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 Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen
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Métier : Etudiant joaillier, ainsi que bénévole dans la soupe populaire ouverte par mon père, et je suis aussi tuteur scolaire, en primaire ou en collège, ça dépend d'où on a besoin de moi.

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Sujet: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mar 16 Jan - 22:29
Eileen & Amon
Admirant ses longs cils, il se fit la réflexion qu'il ne passerait alors jamais assez de temps à la regarder. Il l'avait dans la peau. Comme un tatouage. C'était irrémédiable. Définitif. Rien ne pourrait l'effacer. Elle était ancrée en lui pour toujours, et cela ne dépendait ni de lui, ni d'elle. (Alfreda Enwy)


Le jour J est arrivé : aujourd’hui, c’est la pendaison de crémaillère. La 1ère que j’organise pour moi, même si elle n’est pas que pour moi, mais concerne également Lexie. Au cours des derniers jours, nous avons été de corvée de carton. Il y a quelques semaines de cela, certains de nos amis sont venus nous filer un coup de main, pour tout déménager, et ramener les cartons dans ce nouvel appartement. Certains sont revenus, dernièrement, pour nous aider à tout installer. Et bien entendu, parmi ces personnes venues nous filer un coup de main, se trouvait Eileen. Ce qui n’a pas forcément plu à Lexie, qui a toujours ressenti une vive jalousie à l’encontre de la blondinette. J’ai beau lui dire tout ce que je veux, ça ne change rien… A la longue, j’ai lâché l’affaire, lui faisant juste comprendre qu’elle avait intérêt à éviter de se montrer injustement froide envers l’Irlandaise, qui ne voit en moi qu’un très bon pote. Ca ne règle pas forcément les choses, mais dès qu’il est question de la mère célibataire, Lexie perd étrangement toute raison.

La fête a commencé depuis quelques heures, nos convives étant arrivés au compte-goutte. Bien entendu, Eileen est venue en compagnie de son fils, et bien entendu, ça a ravivé un agacement en Lexie. Elle est agacée de savoir que je ne veux pas d’enfants pour l’instant, alors que j’agis presque comme un père à l’encontre de Néo. La rousse m’a bien fait savoir – et comprendre – qu’elle songeait à avoir un enfant. A quelques années de ses 30 ans, elle veut avancer dans la vie : elle me l’a assez répété. Tout comme je lui ai assez répété qu’elle venait à peine de fêter ses 27 ans, et qu’elle avait encore le temps. Cependant, je vois bien la façon avec laquelle elle regarde la 2nde chambre que nous avons, dans notre nouveau et récent chez-nous. Mais je lui ai dis qu’un enfant ne figurait pas dans mes projets, pour l’instant. De fait, me voir aussi présent pour le marmot de la blondinette, et pour celle-ci, déplaît à Lexie. Ce soir, par contre, elle a fait un effort, lançant un léger sourire à Eileen, et offrant un petit cadeau à Néo, en compensation des heures que sa mère a pu passer à nous aider, au lieu de s’occuper seulement de lui. Par chance, elle apprécie le môme, à défaut d’apprécier sa mère…

Le buffet froid que l’on sert a été préparé par Ounas, mon père. Il sait que je n’apprécie pas de rester derrière les fourneaux, et que je suis loin d’avoir son talent pour la cuisine, tandis que Lexie a de grosses journées, même si elle aime cuisiner. Cependant, ça faisait plaisir à mon père de cuisiner. Je crois qu’il tente, de son mieux, de rattraper le temps perdu. Ca me fait sourire, de le voir déambuler parmi les invités, qui sont composés, pour la plupart, d’amis à Lexie. Je ne me voile pas la face : je suis moins sociable qu’elle, même si je m’entends aisément avec son entourage, ayant toujours eu plus de facilité à me faire apprécier des personnes plus âgées que moi.

Attrapant une coupelle, je la remplis de salade de fruits – fraîche, bien entendu – avant d’apercevoir Néo, qui semble s’ennuyer, tout seul. Je prends une petite cuillère, et file le rejoindre. Occupé à dessiner, il m’accorde un intérêt limité, alors que je ne peux m’empêcher de lui faire savoir que la fleur qu’il dessine est bien trop grosse et grande, par rapport à la maison à côté de laquelle il l’a dessiné. Cela peut vous paraître mesquin, comme remarque, pour un gosse de son âge, mais j’ai toujours détester que l’on me parle comme à un mioche, quand j’avais son âge. Et même par la suite. Aussi aies-je pris la décision de ne jamais traiter un enfant comme un môme, mais à leur parler comme je parlerais à n’importe qui. Et une telle remarque, dans le fond, vise surtout à l’aider à s’améliorer en dessin. Nous échangeons quelques paroles, avant que je ne vois que sa mère est en pleine conversation avec Jacob. Aussi étonnant que ça puisse paraître, celui-ci est en effet venu prêter un coup de main, lors de l’emménagement. A ce titre, il a été invité à la soirée, même si je ne l’apprécie pas le moins du monde. Je me doute cependant fortement qu’il est venu, en ces diverses circonstances, pour garder un œil sur Eileen. Il ne faut pas être aveugle pour voir qu’il aimerait être plus qu’un ami, pour elle, plus que le meilleur ami de son 1er amour. Mais je suis aveugle, car je ne remarque pas réellement qu’il agit ainsi car il est jaloux de moi. Pour moi, il fait juste cela pour marquer des points auprès de l’Irlandaise, et non pour éviter que je ne la lui vole. Mais que pourrais-je voler ? Eileen, comme je l’ai déjà dit, ne voit en moi qu’un bon pote. Et rien d’autre. Je m’y suis fait, avec le temps. C’est loin d’être agréable, mais c’est ainsi…

Je retourne à ma conversation avec Néo, celui-ci m’interrogeant sur la dernière histoire que je lui ai narré. Encore une légende, vous vous en doutez. Et c’est en pleine conversation, que finit par débarquer Eileen. Suivit par Jacob, tel un toutou. « Tu sais, si tu veux rentrer, tu peux. Te force pas à rester. », fis-je avoir à l’intention de Jacob, qui venait quand même de déclarer à la blonde qu’il s’ennuyait ferme, à cette soirée, et qu’il commençait à être fatigué. Qu’il parte, ça sera bien mieux pour tout le monde. Et surtout pour moi : je n’aurais pas à supporter sa présence, et encore moins à devoir supporter de le voir ainsi coller la blonde. Je n'ajoute rien d'autre à son encontre, me concentrant sur Eileen, que je remercie - une fois encore - pour son aide apportée, avant de terminer ma délicieuse salade de fruits.

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Amon
L’amour non partagé est la malédiction infinie d’un cœur solitaire.
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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mer 24 Jan - 0:27
Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi,
je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra.
“You meet thousands of people who don't connect with you. And then you meet that one special person and your life is changed. Forever. You'll know he's someone special, when no matter what kind of mood you are in, he can always manage to make you smile.”

S'il y a bien une chose que je ne pouvais pas louper ces derniers temps, c'était bien l'emménagement d'Amon dans son propre appartement. Déjà parce qu'il m'a lui même aidé à m'installer lorsque Néo et moi sommes partis de chez son père et lui, mais surtout parce que c'était, juste.. Impensable. Il n'y a même pas à débattre sur les raisons qui m'ont poussé à lui filer un coup de main, en fait. Des moments à déconner, d'autres un peu plus sportifs.. Tout s'est superbement bien passé mine de rien, et même si c'est toujours très éprouvant, je me doute que ma petite pointe de fatigue n'est rien comparée à celle que peut se prendre Amon en pleine face. Après tout, il avait encore un bon nombre de cartons à déballer et à ranger. Certes, il n'était pas seul contrairement à moi.. Mais, quand même. Puis bon, cet emménagement semble bien plaire à Néo aussi, puisqu'il aura sa petite chambre rien qu'à lui lorsqu'il devra dormir chez son parrain. A croire qu'une chambre à retourner avec ses jouets ne lui suffit pas, j'en plains Amon d'avance. Cela me plaît, vraiment, de voir qu'ils s'entendent aussi bien. Et ça me rassure, aussi, dans un sens. Et oui, je sais très bien que l'absence d'un père dans la vie d'un jeune garçon n'est pas toujours évidente à gérer et à comprendre. Je l'ai bien vu avec Amon. Mais, plus le temps passe et moins j'ai le courage de révéler l'existence de Néo à Archie. Pourtant, j'ai bien conscience qu'on risque de le croiser au détour d'une rue, un beau jour. Mais, je n'y arrive pas. Après tout, pour lui, les choses sont claires comme il me l'a fait comprendre dans son dernier mail, il y a déjà des années de ça. C'est très certainement égoïste de ma part, je le reconnais. Mais.. Pas tout de suite. Je sais qu'arrivera un jour où il me posera un tas de questions au sujet de son père. Ce sera déjà assez compliqué à ce moment-là. Inutile de griller l'insouciance de ses plus jeunes années..

Comme à chaque fois qu'on s'apprête à voir Amon, Néo est limite survolté. Et c'est d'autant plus vrai avec cette petite ambiance presque festive qui se tient dans le nouvel appartement du grand brun. C'est assez difficile pour moi d'aller vers les gens, depuis que je reste quasiment tout le temps chez moi pour m'occuper de Néo, de mes boules de poils et pour mon boulot. Disons que ça marque une bonne différence avec qui j'étais avant. Sans doute est-ce simplement le poids de responsabilités qui me sont tombées dessus, certainement un peu plus tôt que prévues ? Je n'en sais trop rien. Puis, bon. A tout cela s'ajoute aussi certains regards que peuvent me lancer quelques amies de Lexie et contre lesquels j'ai juste envie de creuser un trou pour m'y planquer. Je ne sais pas ce que je leur ai fait, sérieusement. Mais, ça se sent qu'elles ne semblent pas me porter dans leurs cœurs pour un fait que j'ignore totalement et qui me dépasse. Toujours est-il que je laisse Néo gambader dans l'appartement à sa guise, après lui avoir enlevé sa petite veste, que je n'ai pas tardé à laisser avec la mienne sur le dossier d'une chaise. Bien entendu, ça me fait sourire de voir le père d'Amon être présent pour ce petit moment de détente d'après déménagement. Et tout se passe finalement plutôt bien.

Après un bon moment, Jacob, lui aussi de la partie, ne tarde pas à venir vers moi. Bon, certes, il n'a jamais été bien loin. Mais, sans doute est-ce juste parce que je suis juste celle qu'il connaît le plus ? Mauvais argument, je le reconnais. Jacob n'est pas comme moi. Lui, il est tellement plus extraverti. A mes yeux, c'est assez déroutant.. « Je vous ramène ? » qu'il me demande, alors que mon verre est presque vide et après m'avoir expliqué, pendant un petit moment mine de rien, qu'il tourne en rond à ne pas savoir quoi faire et qu'il a juste envie d'aller dormir. Lançant un regard autour de moi, juste pour voir où est Néo et comment il se porte, je finis par le voir en grande discussion avec Amon, visiblement. Ce qui m'arrache un léger sourire et qui rend un Jacob un poil nerveux, l'obligeant à se décaler un peu pour attirer mon regard, l'air de rien. « Néo ne va clairement pas vouloir partir, alors qu'il semble être en grande discussion. » Une réponse lancée avec une voix à peine amusée, et qui n'attend qu'une confirmation du principal intéressé. Voilà pourquoi je m'avance vers Amon et Néo, laissant s'échapper un nouveau sourire du coin des lèvres aux deux bavards. Tout en remettant une mèche de cheveux un peu rebelle délicatement en place chez Néo, Jacob en remet une couche en se répétant. Sans doute celle de trop, ou celle qui n'a pas franchement plu à Amon.. « Tu sais, si tu veux rentrer, tu peux. Te force pas à rester. » Des mots lancés qui semblent clouer Jacob sur place. Je ne vois pourtant pas sa tête, restant face à Néo qui m'offre un petit câlin comme il en a le secret, me tournant légèrement vers Amon et plus encore vers Jacob. « Il n'y a pas que moi de crevé, autant que j'en profite pour ramener Eileen et Néo. » Levant les yeux au ciel, j'en viens à me demander si j'ai oublié de demander la permission de minuit ou si je risque de voir ma tenue se transformer en sac à patates d'ici peu. « J'suis pas fatigué ! » que ne tarde même pas à râler mon p'tit gars, qui fronce des sourcils, de peur d'être arraché à son histoire façon Amon. Il est assez .. expressif. Sans doute sent-il aussi que Jacob tente de prendre un peu d'ascendant sur nous deux, depuis un moment en fait et qui m'échappe quand même un peu, puisque je me contente de me dire qu'il n'agit que comme l'ancien meilleur ami d'Archie.. « T'en fais pas pour nous, on trouvera bien quelqu'un pour nous ramener, si t'es vraiment crevé. » que je lui indique, passant l'une de mes mains dans les cheveux de Néo, qui semble se dérider un peu en comprenant qu'on n'allait pas encore rentrer. Tournant mon attention vers Amon, qui m'avait remercié entre temps, j'hausse doucement les épaules. « Ne me remercie pas, c'est normal. » Et c'est plus que sincèrement que je lui réponds ces quelques mots. Après tout, il a déjà tellement fait pour moi, que je n'ai même pas l'impression de lui rendre tout ce qu'il peut me donner. Et je suis loin du compte..

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Ven 9 Fév - 1:29
Eileen & Amon
Admirant ses longs cils, il se fit la réflexion qu'il ne passerait alors jamais assez de temps à la regarder. Il l'avait dans la peau. Comme un tatouage. C'était irrémédiable. Définitif. Rien ne pourrait l'effacer. Elle était ancrée en lui pour toujours, et cela ne dépendait ni de lui, ni d'elle. (Alfreda Enwy)


Bien évidemment, Jacob tente de faire entendre raison à Eileen, ou plutôt, sa raison, en arguant qu’il est fatigué, et que la blonde doit l’être également, comme son fils. Ce raisonnement, tiré par les cheveux, ne reposant sur rien de solide, me voit juste lever les yeux au ciel. Avec peine, je retiens une réplique visant à souligner à quel point ses propos ne tiennent pas debout, mais je n’ai pas de temps à perdre, avec lui, que ce soit ce soir, ou en général ! « T'en fais pas pour nous, on trouvera bien quelqu'un pour nous ramener, si t'es vraiment crevé. », rétorque finalement la blonde, à l’intention de Jacob. Celui-ci ne parait pas des plus enchanté de cette nouvelle. Croisant les bras, un brin boudeur, il semble bien décidé à attendre que la mère célibataire change d’avis. Je préfère encore une fois ne rien dire, concentré sur la dégustation de ma salade de fruits. On m’a dit à maintes reprises que parfois, il fallait que je tente de filtrer mes pensées, pour ne pas les oraliser, alors, je tente d’appliquer ce conseil, bien que je n’en voie guère l’intérêt. Mais on m’a assez dit comme ça que ma franchise est parfois un peu trop… franche…  « Ne me remercie pas, c'est normal. », me dit Eileen, quelques secondes plus tard. Ca me fait esquisser un léger sourire, accentuer par l’agacement qui parait ressortir des moindres porcs de la peau de Jacob. Celui-ci n’a jamais compris pourquoi Eileen restait amie avec moi, vu notre écart d’âge. Je le sens parfaitement, il ne s’est jamais privé pour m’en parle. Etonnamment, il n’en a jamais fait la moindre allusion face à la blonde. Il est aussi courageux qu’Archie, on dirait bien. Mais ça n’est pas mes affaires. Et je ne vais certainement pas en parler de moi-même à la blonde. Je suis bien assez grand pour m’occuper de telle chose tout seul, même si, dans le fond, je ne m’y prends sûrement pas de la meilleure façon qui soit. Surtout pas avec des types comme Jacob, qui ont vite tendance à vouloir rouler des mécaniques, pour montrer leur supériorité sur l’autre. Il n’a jamais tenté de se battre avec moi, mais il a souvent œuvré pour m’impressionner, me faire comprendre que je n’étais qu’un gringalet, qu’un gosse, face à lui, et même face à son pote Archie, avant que celui-ci ne prenne la route. « Tout le monde n’aurait pas accepté de venir filer un coup de main pour une mission aussi peu agréable qu’un emménagement ! ». Ca, on a pu le remarquer, avec Lexie. Rare ont été les personnes à répondre présentes quand on a sollicité leur aide. Plus rare encore ont été ceux qui se sont présentés tout seul, avant même qu’on ne cherche de la main d’œuvre. Et Eileen fait partie de la 2nde catégorie de personne, venant d’elle-même, faisant savoir qu’elle était là, si besoin. « Certains ont plus rechignés que d’autres ! », ajouté-je, avec un petit sourire et un clin d’œil, à l’intention de Néo, faisant allusion à Jacob, qui ne s’est pas privé pour râler à tout va, alors même qu’il est venu sans que Lexie ou moi-même n’ayons demandé son aide. Et avec Néo, ça nous avait bien amusé, de l’entendre se plaindre, alors que le gamin s’amusait comme un fou, notamment pour déballer les cartons qu’on lui laissait le droit de déballer. Ca lui plaisait, visiblement, de pouvoir s’essayer à la décoration de mon nouvel appart’.

Me levant pour aller ramener ma coupelle désormais vide de sa salade de fruits, j’ajoute : « Et si besoin, mon père peut les ramener, quand il partira aussi. Ou je peux aussi m’en charger sans souci. Sans oublier qu’il y a une autre chambre dispo, alors crois-moi, Jacob : si tu veux rentrer, tu peux, rien ne te retiens ici ! ». Certains ne se seraient pas privé de bien le regarder dans les yeux, en lui disant cela. Comme pour bien lui faire comprendre ce qu’ils venaient de dire. Mais ça n’est pas mon cas. Déjà, parce que ça ne me ressemble pas. Et aussi parce que j’ai clairement mieux à faire que lui indiquer de la sorte qu’il peut partir sans prétexter avoir à atteindre la mère célibataire et son fils. Au lieu de ça, je me dirige vers la table, à quelques pas de là, pour y déposer ma coupelle. Ce faisant, je croise mon père, à qui j’adresse un sourire : « Tu t’es encore surpassé, ce soir ! ». J’apprécie vraiment la cuisine de mon père. Et ça n’est en rien uniquement lié au fait qu’il soit mon père, bien au contraire. Je suis assez franc pour dire à mon entourage quand je n’aime pas ce qu’ils font. Il se trouve juste que je suis toujours très étonné de voir que le talent de mon père n’est pas reconnu à son juste titre.

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mar 27 Fév - 12:00




Eileen, Amon, Qeb


Il avait retrouvé son espoir et son avenir lorsqu’il avait retrouvé sa descendance. Ils en avaient vécu des choses tous deux. Et pourtant, il allait bientôt se retrouver de nouveau seul. Une vie entière ne suffirait sûrement pas à conforter l’égyptien à l’idée qu’il avait récupérer son fils. Pourtant, il était là aujourd’hui, présent pour voir sa progéniture s’envoler doucement vers sa nouvelle vie. Il n’avait pas pu être présent dans le passé. Il s’était juré d’être présent dans l’avenir.

Avec ses presque deux mètres de haut, le cuisinier regardait son fils avec la même tendresse qui caractérisait ce géant. Son regard déviait vers celle qu’il considérait sûrement comme sa fille, sans que son regard tendre ne disparaisse. Il avait ouvert sa porte et son cœur à Eileen et son petit bout. Il n’avait pas fait ça seulement pour son fils, mais pour lui-même aussi. Qeb les regardait ainsi, à tour de rôle. Bien que son appartement serait vide sans Amon, il était heureux de partager ce moment avec eux. Un léger sourire en coin se glissa sur son visage alors qu’il baissait la tête vers ce qu’il préparait. Être grand-père à quarante ans ne l’enchanter guère. Cependant, si son fils réussissait enfin à faire comprendre à la blonde ses réels sentiments, s’occuper de Néo comme le ferait un grand-père ne serait sûrement pas désagréable. Mais pour ça, il devait laisser Amon se débrouiller seul.

L’égyptien regardait du coin de l’œil le combat de coq qui se passait dans le salon. Amon se débrouillait très bien pour se défendre. Et puis, soyons franc, c’était quelque peu cocasse à regarder et écouter. Cependant, Qeb restait prêt à intervenir si cela venait à un peu trop s’envenimer.
Le père de famille continuait de s’apprêter dans la cuisine, rangeant les ustensiles qu’il avait offert au jeune couple. Il sortit tout de même la tête de l’entrebâillement de la porte de la cuisine lorsqu’il entendit qu’on le mêlait à la conversation. Ses longs cheveux pendants, il hocha tout de même la tête en entendant son fils. Il soupira très légèrement avant de se diriger vers la table pour récupérer les coupelles vides. Lorsqu’il croisa Amon, il accepta son compliment avec joie, lui offrant un sourire empli de dents blanches. « Si tu essayais, tu saurais faire encore mieux que moi niveau cuisine. » Sans être de la fausse modestie, Qeb était sincère. Il aimait la cuisine autant que la musique. Il sait simplement que faire quelque chose que l’on apprécie rend les choses plus simples. L’homme exotique se tourna cependant vers Eileen et Néo ainsi que vers le jeune homme qu’il ne connaissait pas vraiment. « Je ne compte pas dormir chez mon fils. Si tu es fatigué mais que Néo et Eileen veulent rester encore un peu, je les ramènerai avec plaisir. » L’égyptien fit un petit clin d’œil complice au petit garçon qui lui souriait. « Bon ! Il n’y a plus grand-chose à faire je crois, mis à part mettre en place toute la déco. Je pense que c’est le bon moment pour passer à table ? » Comme à son habitude, Qeb avait cuisiné pour tout un régiment. « Quelqu’un vient me donner un coup de main en cuisine ? » Il n’appuya pas vraiment ses dires pour inciter quelqu’un en particulier. Que ce soit Eileen ou son fils, il aurait de quoi discuter avec les deux. Il ne voulait pas interférer entre eux, mais au final, il fallait bien donner un coup de fouet à cette histoire s’il voulait voir son fils pleinement heureux un jour.


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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Lun 12 Mar - 11:26
Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi,
je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra.
“You meet thousands of people who don't connect with you. And then you meet that one special person and your life is changed. Forever. You'll know he's someone special, when no matter what kind of mood you are in, he can always manage to make you smile.”

Avec Jacob dans les parages, il serait assez facile de penser que tout risque de partir dans n'importe quel sens. Même si je sais très bien qu'il n'est pas un ami très proche d'Amon, je ne saisis pourtant pas les subtilités de leur joute inconsciente. Disons que tout me paraîtrait assez fou. Je ne pourrai décemment pas envisager la moindre histoire avec Jacob, vu son statut d'ancien meilleur ami d'Archie, tout comme cela me paraît tellement improbable qu'Amon puisse s'intéresser à moi plus qu'en tant que simple amie. Surtout qu'il est casé. Donc, ouais. Cela risque d'être synonyme de grands changements lorsque toute notre situation pourra enfin évoluer, comme elle aurait du le faire il y a des années de ça. Lorsque j'étais encore chez nous, dans ce pays si éloigné qui est celui de nos racines. En tout cas, ce ne va pas être Néo qui s'en plaindra, de loin pas. Il aurait enfin une figure paternelle près de lui, ainsi qu'un grand-père gâteaux d'une rare gentillesse. Mais, on n'y est pas encore. Là, ce n'est pas notre emménagement qu'on fête après tout. Et le regard que me lance sa nana ne peut que confirmer un tel sentiment. « Tout le monde n’aurait pas accepté de venir filer un coup de main pour une mission aussi peu agréable qu’un emménagement ! » Haussant doucement les épaules, mon regard dérive inconsciemment vers Jacob qui peste en silence face à cette remarque. Pour moi, c'était juste normal de venir aider Amon, vu tout ce qu'il a pu faire pour moi avec son père. Cela n'aurait tout simplement pas été correct de ma part de lui tourner le dos ou de prétexter n'importe quelle raison décalée pour ne pas aider. Même si je n'ai ni la carrure ni la force d'un déménageur de l'extrême ! « Certains ont plus rechignés que d’autres ! » Un ajout qui fait pouffer de rire Néo, m'obligeant à lever les yeux au ciel. Jacob, lui, n'a pas réellement apprécié le sous-entendu, même s'il fait genre de n'avoir rien entendu. « Moi, je t'ai aidé ! » que le petit répond avec enthousiasme, même s'il n'était là que pour les derniers moments surtout, lorsque les cartons se faisaient plus légers. Les voir plaisanter de la sorte, ça me plait assez d'ailleurs, vu le sourire perçant mes lèvres. « Sans ton aide, mon p'tit chat, on y serait encore ! » Petite remarque, amusée mais surtout attendrie que je lance à ma petite tête brûlée, tout en passant une main dans ses cheveux. Et non, je ne lorgne pas vers Amon. Non. Un Amon qui se lève, d'ailleurs. « Et si besoin, mon père peut les ramener, quand il partira aussi. Ou je peux aussi m’en charger sans souci. Sans oublier qu’il y a une autre chambre dispo, alors crois-moi, Jacob : si tu veux rentrer, tu peux, rien ne te retiens ici ! » C'est fou, mais le visage de Jacob semble se décomposer à mesure que le maître des lieux énonce les recours de secours possible. Mais ça, je n'y fais pas attention pas plus qu'à ce qu'il peut répondre, les dents serrées, à Amon lorsqu'il passe non loin de lui, ressemblant à une acceptation qui lui coûte assez. Mon regard se dirige vers Qeb non loin de là, même si mon attention se recentre vite sur Néo alors qu'Amon échange avec son père. « M'man ! Y'a du chocolat ? » Une question qui m'amuse, alors que je repasse à nouveau une main dans ses cheveux, histoire de les remettre un peu en forme. « Je ne sais pas. Tu devrais demander à Qeb. » Le petit a le regard qui s'illumine, forcément, se doutant tellement que Qeb ne pouvait pas oublier son goût prononcé pour toute gourmandise chocolatée. « Je ne compte pas dormir chez mon fils. Si tu es fatigué mais que Néo et Eileen veulent rester encore un peu, je les ramènerai avec plaisir. » qu'il dit alors. Il n'en faut pas plus pour que Néo sautille presque sur place, évitant de justesse mes pauvres petits pieds. « D'accord.. » que le grand marmonne dans sa barbe. Jacob se résigne face à ce duo père/fils qui ne lui laisse pas réellement le choix de s'exiler un peu plus loin, juste histoire de. Je ne peux pas m'empêcher de laisser un regard filer vers Amon, comme si je me sentais coupable de l'attitude de ce Jacob impatient. Ou plutôt frustré. « Bon ! Il n’y a plus grand-chose à faire je crois, mis à part mettre en place toute la déco. Je pense que c’est le bon moment pour passer à table ? » Forcément, Néo ne rate pas l'occasion pour s'écrier d'un petit : « On mange du chocolat ? » à peine impatient de tomber nez à nez avec cette douceur sucrée. Son enthousiasme m'oblige à secouer la tête de gauche à droite, même s'il m'amuse plus qu'autre chose. « Quelqu’un vient me donner un coup de main en cuisine ? » Je finis alors par lâcher Néo, lâchant un petit « J'arrive ! » à l'attention du père d'Amon. Mais, avant de le rejoindre vers les cuisines, je m'approche de son fils, allant jusqu'à poser une main sur son bras. Geste pourtant presque fraternellement platonique -quoique..-, mais qui me vaut de me faire littéralement tuer du regard par une certaine personne. « Reste par ici, je vais aider ton père. » que je lui dis avec un léger sourire. Et avant même que je ne me décide à rejoindre Qeb, voilà que la rousse débarque pile à côté d'Amon voulant lui parler, visiblement, me forçant même presque à détourner inconsciemment le regard. Moi, je me contente, du coup, de rejoindre la cuisine. C'est fou de me dire que je suis aussi aveugle que ça pour ne rien voir, alors que d'autres le sentent pourtant. « Besoin d'un coup de main ? » Petite question dont je connais, bien entendu, la réponse. Mais qui est une façon comme une autre de faire comprendre au père que je suis là pour l'aider. Pendant ce temps, Néo, en profite pour rejoindre Amon, tirant sur sa manche pour attirer doucement son attention. Avec sa tête de petit tout triste, il ne tarde même pas à lui faire savoir une petite chose. « Amon ! Je meurs de soif.. Tu peux me donner à boire ? Steuplait ? » Allez savoir s'il ne veut juste pas détourner l'attention du maître des lieux de sa propre nana en agissant de la sorte. Peut-être que lui aussi, il voit des choses de son regard d'enfant qui m'échappent pour le moment.

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mar 20 Mar - 1:22
Eileen & Amon
Admirant ses longs cils, il se fit la réflexion qu'il ne passerait alors jamais assez de temps à la regarder. Il l'avait dans la peau. Comme un tatouage. C'était irrémédiable. Définitif. Rien ne pourrait l'effacer. Elle était ancrée en lui pour toujours, et cela ne dépendait ni de lui, ni d'elle. (Alfreda Enwy)


Remettre Jacob en place, ça fait du bien, mine de rien. Certains feraient pire que moi, pour bien montrer que l’autre ne l’impressionne pas. Mais ça n’est pas dans mon caractère, alors je reste assez soft. « Moi, je t'ai aidé ! », s’interpose le petit Néo, me faisant esquisser un sourire à son attention. Au moins, lui, il a moins, il n’a pas fait son chieur, durant le déménagement, même si j’ai conscience que c’est loin d’être un truc passionnant, ça, du moins, pour la plupart des gens. Disons que ça me permet d’organiser les choses : le rangement, l’ordre, j’aime ça ! « Sans ton aide, mon p'tit chat, on y serait encore !», glisse Eileen à l’intention de son fils, peu de temps avant que je ne me lève, et ne finisse par ajouter un mot en direction de Jacob, évoquant la possibilité que mon père ramène la mère et son fils à l’issue de la soirée. Et comme pour bien entériner son envie de rester, Néo interroge sa mère : « M'man ! Y'a du chocolat ? ». De vous à moi, je n’ai jamais compris la passion des gamins pour toutes les substances sucrées de ce genre. D’aussi loin que remontent mes souvenirs, ça ne m’a jamais attiré. J’ai toujours préféré les trucs naturels, comme les fruits, ou, à la rigueur, de rares confiseries « naturelles ». Bouffer des trucs chimiques, ça n’a jamais été dans mes goûts ! Et ça a contribué à me mettre plus encore à l’écart des marmots de mon âge ! « Je ne sais pas. Tu devrais demander à Qeb. », lui répond sa mère.

Je n’accorde pas vraiment d’attention à tout ce qui se trame, préférant me focaliser sur mon père. J’ai toujours un peu de mal à réaliser qu’il est bien en face de moi, même si j’ai vécu quelques années avec lui. Disons qu’avoir été séparé de lui durant toute mon enfance et une partie de mon adolescence, ça laisse des séquelles. De plus, il n’est pas rare que je m’étonne du peu de ressemblances qui existent entre nous. Pas de doute, pourtant, c’est bien mon père, mais la génétique donne parfois des résultats pour le moins surprenant. Autant vous dire que lorsque j’ai fais la rencontre des proches de mon père, beaucoup ont eu du mal à se faire à l’idée que je n’étais pas qu’un imposteur, qui pouvait en vouloir après son argent ou autre connerie ! « Je ne compte pas dormir chez mon fils. Si tu es fatigué mais que Néo et Eileen veulent rester encore un peu, je les ramènerai avec plaisir. ». Un infime sourire point sur mes lèvres, plus par satisfaction de voir que mon père est toujours prêt à rendre service à Eileen et à son gosse, que par plaisir de voir qu’il a contribué à moucher Jacob ! « Bon ! Il n’y a plus grand-chose à faire je crois, mis à part mettre en place toute la déco. Je pense que c’est le bon moment pour passer à table ? ». Approuvant les dires de mon père, j’hoche positivement la tête, tandis que Néo ne se prive pas pour savoir si : « On mange du chocolat ? ». Ce qui est plus que probable, Qeb sachant à quel point le marmot adore le chocolat, il serait bien capable d’avoir fait un dessert à cette saveur, pour lui faire plaisir. « Quelqu’un vient me donner un coup de main en cuisine ? », lance alors mon père à la cantonade. Et avant même que j’ai le temps de lui proposer mon aide, voilà qu’une certaine blonde me coupe l’herbe sous le pied (j’aime les expressions de ce genre !), en faisant savoir : « J'arrive ! », non sans faire un petit arrêt vers moi, pour me dire : « Reste par ici, je vais aider ton père. ». On pourrait croire que je suis troublé de sentir son geste à mon encontre. Je l’aurai été, à une époque. Depuis, j’ai appris à me faire une raison, et comprendre qu’elle ne me verrait jamais autrement que comme un très bon ami, au mieux, un frère de cœur. Pourtant observateur, je ne remarque pas réellement que le visage de Lexie parait comme se décomposer. Au point de finir par se piquer à mes côtés. « Mes parents se garent : ils arrivent. », me souffle-t-elle, tandis qu’Eileen s’éclipse vers mon père, pour l’aider en cuisine. « Amon ! Je meurs de soif.. Tu peux me donner à boire ? Steuplait ? » J’adresse un signe de tête positif à l’attention de l’enfant, avant de me tourner vers la rousse : « Je te laisse les accueillir alors. » Je ne rajoute rien, estimant qu’il est aisé de comprendre la répartition des tâches que je propose : elle qui s’occupe de ses parents, moi qui m’occupe de mon filleul.

Ne me souciant désormais plus de Lexie, je ne prends pas conscience de son manque d’engouement face à ma suggestion. Résignée, elle se tourne vers la porte d’entrée, prête à ouvrir la porte du bâtiment à ses parents, lorsqu’ils sonneront depuis le palier de celui-ci. De mon côté, je me dirige donc vers la cuisine, Néo derrière moi, afin de pouvoir lui donner de quoi se désaltérer. J’attrape un verre (ils sont rangés bien trop haut pour qu’il y accède seul), non sans avoir proposé au gosse de : « Ouvre le frigo, et sort ce que tu veux ! », lui laissant ainsi le choix de la boisson. « Amon, tu peux venir, s’te plaît ? », m’interpelle Lexie, alors que Néo a enfin sorti ce qu’il voulait boire, et que j’ai déposé son verre sur la table. « J’arrive ! », m’écrié-je, en direction de Lexie, pour finalement me retourner vers Néo et le missionner de : « Tu peux surveiller ces deux-là pour moi ? Ils agissent parfois comme de vrais gosses, ensemble ! », en lui désignant mon père et sa mère, avec un léger sourire en coin. Il faut admettre que parfois, laisser Qeb et Eileen « seuls » donnent lieu à des scènes relativement mythiques, tant ils s’entendent bien. Evidemment, je ne m’en plains pas ! Et c’est donc sur ces paroles que je quitte la pièce, pour aller vers la rousse, qui m’a appelé jusqu’à elle afin que j’accueille les derniers arrivants : mes beaux-parents. Et je discute donc avec eux, le temps que tout soit entièrement prêt.

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Ven 13 Avr - 21:41
Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi,
je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra.
“You meet thousands of people who don't connect with you. And then you meet that one special person and your life is changed. Forever. You'll know he's someone special, when no matter what kind of mood you are in, he can always manage to make you smile.”

Même si je ne remarque pas certaines évidences, il est pourtant clair que Jacob semble assez.. Bizarre quand Amon n'est pas bien loin. Ce n'est tout de même pas pour cela que j'arrive à mettre le doigt sur la véritable raison de cette sorte de conflit silencieux entre les deux, enfin surtout du côté de Jacob, pour être précise. Ce n'est pas parce que lui, il a perdu son meilleur ami qui s'est volatilisé dans la nature, que moi, je dois arrêter de passer autant de temps avec Amon, non ? Oui, à mes yeux, c'est ça le problème entre eux. Et je ne cherche même pas plus loin. Juste parce que je n'imagine pas que ce petit garçon, qui me mettait des mots dans mon casier lorsque je n'étais encore qu'une gamine, chez nous, dans notre pays natal et bien... il n'est pas loin. J'ai, pourtant, gardé le moindre de ces mots. Ils sont chez moi, dans mon appartement. Même lorsqu'Archie était encore dans ma vie, ils étaient là. Cachés, certes. Mais là. Je ne pouvais pas me résoudre à m'en séparer, tant ils ont marqué cette énigme de mon enfance. Il m'est déjà arrivé d'ouvrir l'énorme boîte qui les retient, juste pour les relire. Parce que même si c'était dit avec des mots d'enfants, c'était adorable. Et que même si je ne sais pas qui est derrière tout ça, aujourd'hui encore, il tenait à moi. Lorsque je me sens dépassée par tout ce qu'il m'arrive, je me demande ce qui aurait pu se passer si je n'étais pas partie.. Si j'avais fini par savoir. Ou s'il était resté silencieux à jamais. Et j'y pense, étrangement, alors que mon regard se pose brièvement sur Amon, avant que Jacob ne fasse des siennes. Comme d'habitude. C'est d'ailleurs Qeb qui finit par intervenir. A mesure qu'il parle, Néo ne cesse de comprendre que c'est vraiment bon : on ne va pas partir si tôt ! Comme pour confirmer ça, je ne tarde pas à emboîter le pas du père d'Amon en direction de la cuisine, non sans un petit arrêt vers ce dernier. Juste pour qu'on ne soit pas à quinze à préparer le repas !

Une fois non loin de Qeb, je m'amuse à me hisser sur la pointe des pieds tout en humant l'odeur qui se dégage des divers plats. Forcément, ça sent super bon. Comme au restaurant. Comme à chaque fois que je partage un repas avec ce chef que je n'arriverai jamais à égaler de ma vie au niveau culinaire ! « Hum ! Ça sent tellement bon.. » que je lâche, tout en me glissant non loin du maître des fourneaux en attendant ses directives. Cela aide assez de bosser avec lui. Je ne tarde vraiment pas à comprendre ce qu'il me veut, même si ma place n'avait que très rarement été en cuisine, tant je suis une catastrophe gustative.. « Tiens, Eileen .. Tu sais que ta mère est venue manger au resto, hier ? » Sa question me fait froncer les sourcils, alors que j'arrête de remuer le plat face à moi, avant de soupirer doucement. « Pas du tout.. » Réponse bien franche, alors que mon regard est attiré par une mini-silhouette qui semble filer vers le frigo. « Doucement avec le coca, chaton.. » que je lui dis en passant, roulant des yeux avant d'adresser un rapide coup d’œil à Amon, en le voyant filer vers ce dernier avec son Grââl, tout en gloussant tant il est amusé de sa soirée. Histoire de m'accorder un peu de répit face à Qeb ? Possible. Mais, surtout parce que s'il abuse d'une telle boisson, le soir, il est juste … increvable, et c'est vraiment pas la meilleure chose quand il est pourtant l'heure de prendre la direction des doux rêves.. « Tu peux surveiller ces deux-là pour moi ? Ils agissent parfois comme de vrais gosses, ensemble ! » Voilà ce qu'Amon finit par dire à son filleul, perché sur un tabouret de la cuisine, son verre de coca devant lui. « Tu vas punir maman si elle est pas sage ? » que dit Néo, en appuyant sa tête sur l'une de ses mains, affalé sur la table. Pour ma part, je n'ai pas entendu cet échange entre Amon et mon fils, tant je suis troublée par ce que Qeb vient de me dire. « C'est dommage. Tu vas avoir besoin de moi, au resto, ce jour-là, hein ? Pas vrai ? » Une question qui n'en ai pas vraiment une. Et oui, je n'ai vraiment aucune envie d'aller à un dîner chez ma mère, en compagnie de sa sœur et toute sa petite famille, que je n'ai pas vu depuis une éternité. Et avec ma chère cousine. Une vraie morue si vous voulez mon avis, mais qui n'a rien trouvé de mieux à faire que de demander à ma mère de m'inviter. Comment dire que je suis joie ? Elle est tellement du genre à juger et à se comparer, surtout à moi en fait. Et même si je ne regrette pas l'arrivée de Néo dans ma vie, il est clair qu'elle, j'en mets ma main à couper, poursuit des études difficiles couronnées de succès tout en ayant un fiancé avec un compte en banque à 10 chiffres. Comme s'il n'y avait que l'argent dans la vie.. Aux yeux de ma chère cousine et de sa famille, contrairement à nous : et bien si. J'entends déjà ses remarques débiles, en mode « Tu n'as pas réussi à garder le père de ton fils ? » ou encore « Dis donc, t'es tombée enceinte très jeune sans être mariée, tu pensais t'accrocher à la fortune du père en lui imposant un gamin ? » Sans oublier le « Oh, je vois. Tu as donc arrêté tes études ? » Bref. Je n'ai pas envie. Et rien que la perspective de cette soirée me rend un peu grognon alors que j'apporte le premier plat. « Vas manger, Néo.. Je te ramène ton verre. » que je dis en repassant à côté de mon fils pour prendre un nouveau plat, qui va être en complément de ce petit buffet froid. Bien entendu, je sais que Qeb voudrait me voir me rapprocher à nouveau de ma mère et de ma famille, mais.. c'est bien trop compliqué, encore, pour le moment. Et avec la cousine en plus, ça ne présage pas grand chose de fameux. Une fois que tout est enfin sortie de cuisine, je me rapproche de Néo en lui donnant son verre encore bien rempli, avant de lui servir ce qu'il va préférer des plats préparer par Qeb. Et alors que j'ai fini de m'occuper de mon fils, j'ai le malheur de faire un petit pas en arrière et de bousculer, vraiment très légèrement Lexie. Fait, bien évidemment, pas réellement bien pris par la rousse qui semble ne plus se concentrer sur ses parents pour le moment. Et ce, même si je ne tarde vraiment pas à m'excuser d'un petit « Désolée.. » alors qu'elle râle un peu, pour la forme. Elle, par contre, contrairement à ma cousine qui nourrit une rivalité datant de toujours, ne semble pas me tenir dans sa plus grande estime, mais alors en quel honneur.. Allez savoir.

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Sujet: Re: Le plus dur dans tout cela c'est qu'au fond de moi, je sais bien que jamais ton coeur ne m'appartiendra - Eileen    - Mar 29 Mai - 18:24
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Admirant ses longs cils, il se fit la réflexion qu'il ne passerait alors jamais assez de temps à la regarder. Il l'avait dans la peau. Comme un tatouage. C'était irrémédiable. Définitif. Rien ne pourrait l'effacer. Elle était ancrée en lui pour toujours, et cela ne dépendait ni de lui, ni d'elle. (Alfreda Enwy)


HJ :
 

Si j’accordais un peu plus d’importance à Jacob, sans doute aurais-je remarqué qu’il me foudroyait du regard, alors que Néo me sollicitait, pour avoir à boire. Mais je ne me soucie pas de ce sombre crétin : je ne l’ai jamais fait, pourquoi changerais-je sur ce point-là, aujourd’hui ? Nous n’avons rien en commun, et ça a toujours été ainsi. Cela m’étonne toujours de voir qu’Eileen s’entend aussi bien avec lui, je ne vois guère ce qu’ils peuvent avoir en commun pour expliquer cela. Toutefois, je ne m’attarde jamais sur le sujet, n’en voyant pas l’intérêt. Les relations humaines restent un mystère des plus complets pour moi ! Les interactions entre les gens m’ont toujours paru incongrues. Notamment parce que les êtres humains ont la fâcheuse tendance à user et abuser de sarcasmes ou d’ironies, pour éviter de dévoiler le fond de leurs pensées ! A l’instar de nombreux autres « zèbres », j’ai – la fâcheuse (à en croire les autres !) - tendance - à tout prendre au pied de la lettre. Cela complique ma compréhension des autres, la plupart du temps, et ça m’a joué de multiples tours, quand j’étais plus jeune. Je ne vous apprends rien : si l’Homme est méchant, les enfants le sont plus encore ! Et quand vous ne comprenez pas tous leurs « codes », vous êtes rapidement la proie de leurs railleries. Des imbéciles à la Jacob et Archie, j’en ai connu plus que je ne l’aurai souhaité ! Du genre à tout avoir dans les muscles, au détriment du cerveau, et ainsi donc, à s’amuser à s’en prendre à ceux qui, selon eux, étaient « faibles ». Ces railleries ont eu l’avantage de me « forcer » à apprendre à un peu mieux comprendre les subtilités du langage (même si je ne les valide toujours pas : ne serait-ce pas plus aisé pour les gens de dire véritablement ce qu’ils pensent, plutôt que de dissimuler le fond de leurs pensées sous des mots parfois rempli de fiel ?). Et pourtant, encore à l’heure actuelle, j’ai des difficultés à réellement comprendre mes semblables. A tel point que je ne suis pas véritablement en mesure de comprendre les raisons de la rancœur de Jacob à mon encontre. Il est de notoriété publique que la mère célibataire ne voit en moi rien qu’un très bon ami, alors je ne vais pas la « voler » à Archie, si c’est ça qui l’effraie tant que ça ! Si je dois être totalement honnête, il me faut admettre que j’ai toujours du mal à comprendre comment l’amitié entre Eileen et moi est possible, tant je suis loin d’être dans les « normes ». Imaginer que ça puisse devenir plus qu’une simple amitié me parait au moins autant improbable que de découvrir que mes anciens camarades/bourreaux ont un QI à peine plus élevé que celui d’une huître… N’allez pas croire que je méprise la blonde, en disant qu’il est impossible qu’il y ait plus que de l’amitié entre nous  : je suis juste réaliste, ayant fini par comprendre que ma surdouance me met en marge des autres, et me rend parfois un peu compliqué à comprendre. Cela me stupéfait toujours que l’on puisse – à l’instar de Lexie – vouloir de moi. Non pas que personnellement, je me trouve aussi peu « banal » que cela. La normalité est relative, et à mes yeux, ce sont plutôt les autres, les non-Hauts Potentiels, qui sont étranges. Enfin bref, tout cela pour dire que si j’accordais au moins autant d’attention à Jacob qu’il ne m’en accorde, son regard assassin ne m’aurait pas échappé. Il ne doit sans doute pas apprécier de me voir m’entendre aussi bien que cela avec Néo, et cela, depuis toujours, là où pour lui, ça n’est pas si aisé que ça. Disons que contrairement à Jacob, j’ai un avantage précieux : connaître Néo depuis sa naissance, sans oublier le fait d’être son parrain. Cela étant dit, tout ça, ce sont des trucs que je ne vois pas forcément, dont je n’ai pas franchement conscience, alors… Pour le coup, le jeune Néo est bien plus observateur que moi. Que Jacob également. Ou qu’Eileen aussi.

« Tu vas punir maman si elle est pas sage ? », me demande d’ailleurs l’enfant, au sujet de sa mère, après que je lui ai demandé de surveiller la blonde et mon père. Fronçant les sourcils, je me contente de lui faire savoir que : « Ca ne serait pas utile, elle est trop vieille pour ça ! », d’un air très terre-à-terre. Oui, tout à fait, je sors ça, là où la plupart des individus auraient opté pour une réplique au double-sens douteux, même pour sortir à un mioche. Non, moi, je suis majoritairement 1er degré, il faut le garder en tête. De fait : réprimander un adulte comme on le fait avec un enfant, je sais au moins que ça n’est guère utile. Je n’ai cependant pas le temps de m’attarder plus que cela, Lexie m’a sollicité dans la salle : ses parents sont arrivés. C’est toujours déroutant pour moi de leur faire face. Je ne sais pas si c’est la notion de beaux-parents, ou si c’est juste eux, qui me « perturbe » autant. Très franchement, je ne saurais pas réellement dire ce qui fait que c’est aussi étrange que ça. Le fait que je n’aurais jamais songé un jour à être en couple, parce que je n’avais même jamais cherché cela ? (Ou du moins, que je n’avais pas imaginé – dans mes rêves les plus fous, je veux dire ! - que ça se puisse se faire avec une autre qu’Eileen ?) Ou ça tient plutôt du fait que je ne sais comment me comporter avec les gens en général, et avec eux en particulier ? A moins que ça ne soit parce qu’ils paraissent ne pas apprécier l’écart d’âge existant entre moi et leur fille ? Je penche pour un mélange de tout ça, et d’autres choses aussi, sur lesquelles je n’ai pas encore réussit à mettre le doigt dessus. Ca n’est pas essentiel de creuser plus le sujet, alors je ne perds pas mon temps avec ça. Je me contente de faire bonne figure, dès que je dois les voir. De ne pas trop merder, car j’ai comme l’impression que ça ne passe pas du tout, avec le père de Lexie. J’ai surpris une conversation, un jour, entre lui et sa femme, au cours de laquelle il évoquait ses doutes sur Lexie et moi, à cause de mon âge et de ma « particularité ». Son épouse, au contraire, est plutôt emballée par le couple que sa fille et moi formons. C’est elle qui a su convaincre son époux de ne pas trop s’opposer à Lexie, quand elle lui a parlé de notre envie de vivre ensemble. La conversation, ce soir, c’est d’ailleurs surtout elle qui la mène : elle est réellement bavarde. Mais ça ne me dérange pas, au moins n’aies-je pas trop à parler, il me faut me contenter de quelques hochements de tête, de temps à autre, ou de vagues onomatopées, lancés occasionnellement. Et c’est dans un tel cadre que survient « l’accident » : une blonde qui bouscule une rousse, après, s’être occupé du plus jeune des convives présents ce soir. Un geste involontaire, qui vaut à Eileen un regard assassin de la part de Lexie. Pour le coup, c’est la mère de la rousse qui met un terme à ce duel de regard, en déclarant à quel point le repas préparé par mon père parait des plus appétissant. Entendant cela, Lexie se ressaisit, et « invite » tout le monde à s’installer. Non sans placer les personnes, en réalité : Lexie aime à avoir un certain contrôle sur ce qui se passe autour d’elle. Et, si je parvenais à vraiment ouvrir les yeux, sans doute verrais-je que cela est d’autant plus vrai, dès lors qu’il est question de ma plus vieille amie. Ca n’est pas sans raison que Lexie fait savoir à Eileen qu’elle mangera entre son fils et Jacob. Je « domine » la tablée, me retrouvant ainsi entre Jacob (la bonne blague !) et Lexie. Mon père est en face de moi, et les parents de Lexie sont entre Ounas et la rousse. Tout le monde s’installe petit à petit, échangeant quelques banalités. Et alors que je me sers en salade, la mère de Lexie ne trouve rien de mieux à sortir à voix haute un magnifique : « Alors, la prochaine fois qu’on se retrouve tous attablé ici, c’est pour une annonce comme… un mariage ou un bébé ? ». Ce qui manque de faire s’étouffer mon père, et fait furieusement rougir Lexie. « Maman… On n’en est pas encore à là ! », fait rapidement remarquer Lexie, tandis que je me contente de rester silencieux. « On en est même loin… », que j’ajoute à sa suite, « C’est pas dans nos projets, pour l’instant ! » Là, j’espère que ça a le mérite d’être clair. Même si ça ne va pas forcément plaire à Lexie, que j’en parle de la sorte, face à tout le monde. Mais elle sait ce que j’en pense, que notre emménagement est déjà une grande étape pour moi. Après, je parviens à comprendre qu’elle, à son âge, a des souhaits d’avenir qui diffèrent des miens. J’ai à peine plus de 20 ans, après tout, alors j’ai encore le temps avant d’envisager de telles choses, tout de même !

Le repas se poursuit, dans une ambiance un peu… Etrange, devrais-je dire. Il faut dire que certains ne se sont pas gênés pour donner leur avis sur ce qui vient de se dire (à l’instar de Jacob, qui n’a pas résisté à l’envie de dire qu’après une relation aussi longue que celle de Lexie et moi, l’étape qui suit un appart’ à deux, c’est ce qui a été évoqué par la mère de Lexie. Croyez-moi, je ne me suis pas gêné pour lui demander de quoi il se mêlait, lui rappelant que son avis n’avait pas été demandé. Déjà, il n’a qu’à se trouver une nana, comme je l’ai fait remarquer. « Oh mais j’attends de trouver la bonne ! », m’avait-il même rétorqué. J’ai préféré couper court à cette conversation, qui devenait du grand n’importe quoi !) Je disparais un petit moment dans la cuisine, afin d’aller chercher la bouteille de vin pour ceux qui en veulent. Néo m’accompagne, désireux de se rendre utile. Et c’est ainsi que je finis par voir Eileen rentrer à son tour dans la cuisine, très certainement pour amener un truc qui manque sur la table. Et ça tombe bien, je peux en profiter pour lui poser une question que je songeais à lui posais, mais j’attendais le moment propice pour : « Ca va ? T’as l’air.. Je sais pas : bizarre ? ». Sachant qu’elle ne m’aurait pas répondu avec sincérité face à tous, je préférais donc avoir moins de monde autour de nous. Et oui, je la connais, la blonde, assez bien pour avoir remarqué qu’elle semblait plutôt songeuse, depuis quelques minutes. « Y’a un truc qui va pas ? » J’ai une théorie : ça ne passe pas, avec les parents de Lexie. Ils ont parlé de pas mal de choses à table, et on m’a déjà dit qu’ils pouvaient être assez particuliers, dans leur façon d’être et d’agir. Alors il est possible qu’Eileen partage cet opinion. Quoi qu’il en soit : un truc tracasse la blonde, et je n’aime pas trop ça, la voir si « mal ».


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