre société et ses mœurs, allez savoir. Quoi qu’il en soit, c’est comme ça que je vois les choses, moi ! « T'as raison, je ne leur dois rien. Mais.... j'ai juste l'impression de tout faire mal avec Néo.», voici ce que m’explique alors la graphiste. C’est quelque chose qu’elle m’a souvent répété, et qui, comme à chaque fois, me fait lever les yeux au ciel. « Leen…. », que je lance dans un soupir, utilisant le surnom que j’emploie à son encontre, que quand la conversation prend une tournure plus sérieuse. Souvenir de notre vieille amitié, habitude qui a pris je ne sais plus trop comment, mais qui ne m’a jamais réellement quitté. « Arrête de dire n’importe quoi. Regarde un peu ton fils. », conseillé-je en inclinant la tête en direction de la cuisine, afin d’inciter la mère célibataire à jeter un coup d’œil sur son fils, occupé à faire le show auprès des adultes. Il faudrait clairement être aveugle pour ne pas voir que ce môme est choyé et qu’il ne manque – raisonnablement – de rien. Après, je ne suis pas un pro, pour ce qui est des gamins, mais je m’y connais plus que bien, en mioches élevés par un seul de leurs parents. « Il t’adore. Il a à manger tous les jours. Un toit sur la tête. Des vêtements. Il va à l’école. Il n’a pas la mère parfaite, certes, mais il n’est pas un gosse parfait, tout simplement parce que la perfection n’existe pas. » C’est peut-être pas le meilleur discours au monde. Mais je suis moi, et c’est là le mieux que je puisse faire. Eileen devra s’en contenter. Mais au moins, ce discours est sincère, les moindres paroles proférées sont véritablement pensées.

Alors que je croyais que nous allions en finir avec cette conversation pour le moins « lourde », voici que la Barclay renchéri d’un : « Dis, Amon.. ». Et là, nul besoin d’être un devin pour comprendre que la suite des choses ne sera pas forcément des plus détente. Je dépose la bouteille de vin à proximité de la corbeille de pain, focalisant mon attention sur mon amie, qui a du mal à trouver ses mots, comme l’atteste le fait qu’elle se râcle la gorge, avant de poursuivre : « .. Si jamais il m'arrive quelque chose, je ne veux pas que Néo aille vivre chez eux, ni qu'Archie le récupère. » Mes sourcils se froncent. Je ne vois pas où elle veut en venir, et dans le même temps, je vois parfaitement où elle veut aller. A la mention d’Archie, ma mâchoire se resserre, compulsivement. C’est plus fort que moi. Je ne l’ai jamais aimé. Et le temps n’a pas adouci mon opinion à son encontre. N’avoir sans arrêt été considéré que comme un rejeton, à ses yeux, ça ne m’a jamais réellement plu. Pas plus que je n’ai aimé le voir avec la blonde, il me faut l’avouer. Très certainement parce qu’il paraissait le plus à même de la rendre heureuse, et qu’ils semblaient vraiment fait l’un pour l’autre. Et mes sentiments, à l’encontre de la Barclay, faisaient que la vision de leur bonheur m’était insupportable. Il ne la connaissait même pas. J’avais pu le voir, à maintes reprises, quand je les ai vu, les deux tourtereaux. Entre des surprises qu’il lui faisait, et qui était à mille lieux de la personnalité de la blonde, et des comportements loin d’être en adéquation avec ce qu’elle était, très honnêtement, je me demandais, à l’occasion, comment et pourquoi ils étaient toujours ensemble. J’ai toutefois gardé cela pour moi, à l’époque, comme aujourd’hui, ne voulant pas nuire au bonheur d’Eileen, tandis que présentement, je préfère qu’elle continue à aller de l’avant. Et non, je ne fais pas cela parce que j’ai dans l’idée qu’elle finisse par avoir des sentiments, pour moi, jumeaux de ceux que j’éprouve pour elle. Avec le temps, j’ai fini par renoncer à cette folle idée. Avec le temps, et avec l’arrivée d’Archie, ainsi qu’avec la disparition de celui-ci…. « Il t'aime beaucoup.. S'il va pouvoir vivre avec Lexie et toi, ce serait la meilleure chose.». Je fixe la jeune femme quelques secondes, songeur, avant de finir par prendre la parole : « Si tu veux. » Sobrement. Pas besoin de faire de grands discours pour accepter une telle chose, n’est-ce pas ? Car, entre vous et moi, refuser cela me parait impensable. Non pas que j’ai souvent réfléchi à une telle situation, loin de là. « Cela dit, si tu veux officialiser ça, il faudra que tu remplisses quelques papiers, sinon, légalement, ça sera sans doute ta mère, qui en aura la garde. » Ca me semble le schéma le plus logique, étant donné que légalement parlant, Archie n’a sans doute aucun droit sur Néo. Toutefois, il pourra très certainement demander sa garde par la suite, mais non sans une longue bataille judiciaire, nécessitant un test ADN. Oui, on peut croire que je suis bizarre, à parler aussi naturellement d’un tel sujet, avec un détachement qu’on peut affecter lorsqu’on se contente de parler de la pluie ou du beau temps. Mais voilà, je suis comme ça, rationnel, trop, sans doute, pour le commun des mortels. « On ferait mieux d’y aller, ils risquent de se poser des questions ! » Surtout Lexie, en réalité, qui est très sincèrement jalouse d’Eileen, même si je n’ai jamais compris pourquoi. La Barclay et moi-même, ne sommes clairement que des amis, mais la rouquine n’a jamais réussi à assimiler cette idée-là. Elle fait partie des gens pour qui une amitié entre un garçon et une fille relève du pur mythe. Bon, j’avoue que le fait d’être amoureux d’Eileen ne joue pas en faveur de l’hypothèse « l’amitié mixte peut être possible sans arrière-pensée », mais j’illustre aussi parfaitement le schéma du mec friendzoné qui s’est fait une raison. Donc, oui, il doit exister des amitiés dans lesquelles il n’y a que de l’amitié entre les gens. Afin de bien illustrer le fait qu’il soit temps de partir, je reprends la bouteille de vin, et j’attends donc ma comparse. Heureusement que Néo fait le show, de l’autre côté, pour l’instant, notre absence n’est pas encore remarqué.

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Amon
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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Ven 21 Sep - 23:07
Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi,
je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra.
“You meet thousands of people who don't connect with you. And then you meet that one special person and your life is changed. Forever. You'll know he's someone special, when no matter what kind of mood you are in, he can always manage to make you smile.”

Si une chose est sûre, c'est qu'Amon ne porte pas vraiment ma famille dans sa plus haute estime. Ce n'est de loin pas un secret. Je le sais parfaitement, et il a raison. Ils ont été trop loin avec moi. Ils n'étaient pas là quand j'avais le plus besoin d'eux, en apprenant que j'étais enceinte. Avec ce déni de grossesse, je n'ai même pas eu le temps de me questionner sur ce que je comptais faire -si tant est qu'une telle question s'était posée dans ma tête-. Avorter ? Aller au bout de ma grossesse pour l'abandonner à l'adoption pour un couple désireux d'avoir un enfant, mais qui pour n'importe quelle raison ne pouvait pas goûter à cette vie de famille ? Évidemment, cette option m'avait été suggérer par les miens. Pour eux, c'était juste inconcevable que je prenne la casquette de mère aussi jeune, alors que j'étais encore en pleines études. Sans compter que j'étais seule, il n'aurait pas de père. Je mentirai, si je disais que je n'y ai jamais pensé. Après tout, le métier de mes rêves impliquait de longues et difficiles études, que je ne pouvais pas mener de front avec une vie de mère célibataire. J'ai pensé, oui, à laisser Néo lorsque je ne me sentais pas capable d'assumer une telle responsabilité. Sauf que plus le temps passait, et plus cette idée de l'abandonner était.. douloureuse. Bien trop. Plus, sans doute, que l'idée de devoir abandonner mes projets professionnels. Et le choix a assez rapidement été fait, au final. Se consolidant un peu plus de jour en jour. Du coup, Amon connaît très bien toutes ces étapes par lesquelles je suis passée. Et c'est lui qui était près de moi. Comme un frère ou mon père aurait du le faire. Ou comme un futur père, inquiet face à son nouveau rôle, mais si rassurant. Parce qu'il a su tout de suite, peu après lui avoir annoncé cette nouvelle que je voulais plus que tout qu'il ait une importance dans ce qui allait arriver. Et quelques années plus tard, j'en souris, en voyant que je ne me suis pas trompée à son sujet. Qu'Amon, lui, est toujours là pour moi, tout en n'ayant pas oublié à quel point ce n'était pourtant pas gagné. Et qui ne l'est toujours pas, en fait, tant je doute constamment de moi. Une crainte loin d'être nouvelle, et que je ne peux pas m'empêcher de formuler. « Leen…. » En entendant ce surnom, je deviens plus que silencieuse, baissant même ma tête pour contempler le carrelage de cette cuisine. Je sais très bien ce qu'il va bien finir par amener. Comme je l'ai dis, je le connais depuis tellement de temps. « Arrête de dire n’importe quoi. Regarde un peu ton fils. » Mes yeux suivent, presque timidement, le mouvement de tête d'Amon. Dans la pièce d'à côté, il est clair que Néo s'est improvisé comme animateur de soirée ! C'est tout lui, ça. Timide et réservé en arrivant dans un endroit fréquenté, surtout lorsqu'il ne connaît pas tout le monde. Et après.. C'est une autre histoire ! Je ne peux pas m'empêcher de sourire, légèrement, en le regardant. Il semble être emporté dans un discours bien prenant. « Il t’adore. Il a à manger tous les jours. Un toit sur la tête. Des vêtements. Il va à l’école. Il n’a pas la mère parfaite, certes, mais il n’est pas un gosse parfait, tout simplement parce que la perfection n’existe pas. » Doucement, je me mordille l'intérieur de ma lèvre tout en tournant ma tête vers Amon, pour croiser à nouveau son regard. Et oui, je pourrai lui dire qu'il se trompe. Qu'à mes yeux, Néo est non seulement pas juste parfait, mais qu'il l'est bien plus encore. Sauf que ce serait d'en parler avec les yeux de l'amour qu'une mère peut porter à son enfant. Bien sûr, il a raison. La perfection n'existe pas. Et c'est bien parce que je le connais plus que bien, mon p'tit Amon, que je ne relève même pas cette pensée d'une mère poule comme moi. Et il a raison sur un autre point : je fais au mieux pour Néo, en le plaçant toujours avant moi. Chose que mon grand ami m'a déjà reproché quelques fois, mais dont je ne peux pas m'empêcher. Et là où j'espère qu'il a raison, c'est quand il dit qu'il m'adore.

Bon, tant qu'on y est.. Je ne peux pas m'empêcher d'évoquer cette chose qui me tient assez à cœur. Avoir parlé de ce repas de famille et tout ce que ça implique, ça m'a juste remis en tête que je ne veux vraiment pas que Néo parte chez eux, s'il m'arrive quelque chose prochainement. Mes parents et ma tante sont les profils les plus extrêmes des personnes chez qui Néo ne doit pas grandir, pour moi. Bien entendu, ma mère prend, de temps en temps, son rôle de grand-mère avec perfection et s'en occupe. Mais, cela n'efface pas ce qui a bien pu se passer entre elle et moi. C'est impossible. « Si tu veux. » De simples mots qui m'arrachent un petit sourire. Lui et son père s'apparentent le plus à une famille pour Néo après tout. Après, évidemment, j'espère qu'il ne m'arrivera rien prochainement. Mais, on ne sait jamais et je préfère prendre les devants. « Cela dit, si tu veux officialiser ça, il faudra que tu remplisses quelques papiers, sinon, légalement, ça sera sans doute ta mère, qui en aura la garde. » Une remarque signée Amon, qui pourrait en faire râler bien d'autres, tant il semble être détaché face à un tel possible drame. Mais, pas moi. Puis, il a raison. Tout cela sous-entend encore de la paperasse qu'il faudra que je règle dès que possible. « T'en fais pas, je vais m'en occuper. » que je lui réponds, tout en repoussant un peu plus ce long couteau, histoire que de petites mains ne puissent pas l'attraper. « Il fallait juste.. que je sois sure. Que tu sois d'accord. » A m'entendre, j'avoue qu'on dirait que je parle comme si j'allais mourir demain ! Qui sait, comme dit ? C'est peut-être le cas ? « On en reparlera.. » Plus tranquillement, et après quelques renseignements pris à droite et à gauche à ce sujet. Pour que tout soit plié le plus rapidement possible. Mon regard sur ce panier de pain, je l'entends alors ajouté « On ferait mieux d’y aller, ils risquent de se poser des questions ! » Des mots que j'approuve d'un petit signe de tête. Même si j'aime bien être là, à parler avec Amon. Plutôt que dans cette autre pièce. Sans vraiment savoir pourquoi j'ai du mal à être juste moi.

Le repas se poursuit et se termine, alors que je reste assez silencieuse à table. Je me contente de répondre à des questions qu'on peut me poser, à approuver ou à réfuter certaines choses, d'un petit mot ou d'un signe de la tête. Heureusement, on ne semble pas trop s'inquiéter de mon silence. Cette table est bien assez animée sans que je ne sois contrainte de m'y mettre à mon tour. Et finalement, après avoir aidé à débarrasser la table, j'ai un petit Néo transformé en glu sur pattes qui vient vers moi, pour s'accrocher à moi. « Et bah, mon p'tit chat. T'es bien fatigué, là. » que je lui dis à voix basse, tout en me penchant vers lui pour le prendre dans mes bras. C'est qu'il commence à faire son petit poids d'ailleurs ! Le temps de ses quelques petits kilos est révolu, depuis un bon moment. Il ne tarde pas à se lover contre moi, ce qui m'arrache un petit sourire, alors que je dépose un baiser sur son front, au moment même où mon regard croise celui d'Amon, un peu plus loin, qui échange encore quelques mots. Je ne peux pas m'empêcher de le regarder, tout en bordant mon petit Néo contre moi. Et ça, je me l'explique simplement parce que j'attends juste qu'il termine sa conversation pour aller le saluer. Rien d'autre, hein. Ounas vient, d'un coup, près de moi, tout en passant délicatement l'une de ses mains dans les cheveux d'un Néo au bord du sommeil, qui lutte pour garder ses petits yeux encore ouverts. Jacob est déjà parti, depuis une petite demi-heure, même s'il a encore insisté pour nous ramener. Sauf qu'il a du partir plus vite que prévu. Visiblement, son coloc avait oublié ses clés, ce qui l'avait bien évidemment un poil vexé. « On va bientôt y aller. Je vais chercher nos affaires, ne bouge pas. » qu'il me dit, alors que je le remercie d'un léger sourire, l'attendant toujours assise sur le canapé, et Néo contre moi. Et j'attends, ainsi, tranquillement, qu'Amon ait terminé son petit échange pour le saluer.

©️ Mister Hyde

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Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen

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